Ce nouveau réseau et cette nouvelle diffusion fonctionnent sur un schéma très simple, qui sont les conclusions de mes recherches. Elle ne prétend pas prendre la place des réseaux et des éditions traditionnels, mais elle s'en veut un complément important.
Pour une nouvelle situation des savoirs
Chaque Chercheur, Professeur, Maître de conférences, Docteur, Doctorant, sait combien il est difficile de se rendre visible et de communiquer sur son objet de recherches. Les contraintes éditoriales des revues, scientifiques ou de vulgarisation, imposent parfois de répondre à des appels à communication sur sa recherche en cours qui ne sera publiée qu'un an plus tard, heure où le chercheur ayant continué à avancer sur son terrain, aurait la volonté de faire une mise à jour de sa communication. Et si l'objet de la recherche n'est pas "à la mode", il lui sera impossible de communiquer. Les comités scientifiques de lecture ne peuvent retenir toutes les communications, aussi intéressantes soient elles.
J'ai eu bonne réception d'une idée que j'avançais au cours d'un colloque CNRS en septembre 2004 où il était question de présenter les modalités de fonctionnement du Portail de l'anthropologue. L'idée est simple. Il y a un vrai besoin de valorisation d'une part, et une vraie demande d'information d'autre part. Considérant que chaque chercheur doit pouvoir rendre compte de ses activités à des instants donnés, quelque soit son objet de recherches, considérant aussi qu'à partir du Master II il est accrédité par ses pairs comme chercheur ou comme professionnel, garant de son intégrité et de son honnêteté intellectuelles, il est responsable de ses communications, la situation de cette nouvelle diffusion se définit d'elle-même. Je me rappelle d'une phrase très importante dans cette élaboration, celle de Bertrand Masquelier, Maître de conférences en anthropologie, et un de mes formateurs : "Tu es en thèse maintenant, tu es devenue une collègue". Je crois que cela a déclenché toute cette réflexion. Et ce système, pour l'avoir expérimenté pendant six ans sur le Portail de l'anthropologue, a fait ses preuves. La nouvelle situation des textes est là, elle se valide d'elle-même, et elle est en parallèle des éditions traditionnelles.
Pour un nouveau réseau professionnel
Visibilité.
Maître mot de cette initiative, l'Internet offre une visibilité et un carrefour des échanges nécessaires. Les chercheurs, bien qu'intégrés dans leurs laboratoires et organisations, restent parfois isolés dans leur objet de recherche. Les docteurs et les jeunes doctorants ont des difficultés à trouver leurs interlocuteurs. A l'heure de la délocalisation de la recherche dans les Universités, les laboratoires doivent se spécialiser, ce qui est difficile à réaliser car le statut d'enseignant-chercheur implique en théorie de mettre en relation sa recherche avec son enseignement. Il faut pouvoir compenser à la fois la délocalisation et le besoin de liens forts et étroits, complices de tout épanouissement de recherches. Un portail comme AnthropoWeb représente une immense possibilité de centralisation des compétences, et la possibilité de lier fermement des communautés réelles. La proximité intellectuelle est la clé de tout univers stimulant de recherches. Le Portail, à vocation professionnelle, appelle à une identification réelle et est présent pour lier les communautés existantes avec les affranchissements et l'aisance de l'Internet. Une permission pour les chercheurs d'échanger, sans aucune contrainte de temps ni d'espaces, par delà les gouvernances.
D'un point de vue pratique, il est très difficile de référencer son blog professionnel indépendant sur les moteurs de recherches, c'est pour cette raison, que dans quelques semaines ils seront proposés aux chercheurs, professeurs, maîtres de conférences, docteurs, doctorants et master II.