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 <title>AnthropoWeb</title>
 <subtitle><![CDATA[AnthropoWeb.com, Le Portail des Sciences Humaines
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 <updated>2026-10-14T11:46:43+02:00</updated>
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   <title>Reproduction et scénographie d'un autel lignager lobi par son détenteur dans le cadre d'une exposition d'art contemporain, Düsserldorf, 2001</title>
   <updated>2016-01-26T17:40:00+01:00</updated>
   <id>https://www.anthropoweb.com/Reproduction-et-scenographie-d-un-autel-lignager-lobi-par-son-detenteur-dans-le-cadre-d-une-exposition-d-art_a232.html</id>
   <category term="Anthropologie " />
   <published>2011-03-30T17:16:00+02:00</published>
   <author><name>Michèle Fiéloux</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La question de la restitution se pose ici selon deux perspectives. Il s'agit tout d'abord d'analyser l'expérience inédite vécue par un devin et guérisseur lobi, Sib Tadyalté, âgé d'une soixantaine d'années, dans le fait de reconstruire son propre autel domestique, encore pleinement actif sur le plan religieux et social, dans le cadre l’exposition internationale "Les autels du Monde. De l’art pour s’agenouiller", Musée d'art moderne de Düsseldorf, 2001. Une exposition qui a réuni une soixantaine d’autels provenant de différentes régions du monde dont certains, tel celui de Sib, ont été sélectionnés pour des raisons d'ordre plastique et esthétique. La réalisation de l'autel muséographié a été faite à l'aide de copies des différents éléments constitutifs de l'autel original (sculptures anthropomorphes, zoomorphes, poterie...) importés par conteneur du Burkina Faso jusqu’en Allemagne. Par ailleurs, cherchant à  reconstituer la logique d'élaboration, nous avons voulu saisir cette occasion unique de réaliser un film sur la reconstruction d’un tel lieu cultuel marqué par une longue histoire. En effet, l’observateur extérieur ne fait jamais que constater l’existence d’un autel sans pouvoir récapituler la longue dynamique temporelle qui a favorisé son façonnage. Le scénario  de ce film co-réalisé avec J. Lombard, "Le voyage de Sib" (2005) et dont il sera présenté ici deux séquences, s’appuyait sur l’idée suivante : si l’autel original est une forme de projection, à travers l’ensemble structuré de ses artefacts, de l’histoire d’un lignage et d'une personne en particulier qui nous la raconte, sa reconstruction, à partir de la reproduction de ces mêmes objets, pouvait-elle induire pour l'intéressé une réflexion sur cette histoire et donc sur l’autel lui-même ? Il s'agissait alors d'appréhender le processus de création-interprétation mis en œuvre par Sib Tadyalté, formulant l’hypothèse que la “ distanciation ” nécessaire favorisée par cette reconstruction muséographique apporterait des éléments inédits d’analyse.     <div>
       De quelle  fa&ccedil;on Sib, a-il con&ccedil;u, pens&eacute;, la  &quot;cr&eacute;ation&quot; de cet objet mus&eacute;al, sachant qu'il utilise dans son propre  autel un proc&eacute;d&eacute; narratif doublement m&eacute;diatis&eacute; puisque les objets r&eacute;unis,  mati&egrave;re brute ou artefact, sont toujours entrepos&eacute;s, r&eacute;alis&eacute;s, cr&eacute;&eacute;s, au nom d&rsquo;un  Autre,&nbsp; un tiers invisible (<em>thil, pluriel thila, terme polys&eacute;mique d&eacute;signant l&rsquo;entit&eacute; sa figuration  et&nbsp; l&rsquo;autel)</em> qui appara&icirc;t dans  les jeunes ann&eacute;es de l&rsquo;int&eacute;ress&eacute; selon une proc&eacute;dure classique d&rsquo;&eacute;lection et  par la m&eacute;diation duquel la personne se construit socialement sa vie durant. Sib se pr&eacute;sente ainsi  comme le simple ex&eacute;cutant des desiderata, voire des injonctions de cet Autre,  selon un mode de communication qu&rsquo;on peut relier de mani&egrave;re comparative &agrave; celui  induit&nbsp; par la possession. Le processus  de reconstruction, sorte d'anamn&egrave;se, am&egrave;nera Sib &agrave; remonter jusqu'&agrave; l'&eacute;v&egrave;nement  fondateur de son alliance avec cet Autre, deux <em>thila</em> &quot;repr&eacute;sent&eacute;s&quot; &agrave; travers diff&eacute;rents types de supports et qui  correspondent au domaine d'activit&eacute; de responsable de maison d'une part et de  devin et gu&eacute;risseur d'autre part.&nbsp; </p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
       <p>La reconstruction d&rsquo;un autel  de ce type est une pratique courante &agrave; l&rsquo;occasion des d&eacute;placements de groupes  familiaux qui existent depuis plus de deux si&egrave;cles sur le territoire lobi du  sud-ouest burkinab&eacute; et du nord-est ivoirien. Le nouvel autel, fabriqu&eacute; &agrave; partir  d'une fraction m&eacute;tonymique de l'ancien, est le produit d'une transformation du  pr&eacute;c&eacute;dent qui pour sa part sera abandonn&eacute; sur place. Cette proc&eacute;dure classique  explique l'opposition &eacute;tablie par le d&eacute;tenteur entre les objets reproductibles  sans d&eacute;perdition de sens par rapport &agrave; l&rsquo;objet embl&eacute;matique d&rsquo;un <em>thil</em> qui doit toujours garder sa forme et mati&egrave;re d&rsquo;origine.  Sib s&rsquo;est inspir&eacute; de cette proc&eacute;dure pour construire l'autel dans le Mus&eacute;e,  tout en cherchant &agrave; aller dans le sens d&rsquo;une d&eacute;-contextualisation, d&rsquo;une  neutralisation d&rsquo;un lieu de culte con&ccedil;u en la circonstance comme une &oelig;uvre  &eacute;ph&eacute;m&egrave;re. <br>
  &nbsp;La reconstruction mus&eacute;ographique supposait  d'ouvrir au public &quot;une image&quot; d'un lieu cultuel qui occupe l'espace  le plus priv&eacute; de la maison. Seul son desservant, certains de ses proches et  &eacute;ventuellement des consultants &eacute;trangers &agrave; la famille lorsque le responsable  tel Sib exerce ses activit&eacute;s de devin et de gu&eacute;risseur peuvent y avoir acc&egrave;s.  Toutefois l&rsquo;autel original de Sib pr&eacute;sente la particularit&eacute; de faire partie  (ainsi qu&rsquo;une vingtaine d&rsquo;autres autels sur les centaines existant puisque l'on  compte au moins un autel domestique par maison) d'un r&eacute;seau d&rsquo;autels ouverts au  public (photographes,&nbsp; amateurs d&rsquo;art,  touristes, ethnologues, etc). Il est &eacute;galement pr&eacute;sent&eacute; sur un site internet  depuis 1999. Sib reste cependant le pr&eacute;curseur dans le domaine de la mise en  spectacle d'un autel religieux hors des fronti&egrave;res du pays lobi. Il est  &eacute;galement l'inventeur du dispositif mus&eacute;ographique &eacute;labor&eacute; pour le Mus&eacute;e en  fonction de deux objectifs contradictoires&nbsp;puisque Sib a cherch&eacute; &agrave;  r&eacute;pondre &agrave; la demande des organisateurs de l'exposition, tout en pr&eacute;servant  l'int&eacute;gralit&eacute; et le caract&egrave;re unique de son propre autel et donc aussi de sa  personne. Il a donc con&ccedil;u une sorte d'autel en trompe l'oeil, ressemblant &agrave;  l'autel original tel qu'il avait &eacute;t&eacute; photographi&eacute; en 2000 dans la phase  pr&eacute;paratoire de l'exposition, tout en produisant des effets de dissemblance, de  &nbsp;diff&eacute;renciation&nbsp; selon sa propre perception cognitive et sensible  des diff&eacute;rents &eacute;l&eacute;ments constitutifs de son propre autel. Un spectateur non  averti n'&eacute;tait pas cens&eacute; voir ce qui faisait la diff&eacute;rence entre les deux  dispositifs.<br>
  <strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; </strong>Le  dispositif religieux lobi s'articule avec le syst&egrave;me de parent&eacute; bilin&eacute;aire  puisque toute personne se trouve reli&eacute;e &agrave; des ascendants ut&eacute;rins et agnatiques  &agrave; travers des lieux cultuels sp&eacute;cifiques. Dans le cas retenu, il s'agit d'un  autel li&eacute; &agrave; la filiation matrilin&eacute;aire du d&eacute;tenteur et qui a &eacute;t&eacute; fa&ccedil;onn&eacute;  pendant une trentaine d'ann&eacute;es. Simple &agrave; l&rsquo;origine dans sa composition et dans  la facture des objets, l'autel<strong> </strong>gagne en  complexit&eacute; mais aussi en qualit&eacute; esth&eacute;tique au fur et &agrave; mesure que son  d&eacute;tenteur s&rsquo;accomplit lui-m&ecirc;me comme &ldquo;&nbsp;homme&nbsp;&rdquo;, <em>kuun,</em> c&rsquo;est-&agrave;-dire comme personne sociale, r&eacute;alisant des performances dans ses  domaines propres d&rsquo;activit&eacute;s. Les objets sont agglom&eacute;r&eacute;s de mani&egrave;re d&eacute;finitive  dans l&rsquo;autel puisqu&rsquo;on peut toujours y ajouter des &eacute;l&eacute;ments pour signaler un  &eacute;v&egrave;nement ou un autre ou pour marquer un changement statutaire conjoint du <em>thil </em>et de la personne alors qu&rsquo;on ne peut en retirer aucun. </p>
     </div>
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      <strong>L'autel original, pays lobi, Burkina Faso</strong>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong>&nbsp;De mani&egrave;re un peu sch&eacute;matique, je retiendrais  ici trois cat&eacute;gories d&rsquo;objet&nbsp;: les figurations des entit&eacute;s ou <em>thila</em> dont la r&eacute;alisation formelle est tr&egrave;s &eacute;troitement li&eacute;e  au statut de la personne du d&eacute;tenteur. En effet, aucun <em>thil</em> n&rsquo;atteint aussit&ocirc;t r&eacute;v&eacute;l&eacute; sa pleine puissance et sa forme aboutie. Plus l'&eacute;lu  acquiert des grades initiatiques, augmente sa descendance, gagne en maturit&eacute;,  renforce ses comp&eacute;tences, d&eacute;montre son savoir-faire, plus le <em>thil</em> prendra forme, force et identit&eacute;. D'autre part il  existe dans tout autel un grand nombre d'artefacts remarquables par leur  diversit&eacute; et expression plastique, appel&eacute;s du terme g&eacute;n&eacute;rique <em>thilbia, </em>qui r&eacute;alisent les capacit&eacute;s d&rsquo;actions et  d'interventions tr&egrave;s sp&eacute;cifiques des <em>thila</em> et sont  dot&eacute;s d'une efficacit&eacute; particuli&egrave;re. Ces objets servent d'enseignes pour  qualifier des comp&eacute;tences dans un domaine ou un autre (gu&eacute;risseur de telle  maladie, chasseur de tel type d&rsquo;animal, etc.), de rappels d'&eacute;v&egrave;nements  marquants personnels ou familiaux; ils traduisent &eacute;galement le v&eacute;cu subjectif  des relations aux autres et v&eacute;hiculent des affects qui ne pourraient &ecirc;tre  directement exprim&eacute;s. Enfin, on y trouve des mati&egrave;res pr&eacute;lev&eacute;es dans d'autres  lieux cultuels (pierre, v&eacute;g&eacute;taux...) qui inscrivent l'autel dans un r&eacute;seau  religieux &eacute;largi, englobant le village, la r&eacute;gion, le pays.<br>
  L'observation de la  reconstruction de l'autel dans le Mus&eacute;e d'art moderne r&eacute;v&egrave;le par effet de  miroir le sens de l'autel original puisque la d&eacute;marche suivie par Sib suppose  une position r&eacute;flexive sur cet autel et sa propre histoire. Le processus de  &quot;cr&eacute;ation-interpr&eacute;tation&quot; ici &agrave; l'oeuvre se lit dans le  &quot;choix&quot; des &eacute;l&eacute;ments &quot;recopi&eacute;s&quot;, reproduits et dans la  fa&ccedil;on dont ils le sont. <br>
  Notons tout d'abord que Sib  s'est attach&eacute; &agrave; ne pas reproduire in extenso son propre autel afin de  &quot;construire&quot; un lieu fortement d&eacute;-contextualis&eacute;, coup&eacute; du pays lobi  dans son ensemble. Il exclua les objets marqueurs de liens avec des lieux fortement  investis du point de vue cultuel dont la Volta Noire, fleuve fronti&egrave;re entre le  Ghana et le Burkina Faso, matrice de l'identit&eacute; lobi &agrave; travers les rites  d&rsquo;initiation qui s&rsquo;y d&eacute;roulent tous les sept ans. <br>
  Par ailleurs, il s'est tout  particuli&egrave;rement attach&eacute; &agrave; fabriquer un objet porteur de &laquo;&nbsp;l&rsquo;efficace de  la dissemblance&nbsp;&raquo; (pour reprendre d'une autre mani&egrave;re la question pos&eacute;e  par des historiens de l&rsquo;art sur l&rsquo;efficace de la ressemblance) (1) tant cet  objet est embl&eacute;matique de l'alliance avec un <em>thil</em> contract&eacute;e selon une proc&eacute;dure classique d'&eacute;lection. Comme nous l'avons vu, ce  m&ecirc;me objet sert &agrave; reconstruire l'autel dans le contexte de la migration du  groupement familial. Aussi est-il l'artefact par excellence &agrave; travers lequel  est pens&eacute;e la relation de type sp&eacute;culaire entre une personne et un thil: le vol  d'un tel objet, toujours soigneusement cach&eacute; &agrave; la vue, est d'ailleurs assimil&eacute;  &agrave; un homicide. Sib va cr&eacute;er un objet volontairement falsifi&eacute; pour amor&ccedil;er la  construction de l&rsquo;autel du Mus&eacute;e (un bracelet orn&eacute; d&rsquo;un cam&eacute;l&eacute;on), mettant en  oeuvre selon cette logique symbolique une construction d&eacute;tach&eacute;e de son univers  sensible et de son histoire propre. <br>
  De plus, il chercha &agrave;&nbsp; neutraliser les <em>thila</em>&nbsp; figur&eacute;s par les sculptures anthropomorphes en  bois et en terre, modifiant non leur forme ou leur mati&egrave;re mais leur  esth&eacute;tique, sachant qu&rsquo;il existe un lien de continuit&eacute; entre la qualit&eacute;  plastique de l&rsquo;objet, sa taille et l&rsquo;importance du <em>thil</em> qui est ainsi&laquo;&nbsp;pr&eacute;sentifi&eacute;&nbsp;&raquo;. En ce sens, loin d&rsquo;&ecirc;tre des habitacles  de <em>thila,</em> les figurations ont &eacute;t&eacute; con&ccedil;ues  comme des&nbsp;enveloppes vides, &nbsp;&agrave; l'image du corps d'un d&eacute;funt priv&eacute; de  son double ou principe vital. <br>
  Enfin Sib se mit dans la  position du r&eacute;cepteur/visiteur &eacute;tranger qui visite son autel original, le  regarde mais &quot;n'y voit rien&quot; (selon l'expression de D. Arasse). Il  exhiba les objets-enseignes (berceau, couple, etc.) qui t&eacute;moignent de ses  qualifications progressivement acquises comme sp&eacute;cialiste d'une dizaine de  maladies invitant de cette mani&egrave;re les patients &agrave; le consulter. Par contre, il  reproduit sans recherche d'efficacit&eacute; particuli&egrave;re les objets &agrave; caract&egrave;re  d&eacute;fensif qui rendent compte du sch&eacute;ma pers&eacute;cutif selon lequel il interpr&egrave;te les  &eacute;checs th&eacute;rapeutiques qu'il rencontra pendant la p&eacute;riode pr&eacute;c&eacute;dant son voyage &agrave;  D&uuml;sseldorf et qui expliquent en grande partie son d&eacute;placement en Allemagne. En  effet, il d&eacute;voile, dans son propre autel, par la m&eacute;diation de sculptures  zoomorphes, hy&egrave;ne, panth&egrave;re, chien, animaux dot&eacute;s d'une double vision, les  relations de rivalit&eacute; qu'il entretient avec certains sp&eacute;cialistes de la r&eacute;gion  lobi et la force d'attaque et d&eacute;fense qu'il a mis en place pour r&eacute;pondre &agrave; ses  agresseurs potentiels. Toutefois la facture de ces m&ecirc;mes objets dans l'autel du  Mus&eacute;e de taille visiblement r&eacute;duite par rapport aux mod&egrave;les ne rec&egrave;le aucune  intention comparable. <br>
  &nbsp;&nbsp;&nbsp; En  effet, tout semble s'&ecirc;tre d&eacute;roul&eacute; comme si l'int&eacute;ress&eacute; avait accept&eacute; de venir en  Allemagne moins pour montrer, exhiber &quot;une image&quot; de son autel, que dans  l'intention de poursuivre ses propres objectifs qui &eacute;taient de t&eacute;moigner &agrave;  travers les &eacute;v&egrave;nements heureux qui se d&eacute;roulaient tant en Allemagne que chez  lui au pays lobi de l'efficacit&eacute; de ses <em>thila</em> non vis &agrave;  vis des &eacute;trangers mais de ceux qui d&eacute;tenaient en pays lobi le pouvoir de lui  nuire. Une telle attitude rappelle celle du guerrier lobi r&eacute;alisant &agrave; la fin du  si&egrave;cle dernier une op&eacute;ration de repr&eacute;sailles jug&eacute;e tr&egrave;s p&eacute;rilleuse pour lancer  un d&eacute;fi au clan adverse, venger la mort d'un proche et se faire reconna&icirc;tre  comme <em>kuun,</em> &laquo;&nbsp;homme&raquo;. <br>
  <strong>&nbsp;&nbsp;</strong>La  s&eacute;quence du sacrifice qu'il voulut accomplir sit&ocirc;t achev&eacute;e la construction de  l'autel r&eacute;v&egrave;le de fa&ccedil;on subtile le sens de cet acte paradoxal, consistant &agrave;  occuper la position du sacrifiant non pour amorcer l&rsquo;autel selon l'usage  courant mais pour le neutraliser d&eacute;finitivement. Au moment de l'aspersion du  sang sacrificiel, Sib s&rsquo;adressa aux <em>thila,</em> comme  s&rsquo;ils &eacute;taient pr&eacute;sents, reprenant la gestuelle qui acompagne l&rsquo;&eacute;nonciation  d&rsquo;une requ&ecirc;te&nbsp;: &laquo;&nbsp;Vous avez bien compris, ce lieu est un <em>guina,</em> une copie&nbsp;&raquo;.&nbsp;  L&rsquo;invention d&rsquo;un autel factice, &laquo;&nbsp;vide&nbsp;&raquo;,  &laquo;&nbsp;inop&eacute;ratoire&nbsp;&raquo;, inhabitable par &laquo;&nbsp;ses&nbsp;&raquo; <em>thila</em> peut-elle le pr&eacute;server d&rsquo;une perturbation quelconque  dans les relations qu&rsquo;il entretient avec l&rsquo;invisible&nbsp;? </p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <div>
      <strong>Sacrifice sur l'autel du Musée. Düsserldorf. Allemagne</strong>
     </div>
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     <div>
      <p><strong>s&eacute;quence video  2 : Sacrifice sur l'autel du Mus&eacute;e. D&uuml;sseldorf. Allemagne.</strong></p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p><strong>Note</strong><br>
  1) Careri, Giovanni  &amp;Michaux, Eric&nbsp;: &laquo;&nbsp;Image et ressemblance: &agrave; l'origine  de l'efficace des images&nbsp;&raquo;. S&eacute;minaire EHESS,&nbsp; L'art et l'esth&eacute;tique en questions. 22 novembre 2010<strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Arasse, Daniel<br>
  2000 <em>On n&rsquo;y voit  rien. Descriptions</em>. Denoel.<br>
  Derlon, Brigitte &amp;  Coquet, Mich&egrave;le &amp;Jeudy-Ballini, Monique, eds.<br>
  2005&nbsp; <em>Les cultures &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre. Rencontres en art</em>, Paris, &Eacute;ditions  de la Maison des&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sciences de  l&rsquo;Homme, Biro &Eacute;diteur, 415 p., 56 photos<br>
  Fi&eacute;loux, Mich&egrave;le</p>
<ol>
  <li> <em>Thila</em>, catalogue d&rsquo;une exposition lobi. Galerie d&rsquo;art Dulon.  Paris</li>
</ol>
<p>Fi&eacute;loux, Mich&egrave;le &amp;  Lombard, Jacques <br>
  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2005&nbsp; <em>Le voyage de Sib,</em>&nbsp; 52&rsquo;, CNRS-IRD </p>
<ol>
  <li>&laquo;&nbsp;L&rsquo;homme et la femme-chemin.  Le voyage d&rsquo;un artiste et devin lobi (Burkina Faso)&nbsp;<em>&raquo; </em>in <em>Partir, Migrer. L&rsquo;&eacute;loge du d&eacute;tour</em>. Ed.  La pens&eacute;e sauvage, </li>
</ol>
<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; pp.77-92<strong> </strong></p>
<p>Martin,  Jean-Hubert</p>
<ol>
  <li>&laquo;&nbsp;Par  Jean-Hubert_Martin&nbsp;&raquo;, <em>Gradhiva</em>, 2.  Mis en ligne le 10 d&eacute;cembre 2008.</li>
</ol>
<p>URL&nbsp;: <a href="http://gradhiva.revues.org" target="_blank"><u>http://gradhiva.revues.org</u></a>.</p>
     </div>
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