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  <title>AnthropoWeb</title>
  <description><![CDATA[AnthropoWeb.com, Le Portail des Sciences Humaines
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   <title>Conflit et rapports sociaux en Asie du Sud - Introduction</title>
   <pubDate>Mon, 29 Nov 2010 14:23:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Lionel Baixas, Lucie Dejouhanet, Pierre-Yves Trouillet dir.</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Anthropologie ]]></dc:subject>
   <description>
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   En paraphrasant la maxime, nous pourrions dire que le conflit ne se crée pas, ne disparaît pas mais qu’il se transforme sans cesse. Le conflit est permanent et immanent aux relations humaines individuelles et collectives. Loin d’être biologiquement déterminé ou le résultat d’une propension naturelle de l’être humain à l’agressivité, il est au contraire une forme de comportement apprise, un mode d’interaction sociale institutionnalisé, construit et défini culturellement (Sluka, 1992 : 23-24). Le conflit s’inscrit en outre dans des structures sociales et des conjonctures historiques qui tendent à en définir les formes et l’intensité selon les sociétés et les époques considérées.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.anthropoweb.com/photo/art/default/2513533-3539277.jpg?v=1291037280" alt="Conflit et rapports sociaux en Asie du Sud - Introduction" title="Conflit et rapports sociaux en Asie du Sud - Introduction" />
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      <p>En  paraphrasant la maxime, nous pourrions dire que le conflit ne se cr&eacute;e pas, ne  dispara&icirc;t pas mais qu&rsquo;il se transforme sans cesse. Le conflit est permanent et  immanent aux relations humaines individuelles et collectives. Loin d&rsquo;&ecirc;tre  biologiquement d&eacute;termin&eacute; ou le r&eacute;sultat d&rsquo;une propension naturelle de l&rsquo;&ecirc;tre  humain &agrave; l&rsquo;agressivit&eacute;, il est au contraire une forme de comportement apprise,  un mode d&rsquo;interaction sociale institutionnalis&eacute;, construit et d&eacute;fini  culturellement (Sluka,&nbsp;1992&nbsp;: 23-24). Le conflit s&rsquo;inscrit en outre  dans des structures sociales et des conjonctures historiques qui tendent &agrave; en  d&eacute;finir les formes et l&rsquo;intensit&eacute; selon les soci&eacute;t&eacute;s et les &eacute;poques  consid&eacute;r&eacute;es. <br><p>
  Trop  souvent, le conflit n&rsquo;est per&ccedil;u que comme un dysfonctionnement, une anomalie  temporaire qui viendrait perturber l&rsquo;ordre &laquo;&nbsp;normal&nbsp;&raquo; des choses.  C&rsquo;est toutefois oublier son caract&egrave;re essentiellement dynamique. Le conflit  peut &ecirc;tre latent ou ouvert, violent ou non, il n&rsquo;en reste pas moins toujours  pr&eacute;sent, jusque dans la coop&eacute;ration que l&rsquo;on consid&egrave;re souvent &agrave; tort comme son  antonyme. S&rsquo;il existe bien une distinction entre les deux, elle est de degr&eacute; et  non de nature. Le conflit est un processus social qui en raison de sa double  nature, structurelle et dynamique, peut aussi bien engendrer des effets  positifs que n&eacute;gatifs. Ordre et conflit sont intrins&egrave;quement li&eacute;s l&rsquo;un &agrave;  l&rsquo;autre, &agrave; la fois contradictoires et compl&eacute;mentaires. L&rsquo;ordre social est le  fruit des relations incestueuses entre conflit et coop&eacute;ration, ce qui signifie  que le conflit peut &eacute;galement s&rsquo;av&eacute;rer un important moteur de changement  social. <br><p>
  Le  potentiel int&eacute;grateur du conflit doit n&eacute;anmoins ne pas &ecirc;tre surestim&eacute;. Il varie  en fonction des degr&eacute;s de conflictualit&eacute; qui s&rsquo;&eacute;chelonnent de la simple  friction interindividuelle au conflit ouvert et g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;. La question, ici,  est donc autant de d&eacute;terminer <em>pourquoi</em> un conflit appara&icirc;t que <em>comment</em> il  monte en intensit&eacute; et en g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;. Si l&rsquo;escalade de certains conflits peut  &ecirc;tre contenue par le biais de la gouvernance d&eacute;mocratique ou par l&rsquo;instauration  de m&eacute;canismes de gestion participative, d&rsquo;autres se r&eacute;v&egrave;lent insensibles &agrave; de  tels modes de r&eacute;gulation des tensions sociales. La violence physique joue un  r&ocirc;le primordial dans l&rsquo;escalade d&rsquo;un conflit. Et lorsqu&rsquo;elle &eacute;clate, son issue  est conditionn&eacute;e &agrave; sa r&eacute;versibilit&eacute;. L&rsquo;escalade s&rsquo;op&egrave;re par franchissement de  seuils quantitatifs (tenant au nombre de victimes) et qualitatifs (tenant aux  types de cibles et de pratiques des agresseurs). Tandis que certains groupes  sociaux usent de la violence essentiellement en vue de s&rsquo;int&eacute;grer &agrave; un ordre  social qui les exclut, d&rsquo;autres y recourent au contraire afin de produire un  nouvel ordre social, en cherchant parfois l&rsquo;&eacute;viction radicale de l&rsquo;ennemi. En  Asie du Sud comme ailleurs, la qu&ecirc;te d&rsquo;une irr&eacute;versibilit&eacute; dans la violence est  particuli&egrave;rement manifeste dans les &laquo;&nbsp;crimes intimes&nbsp;&raquo; (Bougarel,  1996) qui visent &agrave; rendre impossible et m&ecirc;me impensable la cohabitation entre  adversaires &agrave; travers l&rsquo;atteinte brutale et syst&eacute;matique port&eacute;e &agrave; l&rsquo;intimit&eacute;,  allant du pillage et de la destruction des foyers &agrave; la mutilation (Brass,  2005&nbsp;; Zins, 2005), en passant par les violences sexuelles et le tatouage  punitif (Bhasin &amp; Menon, 1998).<br><p>
  Le conflit  violent peut r&eacute;sulter d&rsquo;une volont&eacute; des dominants de pr&eacute;server leur domination,  comme l&rsquo;illustrent les pratiques r&eacute;pressives de certaines castes dominantes  indiennes contre les vell&eacute;it&eacute;s &eacute;mancipatrices des basses castes, ou encore  celles des &Eacute;tats d&rsquo;Asie du Sud &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de leurs minorit&eacute;s trop  revendicatrices. &Agrave; l&rsquo;inverse, il peut &eacute;galement constituer un moyen de  r&eacute;sistance &agrave; la domination, comme le sugg&egrave;rent le cas des naxalites et des  Khalistanis en Inde, celui des mao&iuml;stes au N&eacute;pal, des Tamouls au Sri Lanka ou  des Baloutches au Pakistan. Bien souvent, ces mouvements violents de lib&eacute;ration  nationale &eacute;voluent cependant en mouvements d&rsquo;oppression, imposant un  encadrement strict &agrave; la communaut&eacute; dont ils pr&eacute;tendent &oelig;uvrer &agrave; la  &laquo;&nbsp;lib&eacute;ration&nbsp;&raquo; (Gayer &amp; Jaffrelot, 2008). <br><p>
  L&rsquo;Asie du  Sud est en outre une r&eacute;gion particuli&egrave;rement riche et innovante en mati&egrave;re  d&rsquo;action non violente(1), m&ecirc;me si la  pratique la plus embl&eacute;matique de ces modes d&rsquo;action &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo; violents,  la gr&egrave;ve de la faim gandhienne, demanderait sans doute &agrave; &ecirc;tre r&eacute;interpr&eacute;t&eacute;e  comme une violence contre soi (Sim&eacute;ant, 1993), qui l&rsquo;apparente moins au <em>sit-in</em> ou au <em>boycott</em> qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;auto-immolation ou l&rsquo;attentat-suicide.<br><p>
  Si les  effets visibles des conflits violents re&ccedil;oivent la plus grande attention  m&eacute;diatique et acad&eacute;mique, les situations de domination et d&rsquo;exclusion qui en  sont le plus souvent &agrave; l&rsquo;origine et qui sont profond&eacute;ment ancr&eacute;es dans la  r&eacute;alit&eacute; sociale la plus quotidienne, tendent en revanche &agrave; passer inaper&ccedil;ues  (Chatterji &amp; Mehta&nbsp;: 2007). Le maintien de ces formes de domination ne  passe pas seulement par la r&eacute;pression mais aussi de mani&egrave;re plus pernicieuse  par le biais de la reproduction sociale de syst&egrave;mes d&rsquo;in&eacute;galit&eacute;s v&eacute;hiculant  nombre de violences symboliques (Bourdieu, 1994). Dans les &Eacute;tats-nations  modernes, les racines du conflit social et de la violence politique doivent en  effet &ecirc;tre recherch&eacute;es dans la stratification sociale et les in&eacute;galit&eacute;s qu&rsquo;elle  induit en mati&egrave;re d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la richesse, au statut et au pouvoir (Berreman,  1977). Si la r&eacute;sistance &agrave; ces formes de domination ne prend pas n&eacute;cessairement  un caract&egrave;re violent, la violence &shy;&ndash; visible ou symbolique &ndash; ne doit pas pour autant &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme un ph&eacute;nom&egrave;ne socioculturel  ext&eacute;rieur &agrave; la vie quotidienne des personnes qui y recourent et/ou qui la  subissent (Nordstrom &amp; Martin, 2000 [1992]&nbsp;: 13-14).<br><p>
  Les &Eacute;tats  postcoloniaux d&rsquo;Asie du Sud sont n&eacute;s pour la plupart dans des circonstances  extr&ecirc;mement violentes. Si le processus de colonisation du sous-continent indien  entrepris par la   Grande-Bretagne correspondit &agrave; une phase sans pr&eacute;c&eacute;dent de  centralisation politique et d&rsquo;int&eacute;gration territoriale qui s&rsquo;effectua par le  haut et par la force, le processus de d&eacute;colonisation, &eacute;galement impos&eacute; par le  haut, activa une dynamique de d&eacute;sint&eacute;gration qui passa par des violences  extr&ecirc;mes ayant pour enjeu le contr&ocirc;le de l&rsquo;espace social au niveau local. La Partition, qui scella  dans le sang la red&eacute;finition postcoloniale de l&rsquo;espace en termes territoriaux  et nationaux, fut ainsi caract&eacute;ris&eacute;e par des violences dirig&eacute;es certes contre  l&rsquo;Autre, mais parfois plus directement contre les femmes, les enfants, ou  encore contre les r&eacute;fugi&eacute;s. Ces violences visaient &agrave; &eacute;radiquer un ennemi d&eacute;fini  en termes religieux voire biologiques, &eacute;tant alors consid&eacute;r&eacute; comme une  &laquo;&nbsp;esp&egrave;ce&nbsp;&raquo; nuisible.<br><p>
  Les  massacres de la Partition  constituent depuis 1947 un horizon de r&eacute;f&eacute;rence et une source d&rsquo;inspiration en  Asie du Sud, comme en t&eacute;moignent notamment les pogroms anti-sikhs de Delhi  (1984) et ceux, antimusulmans, du Gujarat (2002) (Talbot, 2007). L&rsquo;h&eacute;ritage de la Partition se fit  &eacute;galement sentir dans les violences massives qui caract&eacute;ris&egrave;rent la s&eacute;cession  du Bangladesh en 1971 ou dans les conflits inter&eacute;tatiques &ndash; et bien moins  meurtriers(2) &ndash; qui oppos&egrave;rent l&rsquo;Inde et le Pakistan au sujet du Cachemire en 1947-48,  1965 et 1999, le dernier dans un contexte officiellement nucl&eacute;aris&eacute;. Les  conflits inter&eacute;tatiques portant sur des enjeux territoriaux, frontaliers ou  d&rsquo;usage des ressources naturelles, sont ainsi nombreux dans la r&eacute;gion(3). Au sein  des &Eacute;tats enfin, on d&eacute;nombre une multiplicit&eacute; de conflits sociaux, violents ou  non, qui touchent au statut socio-&eacute;conomique, au monde du travail, &agrave;  l&rsquo;environnement, &agrave; l&rsquo;identit&eacute; religieuse, au statut des (im)migrants, etc. Notons ici  que l&rsquo;&eacute;ducation, la politisation et l&rsquo;ascension sociale d&rsquo;une partie des  populations jusque l&agrave; d&eacute;laiss&eacute;es par le &laquo;&nbsp;d&eacute;veloppement&nbsp;&raquo;, entra&icirc;nent  certaines &eacute;volutions notables des rapports de pouvoir, notamment dans les  campagnes, d&eacute;montrant combien le conflit peut &ecirc;tre &agrave; la fois agent et  r&eacute;v&eacute;lateur de dynamiques sociales.<br><p>
  Les  acteurs de ces conflits sont donc multiples. L&rsquo;&Eacute;tat occupe bien s&ucirc;r une place  centrale dans les conflits inter- et intra&eacute;tatiques, m&ecirc;me si l&rsquo;on assiste  depuis plusieurs ann&eacute;es &agrave; des dynamiques de privatisation du recours &agrave; la  violence qui tendent &agrave; remettre en cause le monopole &eacute;tatique de la violence  physique l&eacute;gitime(4).  Dans le cadre de conflits internes, comme ceux portant sur les ressources  naturelles, sur la discrimination positive ou sur des questions &eacute;conomiques, ce  sont principalement le gouvernement central, les minist&egrave;res, les autorit&eacute;s des  &Eacute;tats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s (dans le cas de l&rsquo;Inde) ou des provinces, qui sont parties  prenantes du conflit. Ils ont alors &agrave; faire face &agrave; des partis politiques, des  groupes de pression et d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, des associations de citoyens ou de castes, ou  encore &agrave; des syndicats de paysans et d&rsquo;ouvriers. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de conflits  arm&eacute;s int&eacute;rieurs, c&rsquo;est la police, les forces paramilitaires et l&rsquo;arm&eacute;e qui  sont les plus impliqu&eacute;es. Ces derni&egrave;res sont confront&eacute;es &agrave; des milices arm&eacute;es  de diff&eacute;rentes natures&nbsp;: r&eacute;volutionnaires comme dans le cas des insurg&eacute;s  mao&iuml;stes indiens et n&eacute;palais, ind&eacute;pendantistes comme les <em>Liberation Tigers of Tamil Eelam </em>(LTTE<em>, </em>Les Tigres de la lib&eacute;ration de l&rsquo;&Icirc;lam tamoul), sectaires comme le <em>Lashkar-e-Jhangvi </em>(LeJ<em>, </em>l&rsquo;Arm&eacute;e De Jhang), jihadistes comme le <em>Lashkar-e-Tayyeba </em>(LeT<em>, </em>l&rsquo;Arm&eacute;e des purs), ou de castes comme la <em>Ranvir   Sena</em>(RS<em>, </em>l&rsquo;Arm&eacute;e de Ranvir). Dans bien des cas, l&rsquo;&Eacute;tat n&rsquo;est pourtant  pas &eacute;tranger au ph&eacute;nom&egrave;ne milicien et se trouve tent&eacute; de l&rsquo;instrumentaliser  (Gayer &amp; Jaffrelot, 2008). <br><p>
  L&rsquo;identit&eacute;  des individus acteurs des conflits violents aussi bien que non violents, tend &agrave;  transcender les barri&egrave;res d&rsquo;&acirc;ge. Et si les jeunes (voire les enfants, comme  dans le cas des Tigres tamouls) sont les plus impliqu&eacute;s, on trouve aussi des  militants bien plus &acirc;g&eacute;s, au point que certaines milices reproduisent  fid&egrave;lement la pyramide des &acirc;ges de la soci&eacute;t&eacute; environnante, &agrave; l&rsquo;instar du  mouvement des Talibans pakistanais (Abbas,&nbsp;2007 : 58). Le recrutement des  mouvements militants tend &eacute;galement &agrave; transcender les clivages de genre, comme  en t&eacute;moignent la participation active des femmes au mouvement  environnementaliste <em>Chipko</em> ou les bataillons de femmes des Tigres  tamouls et des mao&iuml;stes indiens et n&eacute;palais. Enfin, si la plupart de ces  mouvements recrutent essentiellement dans les couches les plus d&eacute;favoris&eacute;es de  la soci&eacute;t&eacute;, les dominants peuvent parfois y adh&eacute;rer, au moins ponctuellement,  pour servir leurs int&eacute;r&ecirc;ts de classe ou de caste, comme le montre le ralliement  temporaire de certains membres des hautes castes aux naxalites pour &eacute;liminer  leurs rivaux (Jaoul, 2008).<br>
  Signe d&rsquo;espoir cependant,  l&rsquo;ann&eacute;e 2008 a  &eacute;t&eacute; le t&eacute;moin d&rsquo;un tournant historique en faveur de la d&eacute;mocratie dans la  r&eacute;gion&nbsp;: le Pakistan, la jeune d&eacute;mocratie parlementaire du Bhoutan, le  Bangladesh et le N&eacute;pal devenu r&eacute;publicain, ont organis&eacute; des &eacute;lections  l&eacute;gislatives. Mais la situation s&rsquo;est depuis largement d&eacute;grad&eacute;e dans la plupart  de ces pays et l&rsquo;Asie du Sud est toujours marqu&eacute;e par le d&eacute;sordre et la  violence. Au Pakistan, les &eacute;lections de f&eacute;vrier 2008 avaient permis de  restaurer un gouvernement civil qui paraissait susceptible d&rsquo;initier un nouveau  processus de d&eacute;mocratisation. Mais la multiplication des attentats terroristes  menacent de le d&eacute;stabiliser, alors que l&rsquo;arm&eacute;e pakistanaise est engag&eacute;e dans  une campagne militaire sans pr&eacute;c&eacute;dent visant &agrave; d&eacute;loger les Talibans pakistanais  et leurs alli&eacute;s des r&eacute;gions tribales &agrave; la fronti&egrave;re afghane. Au Bangladesh, la  violente mutinerie au sein de l&rsquo;arm&eacute;e en f&eacute;vrier 2009 souligne la fragilit&eacute; du  gouvernement, tandis que de graves accusations de violations des droits de  l&rsquo;homme &eacute;manent de la soci&eacute;t&eacute; civile et que le terrorisme se d&eacute;veloppe. Au Sri  Lanka, si la guerre civile contre les Tigres tamouls semble avoir &eacute;t&eacute;  durablement remport&eacute;e, la paix quant &agrave; elle demande encore &agrave; &ecirc;tre gagn&eacute;e. Au  N&eacute;pal, la chute du gouvernement dirig&eacute; par les mao&iuml;stes a conduit le processus  constitutionnel dans l&rsquo;impasse et menace de faire resurgir le spectre trop  proche de la guerre civile. En Inde enfin, la coalition gouvernementale dirig&eacute;e  par le Congr&egrave;s, qui a &eacute;t&eacute; reconduite &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;&Eacute;tat lors des &eacute;lections  l&eacute;gislatives de mai 2009, refuse toujours de reprendre le dialogue avec le  Pakistan depuis les attaques de Mumbai du 26 novembre 2008 et s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave;  lancer une offensive militaire sans pr&eacute;c&eacute;dent sur son territoire contre les  naxalites, consid&eacute;r&eacute;s comme la principale menace pour la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure.<br><p>
  Ces dynamiques plaident pour  une approche de la r&eacute;solution des conflits proc&eacute;dant d&rsquo;abord par  l&rsquo;identification de leurs origines et de leurs facteurs. Cette identification  pr&eacute;alable permet en effet d&rsquo;agir au mieux sur les tenants et les aboutissants  du conflit, afin d&rsquo;instaurer <em>in fine</em> une situation de coop&eacute;ration (Austin, Fischer &amp; Ropers, 2004).  L&rsquo;identification puis la transformation des donn&eacute;es d&rsquo;un conflit peuvent se  faire en jouant simultan&eacute;ment sur deux axes d&rsquo;analyse compl&eacute;mentaires&nbsp;:  l&rsquo;un vertical&nbsp;&ndash; les degr&eacute;s de conflictualit&eacute;  pr&eacute;c&eacute;demment introduits &ndash; et l&rsquo;autre horizontal&nbsp;&ndash; celui des fronti&egrave;res. Le  premier axe permet d&rsquo;&eacute;tablir le niveau de d&eacute;veloppement du conflit &eacute;tudi&eacute; et  d&rsquo;en mesurer l&rsquo;intensit&eacute; &agrave; travers une analyse de ses formes, de ses acteurs et  de ses instruments. Le second met davantage en jeu les concepts d&rsquo;espace et  d&rsquo;identit&eacute;.</p><br><p>
  Les espaces  v&eacute;cus au sein desquels les groupes sociaux &eacute;voluent, s&rsquo;inscrivent en effet dans  des repr&eacute;sentations socio-identitaires qui peuvent diff&eacute;rer en fonction de  l&rsquo;identit&eacute; des groupes concern&eacute;s. Les identit&eacute;s sont des construits sociaux qui  ne sont pas fig&eacute;s mais qui, bien au contraire, &eacute;voluent dans le temps et dans  l&rsquo;espace, ainsi qu&rsquo;en fonction des relations entretenues avec les autres  groupes, tout en restant fortement ancr&eacute;es dans une histoire, une culture, une  langue et/ou une religion souvent territorialis&eacute;es. Lorsque l&rsquo;Autre est d&eacute;fini  par opposition au groupe d&rsquo;appartenance, qu&rsquo;il soit de caste, de classe,  ethnique, religieux ou national, cette situation peut d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer en conflit. En  revanche, lorsque l&rsquo;Autre est d&eacute;fini comme une partie de soi ou d&rsquo;un  &laquo;&nbsp;monde commun&nbsp;&raquo;, la coop&eacute;ration et la paix sont alors souvent plus  ais&eacute;es &agrave; restaurer ou &agrave; instaurer. L&rsquo;identit&eacute; a ainsi trait au conflit dans la  mesure o&ugrave; elle d&eacute;termine les relations entre ses protagonistes, les modes  d&rsquo;engagements qui le caract&eacute;risent, ainsi que sa possible r&eacute;solution. </p>
 <br><p>L&rsquo;articulation entre les deux  notions d&rsquo;espace et d&rsquo;identit&eacute; s&rsquo;effectue &agrave; travers celle de fronti&egrave;re, qui, &agrave;  travers diverses constructions territoriales, op&egrave;re en tant que d&eacute;terminant des  espaces du conflit et de la coop&eacute;ration. La performativit&eacute; des fronti&egrave;res est  li&eacute;e &agrave; leur double nature, &agrave; la fois g&eacute;ographique et symbolique. Dans sa  premi&egrave;re acception, elle dessine les divisions des territoires politiques des  &Eacute;tats-nations et des territoires socio-&eacute;conomiques des groupes sociaux au sein  des &Eacute;tats-nations. Dans sa seconde acception, souvent cumulative avec la  premi&egrave;re, elle s&eacute;pare les groupes sociaux en fonction des repr&eacute;sentations, des  normes culturelles et des id&eacute;ologies politiques propres &agrave; chaque groupe. Cr&eacute;ation  politique et culturelle, construction sociale et id&eacute;ologique (Barth, 1969), la  fronti&egrave;re est le reflet de la soci&eacute;t&eacute; qu&rsquo;elle circonscrit, de sa dynamique et  de sa coh&eacute;rence interne&nbsp;: une &laquo;&nbsp;barri&egrave;re de distinction&nbsp;&raquo;  (Picouet &amp; Renard,&nbsp;2007&nbsp;: 16). La dualit&eacute; s&eacute;mantique de la  fronti&egrave;re, &laquo;&nbsp;structur&eacute;e en termes de concurrences (dans une perspective de  confrontation frontali&egrave;re et d&rsquo;absence d&rsquo;osmose) et de compl&eacute;mentarit&eacute;s  (trouver chez l&rsquo;autre ce qui fait d&eacute;faut chez soi, travailler en partenariat,  d&eacute;velopper la coop&eacute;ration, planifier un d&eacute;veloppement commun&hellip;)&nbsp;&raquo; (Renard,  2002&nbsp;: 66), en fait un facteur &agrave; la fois d&rsquo;ouverture et de fermeture, de  coupure et de couture, mais aussi un moyen de valorisation ou de dispute des  ressources et de gestion des contraintes.<br><p>
  L&rsquo;ouverture des fronti&egrave;res &ndash; qui peuvent avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;limit&eacute;es par l&rsquo;un des groupes en conflit, par  concertation ou encore par imposition de la part d&rsquo;un tiers &ndash; peut alors favoriser le d&eacute;passement d&rsquo;un conflit compris comme &eacute;manant de  la non-acception d&rsquo;une limite spatiale et/ou subjective. La coop&eacute;ration de part  et d&rsquo;autre d&rsquo;une fronti&egrave;re est en effet possible selon deux modes&nbsp;: soit  dans le respect partag&eacute; de cette fronti&egrave;re devenant alors  &laquo;&nbsp;commune&nbsp;&raquo;, soit dans la &laquo;&nbsp;transfronti&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo; faisant de  cette limite un espace d&rsquo;&eacute;changes et d&rsquo;interactions (Wackermann, 2003&nbsp;:  167-77). <br><p>
  Rassemblant des textes de jeunes chercheurs en sciences  sociales et consid&eacute;rant le conflit comme une cl&eacute; d&rsquo;analyse heuristique des rapports  sociaux, cet ouvrage  pluridisciplinaire propose d&rsquo;explorer la dimension conflictuelle des rapports  sociaux en Asie du Sud, et de mettre en lumi&egrave;re les multiples facettes  d&rsquo;antagonismes contextualis&eacute;s, de leur n&eacute;gociation, de la construction de la  paix et de la coop&eacute;ration. Nous pensons  en effet que c&rsquo;est l&rsquo;ensemble du champ social qui se r&eacute;v&egrave;le &agrave; travers l&rsquo;&eacute;tude  du conflit, dans la mesure o&ugrave; celui-ci induit in&eacute;vitablement une repr&eacute;sentation  des relations sociales. Et c&rsquo;est seulement &agrave; travers la connaissance des donn&eacute;es  empiriques d&rsquo;un conflit et des repr&eacute;sentations sociales qui lui sont associ&eacute;es  qu&rsquo;il peut &ecirc;tre possible de le transformer dans le sens de la coop&eacute;ration. Ne  se limitant pas aux seuls conflits violents mais s&rsquo;attachant au contraire &agrave;  consid&eacute;rer la nature polymorphe des antagonismes qui s&rsquo;inscrivent dans toute  l&rsquo;&eacute;tendue des formations sociales, et ce &agrave; diff&eacute;rentes &eacute;chelles, nous  souhaitons que cet ouvrage permette &agrave; la jeune  recherche fran&ccedil;aise sur l&rsquo;Asie du Sud de se positionner dans le champ des  &eacute;tudes sur le conflit et sur la paix.<br><p>
  Cet ouvrage se d&eacute;coupe en  quatre parties, mettant chacune l&rsquo;accent sur une dimension conflictuelle  sp&eacute;cifique des rapports sociaux. Le premier axe de r&eacute;flexion concerne la  dimension politique des rapports sociaux en Asie du Sud &agrave; partir d&rsquo;analyses  portant sur l&rsquo;&eacute;volution du conflit indo-pakistanais, sur le changement social  induit par la &laquo;&nbsp;guerre du peuple&nbsp;&raquo; au N&eacute;pal et sur le statut des  r&eacute;fugi&eacute;s birmans &agrave; Delhi. Lionel Baixas traite ici du conflit indo-pakistanais  au Cachemire et argumente que les transformations structurelles en cours tant  au Pakistan qu&rsquo;au Cachemire permettent de poser les bases d&rsquo;un r&egrave;glement  r&eacute;gional du conflit par le biais d&rsquo;une ouverture des fronti&egrave;res. Celle-ci  permettrait de d&eacute;sactiver la complexe interaction entre territoire et identit&eacute;,  identifi&eacute;e comme &eacute;tant la racine de ce conflit. Beno&icirc;t Cailmail aborde pour sa  part les dynamiques de changement social induites par la &laquo;&nbsp;guerre du  peuple&nbsp;&raquo; au N&eacute;pal, &agrave; travers une ethnographie du cas particulier du district  du Pyuthan. &Agrave; partir d&rsquo;une manifestation de demandeurs d&rsquo;asile qui s&rsquo;est tenue  &agrave; New Delhi, Julie Baujard &eacute;tudie quant &agrave; elle la nature de la relation entre  le Haut Commissariat aux R&eacute;fugi&eacute;s (HCR) de l&rsquo;ONU et la communaut&eacute; de r&eacute;fugi&eacute;s  birmans en Inde, en mettant en avant les clivages que des mobilisations peuvent  engendrer au sein de la communaut&eacute; elle-m&ecirc;me. <br><p>
  La seconde partie traite des  rapports sociaux dans les questions d&rsquo;environnement &agrave; travers des &eacute;tudes sur  les conflits d&rsquo;usage des ressources naturelles. Emmanuel Bon traite des  conflits &agrave; dimension environnementale comme &eacute;l&eacute;ment intelligible du dialogue social, en  soulignant les ambigu&iuml;t&eacute;s des d&eacute;finitions l&eacute;gales du droit foncier et  environnemental, du mode de gouvernance de l&rsquo;&Eacute;tat indien et du &laquo;&nbsp;d&eacute;veloppement&nbsp;&raquo;  que celui-ci pr&ocirc;ne. Il conclut &agrave; l&rsquo;importance du recours &agrave; la justice par la  soci&eacute;t&eacute; civile dans les conflits avec l&rsquo;&Eacute;tat. Lucie Dejouhanet s&rsquo;int&eacute;resse aux  conflits d&rsquo;usage des for&ecirc;ts k&eacute;ralaises en reliant leurs causes &agrave; l&rsquo;existence de  fronti&egrave;res territoriales et symboliques &agrave; la fois r&eacute;manentes et contest&eacute;es,  agissant comme facteurs d&rsquo;exclusion des populations locales dans la gestion des  ressources naturelles et comme facteurs de p&eacute;rennisation des in&eacute;galit&eacute;s, les  politiques de gestion participative ne parvenant pas &agrave; les remettre en  question. Jean-Philippe Venot pr&eacute;sente l&rsquo;importance d&rsquo;une r&eacute;gularisation des  usages des ressources en eau du bassin versant de la Krishna en cours de  fermeture&nbsp;; puisque les diff&eacute;rents usages sont compl&eacute;mentaires et  interd&eacute;pendants, il est d&rsquo;autant plus difficile de conserver une r&eacute;serve  environnementale en eau n&eacute;cessaire &agrave; la p&eacute;rennit&eacute; des &eacute;cosyst&egrave;mes et &agrave; la  survie de tous les usagers.<br><p>
  Le troisi&egrave;me axe, qui aborde  plus sp&eacute;cifiquement la dimension socio-&eacute;conomique des conflits d&rsquo;Asie du Sud,  rassemble des &eacute;tudes men&eacute;es en Andhra Pradesh sur les antagonismes de caste,  les rapports de domination dans le monde du travail et les enjeux de la  microfinance. Dalal Benbabaali traite des conflits de caste en Andhra c&ocirc;tier et  souligne que le recours &agrave; la violence constitue pour les castes dominantes un  moyen de contrer la volont&eacute; d&rsquo;affirmation des Dalit, la conscience de caste  l&rsquo;emportant ici sur celle de classe puisque il existe &eacute;galement des conflits  entre castes dominantes. De son c&ocirc;t&eacute;, David Picherit d&eacute;montre, &agrave; partir d&rsquo;une  &eacute;tude de cas portant sur un village du district de Mahabubnagar, que l&rsquo;alcool  peut permettre &agrave; un groupe social de prendre position contre la domination d&rsquo;un  autre groupe, rassemblant derri&egrave;re le discours alcoolis&eacute; l&rsquo;ensemble des  oppositions aux fronti&egrave;res sociales, &eacute;conomiques et m&ecirc;me spatiales du syst&egrave;me  des castes. Cyril Fouillet et Britta Augsburg  analysent les ressorts du d&eacute;veloppement de la microfinance et les enjeux de  pouvoir que celui-ci g&eacute;n&egrave;re &agrave; partir de la crise &eacute;conomique et sociale qui a  &eacute;clat&eacute; en Andhra Pradesh &agrave; partir de la fin de l&rsquo;ann&eacute;e 2005.<br><p>
  Le quatri&egrave;me et dernier axe  porte sur les dimensions religieuses et id&eacute;ologiques des rapports sociaux, &agrave;  travers leur mise en sc&egrave;ne symbolique et spatiale dans le cadre de f&ecirc;tes et de  processions p&egrave;lerines hindoues dans le sud de l&rsquo;Inde, ainsi que sur  l&rsquo;utilisation du conflit et de la violence dans le processus d&rsquo;initiation d&rsquo;un  groupe religieux extr&eacute;miste du Bengale occidental. R&eacute;my Delage nous livre une  analyse des dynamiques contemporaines des conflits de repr&eacute;sentations  identitaires et territoriales entre diff&eacute;rents groupes processionnels du  p&egrave;lerinage &agrave; Sabarimala (K&eacute;rala), en pr&eacute;sentant les diff&eacute;rents registres de  justification des protagonistes et en &eacute;voquant les diff&eacute;rentes &eacute;chelles des  enjeux de pouvoir concernant la gestion, l&rsquo;organisation et les pratiques du  p&egrave;lerinage. Pierre-Yves Trouillet s&rsquo;int&eacute;resse quant &agrave; lui aux enjeux  socio-rituels contemporains du sacrifice en Inde rurale, en examinant les  correspondances sociales et symboliques entre les conflits s&rsquo;exprimant dans le  champ sacr&eacute; et le conflit social opposant une caste dominante &agrave; une caste  intouchable dans un village du Tamil Nadu. Enfin, Rapha&euml;l Voix analyse le r&ocirc;le  de l&rsquo;utilisation du conflit int&eacute;rieur motiv&eacute; par des brimades ou injustices,  dans l&rsquo;apprentissage et l&rsquo;&eacute;l&eacute;vation spirituelle des disciples d&rsquo;Ananda Marga,  une secte hindoue shiva&iuml;te r&eacute;put&eacute;e pour sa violence, entre B&eacute;nar&egrave;s et le  Bengale occidental.</p>
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  <div id="ftn1"><br>
      <a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title=""> </a> Sur la technique gandhienne de la <em>satyagraha </em>(&laquo;&nbsp;force de la v&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;) et le r&ocirc;le de <em>l&rsquo;ahimsa </em>(&laquo;&nbsp;non-violence&nbsp;&raquo;),  ainsi que sur la place ambig&uuml;e de la violence dans la soci&eacute;t&eacute; indienne, voir D.  Vidal, G. Tarabout et E. Meyer (2003)&nbsp;; J.R. Hinnels et R. King (2007). </div>
  <div id="ftn2">
    <p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" title=""> </a> Dans la seule ann&eacute;e 2007, l&rsquo;arm&eacute;e pakistanaise a ainsi perdu plus d&rsquo;hommes  dans son conflit contre les rebelles islamistes du nord-ouest du pays, en 2007,  que dans tous ses conflits avec l&rsquo;Inde. </p>
  </div>
  <div id="ftn3">
    <p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3" title=""> </a> Le r&eacute;pertoire d&rsquo;action en ce qui concerne les conflits  inter&eacute;tatiques vont de la guerre des mots au conflit  nucl&eacute;aire, en passant par des op&eacute;rations de subversion pilot&eacute;es par les  services secrets, du terrorisme transfrontalier, des guerres par procuration  men&eacute;es &agrave; travers des groupes arm&eacute;s non &eacute;tatiques et des conflits arm&eacute;s  conventionnels impliquant les arm&eacute;es r&eacute;guli&egrave;res. </p>
  </div>
  <div id="ftn4">
    <p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4" title=""> </a> En mati&egrave;re de conflit intra&eacute;tatique  violent, il importe de distinguer la terreur d&rsquo;&Eacute;tat, visant g&eacute;n&eacute;ralement &agrave;  maintenir le <em>statu quo</em> (&agrave; l&rsquo;exception  peut-&ecirc;tre des pogroms orchestr&eacute;s en Inde par le <em>Bharatiya Janata Party</em> [BJP, Parti du peuple indien], dont le but  &eacute;tait de produire un nouvel ordre social), de la violence anti&eacute;tatique souvent  qualifi&eacute;e de &laquo;&nbsp;terrorisme&nbsp;&raquo; et visant &agrave; produire un changement  politique (Sluka, 2000&nbsp;:&nbsp;3). </p></div>
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      <p><strong><em>Notes</em></strong></p>
<p> 1. Sur la technique gandhienne de la <em>satyagraha </em>(&laquo;&nbsp;force de la v&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;) et le r&ocirc;le de <em>l&rsquo;ahimsa </em>(&laquo;&nbsp;non-violence&nbsp;&raquo;),  ainsi que sur la place ambig&uuml;e de la violence dans la soci&eacute;t&eacute; indienne, voir D.  Vidal, G. Tarabout et E. Meyer (2003)&nbsp;; J.R. Hinnels et R. King (2007).</p>
<p> 2. Dans la seule ann&eacute;e 2007, l&rsquo;arm&eacute;e pakistanaise a ainsi perdu plus d&rsquo;hommes  dans son conflit contre les rebelles islamistes du nord-ouest du pays, en 2007,  que dans tous ses conflits avec l&rsquo;Inde. </p>
<p>3.  Le r&eacute;pertoire d&rsquo;action en ce qui concerne les conflits  inter&eacute;tatiques vont de la guerre des mots au conflit  nucl&eacute;aire, en passant par des op&eacute;rations de subversion pilot&eacute;es par les  services secrets, du terrorisme transfrontalier, des guerres par procuration  men&eacute;es &agrave; travers des groupes arm&eacute;s non &eacute;tatiques et des conflits arm&eacute;s  conventionnels impliquant les arm&eacute;es r&eacute;guli&egrave;res. </p>
<p>4.   En mati&egrave;re de conflit intra&eacute;tatique  violent, il importe de distinguer la terreur d&rsquo;&Eacute;tat, visant g&eacute;n&eacute;ralement &agrave;  maintenir le <em>statu quo</em> (&agrave; l&rsquo;exception  peut-&ecirc;tre des pogroms orchestr&eacute;s en Inde par le <em>Bharatiya Janata Party</em> [BJP, Parti du peuple indien], dont le but  &eacute;tait de produire un nouvel ordre social), de la violence anti&eacute;tatique souvent  qualifi&eacute;e de &laquo;&nbsp;terrorisme&nbsp;&raquo; et visant &agrave; produire un changement  politique (Sluka, 2000&nbsp;:&nbsp;3). </p>
<p>&nbsp;</p>
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      <ul>    <li class="list"><strong>Introduction extraite de <a class="link" href="http://www.anthropoweb.com/Conflit-et-rapports-sociaux-en-Asie-du-Sud_a175.html">Conflit et rapports sociaux en Asie du Sud</a>, Lionel Baixas, Lucie Dejouhanet, Pierre-Yves Trouillet dir., éditions L'Harmattan</strong></li>    </ul></li>
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     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.anthropoweb.com/Conflit-et-rapports-sociaux-en-Asie-du-Sud-Introduction_a176.html</link>
  </item>

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