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  <title>AnthropoWeb</title>
  <description><![CDATA[AnthropoWeb.com, Le Portail des Sciences Humaines
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   <title>L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord</title>
   <pubDate>Wed, 29 Sep 2010 15:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Adel Selmi</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Anthropologie ]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   extrait de "Gouverner la nature, Cahiers d'anthropologie sociale n°3.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.anthropoweb.com/photo/art/default/2378696-3330772.jpg?v=1289628742" alt="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" title="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" />
     </div>
     <div>
      <p><strong>Le d&eacute;bat sur le paysage</strong></p>
<p><br>
  La  cr&eacute;ation des espaces prot&eacute;g&eacute;s implique l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une nouvelle cat&eacute;gorie territoriale,  dont la finalit&eacute; g&eacute;n&eacute;rale est la protection de la nature et la conservation des  paysages. Toutefois si l&rsquo;&icirc;lot de protection qu&rsquo;ils d&eacute;limitent se d&eacute;finit par  contraste avec le reste du territoire dans lequel ils s&rsquo;ins&egrave;rent, les parcs ne  sont pas pour autant r&eacute;gis par une norme unique : ils font en effet l&rsquo;objet  d&rsquo;une subdivision territoriale interne, qui a pour but de contr&ocirc;ler les  activit&eacute;s &eacute;conomiques et la fr&eacute;quentation touristique &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du parc.  Selon la loi du 22 juillet 1960, les parcs nationaux doivent comporter trois types  de zones compl&eacute;mentaires : des r&eacute;serves int&eacute;grales(1)  o&ugrave; toute intervention humaine et fr&eacute;quentation touristique sont  proscrites ; une zone centrale strictement prot&eacute;g&eacute;e mais ouverte au public et  o&ugrave; les activit&eacute;s pastorales et sylvicoles sont r&eacute;glement&eacute;es : il s&rsquo;agit d&rsquo;un  paysage naturel dont on reconna&icirc;t explicitement qu&rsquo;il est aussi un paysage  culturel fa&ccedil;onn&eacute; par les activit&eacute;s humaines ; enfin une zone p&eacute;riph&eacute;rique, qui  fait l&rsquo;objet d&rsquo;un d&eacute;veloppement &eacute;conomique soucieux de pr&eacute;server des paysages ouverts  et de prot&eacute;ger la nature.<br>
<p><br>
En  prenant l&rsquo;exemple du Parc national de la Vanoise, dans les Alpes du Nord, ce texte  a pour objectif de d&eacute;montrer que le d&eacute;coupage administratif du parc en un ordre  concentrique (zone p&eacute;riph&eacute;rique, zone centrale et r&eacute;serve int&eacute;grale), tel qu&rsquo;il  a &eacute;t&eacute; promulgu&eacute; par le d&eacute;cret de cr&eacute;ation du parc en 1963, r&eacute;pond &agrave; la  recherche d&rsquo;un &eacute;quilibre, entre trois approches diff&eacute;rentes de l&rsquo;environnement,  objet de lutte entre divers acteurs sociaux, et qui se sont rencontr&eacute;s et  confront&eacute;s dans le processus d&rsquo;institutionnalisation des parcs nationaux, en  mobilisant la notion de &laquo; paysage &raquo;. Si on se r&eacute;f&egrave;re ici &agrave; l&rsquo;usage, autant qu&rsquo;&agrave;  la conception et &agrave; la valorisation de l&rsquo;espace, on peut en effet consid&eacute;rer que  la protection de la nature en Vanoise est le r&eacute;sultat de tensions, et d&rsquo;une  recherche de compromis entre les tenants d&rsquo;un paysage &laquo; ouvert &raquo;, ceux d&rsquo;un  paysage &laquo; ferm&eacute; &raquo;, et ceux d&rsquo;un paysage &laquo; propre &raquo;. Ces trois &eacute;pith&egrave;tes peuvent  servir d&rsquo;outils conceptuels pour guider l&rsquo;analyse des diff&eacute;rentes conceptions  des paysages, en vue d&rsquo;&eacute;clairer les enjeux actuels par un d&eacute;tour historique. La  protection du paysage est un objectif d&eacute;clar&eacute; de la loi du 22 juillet 1960  relative &agrave; la cr&eacute;ation des parcs nationaux. Les parcs, et celui de la Vanoise  en particulier, ont &eacute;t&eacute; contraints de concentrer leurs efforts sur la  protection et le suivi d&rsquo;esp&egrave;ces et de milieux remarquables, tout en encadrant  un flux touristique croissant. Or, en quarante ans, le paysage a bien chang&eacute;.  D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; l&rsquo;installation d&rsquo;&eacute;quipements pour les sports d&rsquo;hiver en zone  p&eacute;riph&eacute;rique, de l&rsquo;autre la d&eacute;prise agricole, et la fermeture des zones  p&eacute;riph&eacute;rique et centrale, ont apport&eacute; des changements majeurs dans le paysage  des hautes vall&eacute;es. La nouvelle loi de 2006 portant modification du statut des  parcs nationaux leur donne clairement pour objectif de prot&eacute;ger le patrimoine  paysager dans le c&oelig;ur du parc et dans la zone d&rsquo;adh&eacute;sion. Le d&eacute;bat qui va  s&rsquo;installer sur le paysage &laquo; ouvert &raquo; ou &laquo; ferm&eacute; &raquo;, et qui va concerner la  d&eacute;finition du &laquo; caract&egrave;re du parc &raquo;(2) peut  &ecirc;tre &eacute;clair&eacute; par un d&eacute;tour historique. <br>
<p><br>Pour  les promoteurs du paysage ouvert, au nombre desquels on compte principalement  les associations &agrave; caract&egrave;re touristique qui ont &eacute;t&eacute; historiquement &agrave; l&rsquo;origine  de la conception et de l&rsquo;&eacute;quipement des parcs nationaux en France et en Afrique  du Nord, la protection des paysages n&rsquo;est pas fonci&egrave;rement s&eacute;par&eacute;e des  activit&eacute;s humaines, si celles-ci facilitent une contemplation esth&eacute;tique de la  nature. La nature est belle, et un parc a pour vocation de prot&eacute;ger le &laquo; beau  naturel &raquo; et le pittoresque, en &eacute;vitant que cette beaut&eacute; originelle ne soit &agrave;  jamais d&eacute;truite ou souill&eacute;e par les hommes. L&rsquo;approche esth&eacute;tique du paysage  n&rsquo;en requiert pas moins un am&eacute;nagement, afin que la nature soit rendue  accessible &agrave; tous ceux qui pourraient y &ecirc;tre sensibles. La protection est  indissociable d&rsquo;une mise en valeur esth&eacute;tisante de la nature, qui doit &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e et aim&eacute;e telle qu&rsquo;elle  se donne &agrave; voir, et qui par cons&eacute;quent doit &ecirc;tre am&eacute;nag&eacute;e de mani&egrave;re &agrave; ce  qu&rsquo;elle puisse &ecirc;tre vue.<br>
<p><br>Les  tenants du paysage &laquo; ferm&eacute; &raquo; regroupent, eux aussi, des &laquo; amoureux de la nature  &raquo;, mais qui sont mus par d&rsquo;autres pr&eacute;occupations que celles des associations touristiques. Pour eux la nature doit &ecirc;tre  prot&eacute;g&eacute;e de la mani&egrave;re la plus stricte qui soit, non pour &ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute;e par le  regard ext&eacute;rieur de l&rsquo;homme, mais pour elle-m&ecirc;me, en la pr&eacute;servant d&rsquo;un humain,  pr&eacute;dateur et destructeur. Pour les promoteurs de ce courant, la protection de  la nature et du paysage suppose l&rsquo;exclusion de l&rsquo;homme : ils d&eacute;fendent une  nature laboratoire/conservatoire o&ugrave; seuls les processus naturels seraient  souverains, l&rsquo;intervention humaine en leur sein &eacute;tant r&eacute;serv&eacute;e &agrave; des  inventaires scientifiques. </p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <p>Ces deux courants sont confront&eacute;s &agrave; une troisi&egrave;me  perspective, celle des alpagistes, dont les types d&rsquo;activit&eacute; et de mise en  valeur de l&rsquo;espace s&rsquo;inscrivent dans une histoire qui pr&eacute;c&egrave;de depuis longtemps  l&rsquo;id&eacute;e m&ecirc;me que la nature puisse et doive faire l&rsquo;objet de mesures de  protection. Pour eux, le territoire de la Vanoise n&rsquo;est ni &agrave; contempler ni &agrave;  prot&eacute;ger jalousement, mais c&rsquo;est l&rsquo;espace de d&eacute;ploiement de leurs propres  activit&eacute;s et par cons&eacute;quent le produit de leur travail et l&rsquo;&oelig;uvre de tous ceux  qui, avant eux, ont &laquo; humanis&eacute; &raquo; cette nature. C&rsquo;est le pastoralisme qui fait  le paysage. Le paysage entretenu, nettoy&eacute;, ordonn&eacute;, &laquo; propre &raquo;, mis en valeur  par les activit&eacute;s pastorales est l&rsquo;horizon esth&eacute;tique de cette perspective, qui  actualise une conception plus ancienne selon laquelle une nature sauvage est un  espace &agrave; s&rsquo;approprier et &agrave; transformer en un territoire domestique.<br>
<br><p>Cette  diversit&eacute; des perceptions du paysage est solidaire de diff&eacute;rents mod&egrave;les  paysagers, auxquels se r&eacute;f&egrave;rent les acteurs concern&eacute;s par la gestion de  l&rsquo;espace en Vanoise. Ces fa&ccedil;ons de voir tr&egrave;s contrast&eacute;es permettent de  comprendre les d&eacute;bats pass&eacute;s et actuels sur la protection du paysage et sur la  gestion de la diversit&eacute; biologique dans un espace prot&eacute;g&eacute;. Depuis 1992,  l&rsquo;&eacute;mergence des concepts de biodiversit&eacute; et de d&eacute;veloppement durable et  l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;&eacute;cologie marquent un tournant important pour les politiques de  protection de la nature. L&rsquo;adoption de la biodiversit&eacute; comme norme de gestion  et d&rsquo;&eacute;valuation exige en effet de prendre en compte la population locale et de  reconna&icirc;tre son r&ocirc;le dans l&rsquo;entretien d&rsquo;un paysage ouvert aux activit&eacute;s  &eacute;conomiques et touristiques.<br>
<br><p>Ce  changement dans les objectifs du parc permet de sortir de l&rsquo;opposition entre  nature et artifice, et de focaliser son attention sur les cons&eacute;quences de  l&rsquo;action envisag&eacute;e et sur la capacit&eacute; des objets naturels &agrave; s&rsquo;adapter et &agrave; se  modifier. En effet, l&rsquo;ancien objectif de conservation du sauvage devient  contradictoire avec la pr&eacute;servation de la diversit&eacute; biologique, tant au niveau  national ou alpin qu&rsquo;au niveau local. Mais en se donnant les moyens de  favoriser le pastoralisme, le parc d&eacute;pla&icirc;t &agrave; une partie de ses gestionnaires et  &agrave; certains naturalistes militants qui, pour la plupart, sont demeur&eacute;s fid&egrave;les &agrave;  un principe de naturalit&eacute; et aspirent &agrave; pr&eacute;server un paysage ferm&eacute; aux  activit&eacute;s humaines. C&rsquo;est dans ce contexte, marqu&eacute; par un nouvel int&eacute;r&ecirc;t pour  les indig&egrave;nes et par les tensions g&eacute;n&eacute;r&eacute;es par les d&eacute;saccords sur la nouvelle  politique du parc, qu&rsquo;on assiste &agrave; une controverse sur la nature du paysage &agrave;  prot&eacute;ger dans le parc : propre et jardin&eacute; par les activit&eacute;s pastorales, ouvert  ou ferm&eacute; aux activit&eacute;s humaines en g&eacute;n&eacute;ral. Ces diff&eacute;rentes conceptions  paysag&egrave;res sont les h&eacute;riti&egrave;res des traditions protectrices et des courants  d&rsquo;id&eacute;es qui ont &eacute;labor&eacute; les diff&eacute;rents projets aboutissant au projet final puis  &agrave; la cr&eacute;ation officielle des parcs nationaux en France, apr&egrave;s de longs d&eacute;bats  et des d&eacute;marches sem&eacute;es d&rsquo;emb&ucirc;ches et de controverses entre plusieurs visions  et discours sur la protection de la nature et du paysage.</p>
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      <img src="https://www.anthropoweb.com/photo/art/default/2378696-3330881.jpg?v=1289628742" alt="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" title="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" />
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      <p><strong>L&rsquo;&laquo; ouvert &raquo; des associations de tourisme :  la valeur esth&eacute;tique de paysage </strong></p>
<p><br>
Le  premier courant, qui d&eacute;fend la protection d&rsquo;un paysage ouvert aux activit&eacute;s<strong> </strong>touristiques  et de loisir pour les urbains, est en relation avec les associations de<strong> </strong>tourisme.  Cette conception est celle du pittoresque qui correspond au paysage<strong> </strong>&laquo;  ouvert &raquo;. Le paysage s&rsquo;impose comme objet patrimonial dans la mesure o&ugrave; il se<strong> </strong>pr&ecirc;te &agrave; un rapprochement avec une &oelig;uvre architecturale ou picturale. Les  lois de<strong> </strong>1906 et 1930 sur les sites et monuments naturels confirment  cette tendance. Les<strong> </strong>&eacute;quipements touristiques sont des dispositifs  d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; ce paysage et d&rsquo;encadrement<strong> </strong>de sa fr&eacute;quentation. C&rsquo;est avec la  cr&eacute;ation du Club alpin fran&ccedil;ais (CAF)(3) et  du<strong> </strong>Touring-Club de France (TCF)(4) qu&rsquo;on  assiste &agrave; l&rsquo;av&egrave;nement d&rsquo;un processus d&rsquo;institutionnalisation<strong> </strong>de la  protection des paysages. L&rsquo;attribution par les associations<strong> </strong>alpines  d&rsquo;une valeur &laquo; monumentale &raquo; &agrave; certains sites a permis d&rsquo;&eacute;tendre aux paysages<strong> </strong>la protection jusque-l&agrave; r&eacute;serv&eacute;e aux monuments historiques. Les deux  qualificatifs<strong> </strong>de &laquo; pittoresque &raquo; ou de &laquo; sublime &raquo; sont appliqu&eacute;s &agrave; des  objets paysagers<strong> </strong>&agrave; voir et &agrave; contempler. Le paysage est envisag&eacute; sous  l&rsquo;angle de la beaut&eacute;, au sens<strong> </strong>de l&rsquo;harmonie des formes et des couleurs  en peinture. Les observatoires et les tables<strong> </strong>d&rsquo;orientations install&eacute;s  par le TCF et le CAF sur des sommets des Alpes, des Pyr&eacute;n&eacute;es, du Jura et  d&rsquo;Auvergne t&eacute;moignent de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t attribu&eacute; &agrave; la vue panoramique.<strong> </strong>Ces  initiatives, de m&ecirc;me que la propagande en faveur de la conqu&ecirc;te et de la  fr&eacute;quentation<strong> </strong>de la montagne, ont favoris&eacute; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;un nouveau  regard consid&eacute;rant<strong> </strong>les cimes des montagnes comme des monuments naturels,  des chefs-d&rsquo;&oelig;uvre<strong> </strong>de la nature, des paysages d&rsquo;exception &agrave; pr&eacute;server. Ce  mouvement est une extension<strong> </strong>de l&rsquo;id&eacute;e, encore r&eacute;cente &agrave; la fin du XIXe  si&egrave;cle, de protection des monuments historiques construits par le  g&eacute;nie humain &agrave; la protection des &laquo; monuments de la<strong> </strong>nature &raquo; que sont les  paysages exceptionnels. Pour mobiliser leurs adh&eacute;rents, l&rsquo;&Eacute;tat<strong> </strong>et  l&rsquo;opinion publique, le TCF et le CAF ont promu plusieurs valeurs d&rsquo;ordre  patriotique,<strong> </strong>moral, esth&eacute;tique et &eacute;conomique.<strong> </strong><br>
<br><p>&Agrave;  la conservation des sites, ils ajoutent la conservation des populations sur un<strong> </strong>mode nostalgique et pass&eacute;iste. Le pittoresque s&rsquo;&eacute;tend en direction du folklorique  et de la curiosit&eacute; locale : les usages, les  traditions et les monuments. Pour diffuser la valeur esth&eacute;tique accord&eacute;e aux  paysages, le TCF avait des liens permanents avec la Soci&eacute;t&eacute; nationale de  protection des paysages et des colonies. Cette derni&egrave;re, d&egrave;s sa cr&eacute;ation en  1901, avait d&eacute;j&agrave; adopt&eacute; l&rsquo;id&eacute;e directrice de la protection des sites et  monuments pittoresques par des commissions d&eacute;partementales. Ainsi, les  dirigeants de la Soci&eacute;t&eacute; nationale de protection des paysages et des colonies  sont associ&eacute;s d&egrave;s 1904 &agrave; la formation du Comit&eacute; des sites et monuments  pittoresques du TCF. L&rsquo;arriv&eacute;e en montagne d&rsquo;&eacute;quipements de loisir pour les  urbains, diffus&eacute;s par les soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;alpinisme, met en place des cadres  institutionnels, des &eacute;quipements et des infrastructures in&eacute;dits. Les Alpes et  les Pyr&eacute;n&eacute;es sont parcourues, balis&eacute;es, explor&eacute;es et d&eacute;crites dans des guides  ou des bulletins. Des sentiers ont &eacute;t&eacute; am&eacute;nag&eacute;s, des tables d&rsquo;orientation  install&eacute;es d&egrave;s 1903. Le TCF et le CAF ont produit un maillage de l&rsquo;espace dans  les Alpes du Sud et du Nord, dans les Pyr&eacute;n&eacute;es et dans les C&eacute;vennes. C&rsquo;est  autour des &eacute;quipements touristiques et d&rsquo;une organisation topographique de  l&rsquo;espace par les sentiers, le balisage, les refuges, que les projets des futurs  parcs nationaux sont n&eacute;s. La montagne est devenue un lieu d&rsquo;investissement et  un espace o&ugrave; installer des dispositifs et des &eacute;quipements destin&eacute;s &agrave; faciliter  et &agrave; encadrer la pratique de la randonn&eacute;e et de l&rsquo;alpinisme. Mais ce chantier  donne l&rsquo;image d&rsquo;un puzzle o&ugrave; manquerait encore la clef, le label &laquo; parc  national &raquo;, indispensable pour donner un sens &agrave; ces installations.</p>
<p><br>Les associations de tourisme ont milit&eacute; en  prenant pour mod&egrave;le l&rsquo;exp&eacute;rience r&eacute;elle et les &eacute;quipements touristiques des  parcs am&eacute;ricains. L&rsquo;id&eacute;e de cr&eacute;er des parcs nationaux, apparue au d&eacute;but du XXe  si&egrave;cle, conna&icirc;t un grand succ&egrave;s en France. Les associations de  tourisme (principalement le TCF et le CAF) ont adopt&eacute; et largement diffus&eacute;  l&rsquo;id&eacute;e que les paysages sont constamment menac&eacute;s et qu&rsquo;ils doivent &ecirc;tre  prot&eacute;g&eacute;s. La conception des parcs nationaux d&eacute;fendue par les associations de  tourisme triomphe &agrave; l&rsquo;issue du premier Congr&egrave;s forestier international de 1913.  Ce congr&egrave;s &eacute;met un voeu en faveur de la cr&eacute;ation et de l&rsquo;extension de parcs  nationaux en France. Le vote de ce voeu avec l&rsquo;appui des associations de  protection de la nature et des soci&eacute;t&eacute;s savantes donne l&rsquo;occasion au TCF et au  CAF, eux-m&ecirc;mes soutenus par la Direction des eaux et for&ecirc;ts, de mettre sur pied  l&rsquo;Association des parcs nationaux de France et des Colonies qui se fixe pour  objectif la cr&eacute;ation et l&rsquo;entretien de ces parcs. <br>
<br>
<p>D&egrave;s  1913, l&rsquo;Association des parcs nationaux de France et des colonies, en  collaboration avec la Direction des eaux et for&ecirc;ts, lance la cr&eacute;ation d&rsquo;une  vaste r&eacute;serve &agrave; la B&eacute;rarde en Is&egrave;re(5) au  coeur de l&rsquo;Oisans. Ce premier Parc national de l&rsquo;Oisans, sans statut juridique,  dans le massif du Pelvoux &ndash; qui sera englob&eacute; beaucoup plus tard dans le Parc  national des &Eacute;crins &ndash; n&rsquo;a pas de suite imm&eacute;diate en m&eacute;tropole mais va se  d&eacute;velopper dans les colonies toujours &agrave; l&rsquo;initiative du TCF et de l&rsquo;Association  des parcs nationaux de France et des colonies. En Afrique du Nord, on s&rsquo;oriente  la plupart du temps vers un classement (motiv&eacute; par une tradition orientaliste)  des monuments naturels pour prot&eacute;ger la beaut&eacute; esth&eacute;tique des paysages et des  sites culturels (ruines romaines, ksars ottomans, vestiges de la civilisation  arabe), tandis qu&rsquo;en Afrique occidentale et &eacute;quatoriale fran&ccedil;aise, &agrave; l&rsquo;inverse,  la protection de la nature est promue par des naturalistes qui s&rsquo;orientent vers  la cr&eacute;ation de &laquo; parcs nationaux de refuge &raquo; et de r&eacute;serves naturelles pour  prot&eacute;ger les esp&egrave;ces animales et lutter contre la chasse et le d&eacute;veloppement du  tourisme cyn&eacute;g&eacute;tique (les safaris). <br>
<br><p>Aujourd&rsquo;hui,  cette conception du paysage est adopt&eacute;e par les professionnels du tourisme et  les entrepreneurs des loisirs, mais aussi par les &eacute;lus locaux et les habitants  lorsqu&rsquo;ils &eacute;voquent les perspectives de d&eacute;veloppement touristique qu&rsquo;apporte le  paysage dans les Alpes du Nord. La valeur paysag&egrave;re centrale de cette  conception est donc la valeur marchande, compl&eacute;t&eacute;e par la valeur de loisir. La  valeur esth&eacute;tique du paysage du parc est investie dans le marketing touristique  et la promotion de la r&eacute;gion.</p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <p><strong>Le &laquo; ferm&eacute; &raquo; des naturalistes : la protection  de la <em>wilderness</em></strong></p>
<p><br><p>La  seconde conception est celle de la <em>wilderness </em>qui correspond au paysage  &laquo; ferm&eacute; &raquo; des naturalistes. Les soci&eacute;t&eacute;s de protection de la nature ont opt&eacute; en  faveur de &laquo; r&eacute;serves int&eacute;grales &raquo; ferm&eacute;es &agrave; la fr&eacute;quentation humaine et  destin&eacute;es &agrave; prot&eacute;ger les esp&egrave;ces qu&rsquo;elles estimaient menac&eacute;es. Cette  focalisation s&rsquo;explique par leur choix de s&rsquo;en tenir au mod&egrave;le id&eacute;al des parcs  am&eacute;ricains (celui de la protection de la <em>wilderness</em>) et &agrave; leur refus  d&rsquo;imiter le mod&egrave;le touristique r&eacute;el de ces m&ecirc;mes parcs. &Agrave; la tradition de  d&eacute;fense d&rsquo;un paysage ouvert s&rsquo;associe, jusqu&rsquo;&agrave; la Premi&egrave;re Guerre mondiale, un  mouvement naturaliste, auquel participent de nombreux professeurs du Mus&eacute;um  national d&rsquo;histoire naturelle. Les naturalistes vont apporter un appui et un  soutien aux forestiers dans leur politique de conservation de la for&ecirc;t et de  reboisement des montagnes. Ils vont aussi soutenir les propositions des  associations touristiques en faveur de la cr&eacute;ation de parcs nationaux. Puis,  ils vont se s&eacute;parer de ces initiatives, auxquelles ils reprochent de concevoir  les parcs nationaux comme des &eacute;quipements touristiques. De leur point de vue,  la protection de la nature exigerait de pr&eacute;server de toute activit&eacute; humaine les  paysages et les milieux naturels, comme un patrimoine commun &agrave; pr&eacute;server.<br>
<p><br>
Les  naturalistes, depuis le XIXe si&egrave;cle,  s&rsquo;int&eacute;ressent principalement &agrave; l&rsquo;aspect biologique et naturel du paysage et de  la protection de la nature(6). Scientifiques et  membres de soci&eacute;t&eacute;s savantes sont principalement soucieux de prot&eacute;ger des  esp&egrave;ces menac&eacute;es de disparition, ainsi que leurs habitats. Ils se pr&eacute;occupent  de la rar&eacute;faction de certains milieux (comme les milieux humides et la for&ecirc;t)  et de certaines esp&egrave;ces (en particulier les mammif&egrave;res et les oiseaux). Les  naturalistes critiquent la brutalit&eacute; de la technique moderne (agricole,  industrielle et urbanistique) vis-&agrave;-vis de la nature et de ses ressources. Pour  eux, la protection de la nature, qu&rsquo;elle soit con&ccedil;ue sous forme de parc  national ou de r&eacute;serve biologique limit&eacute;e, doit &ecirc;tre destin&eacute;e &agrave; interdire la  chasse, &agrave; emp&ecirc;cher le d&eacute;rangement par le tourisme de masse, et &agrave; lutter contre  la destruction des esp&egrave;ces animales et v&eacute;g&eacute;tales et des vari&eacute;t&eacute;s paysag&egrave;res par  les travaux d&rsquo;am&eacute;nagement ; l&rsquo;objectif &eacute;tant de prot&eacute;ger les paysages et les  habitats de certaines esp&egrave;ces et de permettre aux diff&eacute;rentes formes de vie  d&rsquo;&eacute;voluer suivant le &laquo; jeu normal des lois naturelles &raquo;. <br>
<br>
<p> C&rsquo;est  dans cette perspective qu&rsquo;en m&eacute;tropole et depuis le d&eacute;but du si&egrave;cle, les  naturalistes ont cherch&eacute; &agrave; acqu&eacute;rir de petites superficies pour en faire des  r&eacute;serves int&eacute;grales o&ugrave; les animaux qu&rsquo;ils entendaient prot&eacute;ger seraient &agrave;  l&rsquo;abri des perturbations d&rsquo;origine humaine. &Agrave; cette fin, le Mus&eacute;um national  d&rsquo;histoire naturelle (MNHN) et plusieurs groupements scientifiques dont la  Soci&eacute;t&eacute; de biog&eacute;ographie, la Soci&eacute;t&eacute; nationale d&rsquo;acclimatation (qui est cr&eacute;&eacute;e  en 1854) et la Ligue pour la protection des oiseaux avaient r&eacute;clam&eacute; la  constitution de parcs nationaux et de r&eacute;serves naturelles en France. Plusieurs  associations, comme la Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;acclimatation, engag&eacute;es dans une campagne en  faveur des parcs nationaux et de la protection de la nature, vont alors se  tourner vers l&rsquo;achat de terrains et la cr&eacute;ation de r&eacute;serves naturelles dont  elles auront la ma&icirc;trise fonci&egrave;re. Comme elles ont des moyens limit&eacute;s et qu&rsquo;il  y a une forte concurrence sur la terre, elles ne vont pouvoir acqu&eacute;rir que des  r&eacute;serves de dimensions modestes, souvent des marais et des tourbi&egrave;res. On  assiste, &agrave; cette &eacute;poque, &agrave; une politique syst&eacute;matique d&rsquo;acquisitions fonci&egrave;res  en vue de la protection de la faune et de la flore par la Soci&eacute;t&eacute; nationale  d&rsquo;acclimatation et d&rsquo;autres soci&eacute;t&eacute;s savantes. De 1906 &agrave; 1930, 459 sites sont  cr&eacute;&eacute;s, dont 119 appartiennent &agrave; des particuliers. Parmi les plus connus, on  trouve la R&eacute;serve zoologique et botanique de 
  Camargue(7),  la R&eacute;serve naturelle du N&eacute;ouvielle dans les Pyr&eacute;n&eacute;es centrales(8),  la R&eacute;serve naturelle des Basses-Alpes, le Lauzanier(9),  la R&eacute;serve des Sept-&Icirc;les &agrave; Perros- Guirec (C&ocirc;tes-du-Nord)(10).  Ce sont surtout les grandes associations telles que la Ligue pour la protection  des oiseaux ou la Soci&eacute;t&eacute; nationale d&rsquo;acclimatation qui ach&egrave;tent ou louent des  terrains pour en faire des r&eacute;serves naturelles. Ces r&eacute;serves naturelles, sans  statut juridique, sont g&eacute;r&eacute;es par des naturalistes passionn&eacute;s de la  conservation et par des scientifiques. Selon les naturalistes, une bonne  gestion d&rsquo;un milieu naturel ne peut &ecirc;tre confi&eacute;e ni &agrave; des soci&eacute;t&eacute;s de chasse,  ni &agrave; des associations de tourisme. Ils revendiquent l&rsquo;exclusivit&eacute; de la  comp&eacute;tence, de l&rsquo;expertise et de la gestion des espaces prot&eacute;g&eacute;s. &laquo; La conduite  de la protection de la nature doit donc r&eacute;pondre &agrave; des r&egrave;gles multiples et  complexes ; elle n&eacute;cessite une profonde connaissance des sciences naturelles ;  elle ne peut &ecirc;tre confi&eacute;e qu&rsquo;&agrave; des biologistes(11).  &raquo;</p>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.anthropoweb.com/photo/art/default/2378696-3330914.jpg?v=1289628742" alt="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" title="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" />
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      <p>Cette focalisation des naturalistes sur la  cr&eacute;ation des r&eacute;serves naturelles est li&eacute;e &agrave; leur choix de s&rsquo;en tenir seulement  au mod&egrave;le id&eacute;al des parcs am&eacute;ricains et au refus d&rsquo;en imiter le mod&egrave;le r&eacute;el,  alors que les notables du TCF ont pris pour mod&egrave;le et r&eacute;f&eacute;rence l&rsquo;exp&eacute;rience  r&eacute;elle, notamment les &eacute;quipements touristiques, des parcs am&eacute;ricains qu&rsquo;ils  avaient eu l&rsquo;occasion de visiter. &Agrave; travers l&rsquo;exclusion des activit&eacute;s humaines  dans les r&eacute;serves naturelles et les parcs nationaux, les naturalistes ont &eacute;t&eacute;  fid&egrave;les au mod&egrave;le th&eacute;orique des parcs nationaux am&eacute;ricains. Dans le mod&egrave;le  am&eacute;ricain de protection de la <em>wilderness</em>, la conservation de la nature  exclut l&rsquo;homme. Et cela sera r&eacute;affirm&eacute; en 1964 avec le <em>Wilderness Act </em>qui  stipule que, dans ces espaces prot&eacute;g&eacute;s, l&rsquo;homme n&rsquo;est qu&rsquo;un visiteur  temporaire. &laquo; Pour conserver son &eacute;quilibre biologique &agrave; une for&ecirc;t vierge, il  faut y interdire strictement l&rsquo;acc&egrave;s de l&rsquo;homme. C&rsquo;est ce que le gouvernement  f&eacute;d&eacute;ral vient de faire pour plusieurs milliers de kilom&egrave;tres carr&eacute;s de for&ecirc;ts  vierges des Cascades Mountains (&Eacute;tats de Washington et d&rsquo;Oregon) o&ugrave; seuls  pourront p&eacute;n&eacute;trer (sans y cr&eacute;er d&rsquo;installations) des chercheurs justifiant de  la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;exploration scientifique(12).  &raquo; Mais pour les naturalistes, le probl&egrave;me est qu&rsquo;entre le mod&egrave;le am&eacute;ricain et  la r&eacute;alit&eacute; am&eacute;ricaine, il y a un &eacute;cart. Relativement t&ocirc;t, les parcs nationaux  am&eacute;ricains se construisent sur le mode de la nature sans l&rsquo;homme, mais  deviennent en fait des lieux touristiques. D&rsquo;abord r&eacute;serv&eacute;s &agrave; une &eacute;lite, ils se  contentent d&rsquo;am&eacute;nagements d&rsquo;accueil l&eacute;gers (sentiers, refuges, etc.) puis, avec  la d&eacute;mocratisation du tourisme, ils se transforment en &eacute;quipements touristiques  (avec parkings, routes, motels, cartes, guides, maisons p&eacute;dagogiques, etc.). <br>
<br><p> Pour  la cr&eacute;ation des parcs nationaux sur de vastes territoires, les naturalistes  s&rsquo;adressent principalement &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat en le pressant de soutenir politiquement,  l&eacute;galement et financi&egrave;rement cette protection de la nature. Ce recours &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat  devient urgent et n&eacute;cessaire pour les naturalistes, surtout en France o&ugrave; tout  le territoire est appropri&eacute; et mis en valeur par les paysans ou les  propri&eacute;taires forestiers. Les naturalistes dressent un bilan n&eacute;gatif et  &eacute;mettent des critiques s&eacute;v&egrave;res &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des espaces prot&eacute;g&eacute;s d&eacute;j&agrave; cr&eacute;&eacute;s en  France et dans les colonies depuis le d&eacute;but du XXe  si&egrave;cle par les forestiers, les soci&eacute;t&eacute;s de chasse et les  associations du tourisme. Ils critiquent la conception cyn&eacute;g&eacute;tique qui motive  la cr&eacute;ation de certains parcs dans les colonies. Ils critiquent aussi la  conception touristique des parcs nationaux am&eacute;ricains v&eacute;hicul&eacute;e par le CAF et  le TCF. <br>
<br><p>Aujourd&rsquo;hui,  cette conception se focalise sur la protection de la nature et de la diversit&eacute;  biologique dans le paysage. La valeur positive ou n&eacute;gative attribu&eacute;e au paysage  est li&eacute;e au degr&eacute; de diversit&eacute; de la faune et la flore en son sein et la  richesse &eacute;cologique de ces milieux naturels. C&rsquo;est la richesse biologique et le  degr&eacute; de naturalit&eacute; qui permettent d&rsquo;&eacute;valuer un paysage. De ce fait, la  conception naturaliste contribue &agrave; brouiller les limites entre la notion du  paysage et celle de nature.</p>
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      <p><strong>Le &laquo; propre &raquo; des alpagistes : un paysage  jardin&eacute; par l&rsquo;homme</strong></p>
<p><br> La  troisi&egrave;me conception du paysage est culturelle, et correspond au paysage &laquo;  propre &raquo; des alpagistes. Un paysage envisag&eacute; en tant que forme sensible d&rsquo;une  interaction dynamique du naturel et du social. Pour les d&eacute;fenseurs d&rsquo;un paysage  ouvert aux activit&eacute;s &eacute;conomiques et fr&eacute;quent&eacute; par les touristes, la notion de  paysage est associ&eacute;e &agrave; une identit&eacute; culturelle r&eacute;gionale bien marqu&eacute;e et &agrave; un  espace de vie et de travail pour les habitants locaux. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on  parle de terroir, de vall&eacute;es alpines, de pays de montagne, et de paysage en  g&eacute;n&eacute;ral pour d&eacute;signer ce cadre naturel accueillant les activit&eacute;s des habitants  et la fr&eacute;quentation touristique. Dans cette conception, le r&ocirc;le des  agriculteurs dans l&rsquo;entretien des paysages en montagne est couramment mis en  avant. La diversit&eacute; des paysages dans les Alpes du Nord est consid&eacute;r&eacute;e comme  fa&ccedil;onn&eacute;e par le travail et la pr&eacute;sence de l&rsquo;homme. Les agriculteurs et leurs  r&eacute;seaux de soutien affirment que la diversit&eacute; biologique et paysag&egrave;re est essentiellement  d&rsquo;origine agricole et pastorale. Depuis des si&egrave;cles, le relief et un climat  relativement favorable ont permis une activit&eacute; agricole et pastorale intense en  Vanoise. <br>
<p><br> Pour  les professionnels de l&rsquo;agriculture, les montagnards ont d&eacute;velopp&eacute; des modes  d&rsquo;exploitation adapt&eacute;s aux ressources naturelles et un syst&egrave;me agro-pastoral  sp&eacute;cifique dans lequel on peut assurer une grande  vari&eacute;t&eacute; paysag&egrave;re. Le paysage alpin d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est agenc&eacute; selon plusieurs  types d&rsquo;organisation et de structuration de l&rsquo;espace. On passe d&rsquo;un &eacute;tage  habit&eacute;, avec des villages et des pr&eacute;s, &agrave; la for&ecirc;t, aux alpages puis aux espaces  min&eacute;raux et glaciaires. Ces unit&eacute;s spatiales vernaculaires forment une sorte de  grille de perception qui permet un quadrillage irr&eacute;gulier de l&rsquo;espace &eacute;tag&eacute; des  pentes par les alpagistes. Les hauts alpages sont divis&eacute;s en plusieurs unit&eacute;s  d&rsquo;exploitation, selon le mode d&rsquo;utilisation de l&rsquo;herbe (fauche et/ou p&acirc;turage)  et la date d&rsquo;intervention (fauchaison et mise &agrave; l&rsquo;herbe). &Agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de  chaque zone, les activit&eacute;s sont sp&eacute;cifiques et le rapport &agrave; l&rsquo;herbe est  diff&eacute;rent. Il suffit de suivre les alpagistes au quotidien, tout au long de la  p&eacute;riode estivale, et de les interroger sur la fa&ccedil;on dont ils structurent eux-m&ecirc;mes  leur territoire, pour se rendre compte que tout alpage comprend les unit&eacute;s  suivantes : le chalet et sa cave, le &laquo; jardin d&rsquo;altitude &raquo;, les pr&eacute;s de fauche,  (souvent des alpages priv&eacute;s), les p&acirc;tures (alpages priv&eacute;s et collectifs), les  rochers et moraines et les glaciers. Sur cette mosa&iuml;que d&rsquo;unit&eacute;s paysag&egrave;res se  superpose le r&eacute;seau des pistes et sentiers. Les alpagistes s&rsquo;attachent &agrave; tous  les &eacute;l&eacute;ments vus ou per&ccedil;us qui, dans un paysage, mettent en avant  l&rsquo;exploitation des prairies alpines, les chalets d&rsquo;alpages et les &eacute;quipements  agricoles. <br>
<br><p>Cette  organisation de l&rsquo;alpage correspond &agrave; une classification des milieux selon  leurs caract&eacute;ristiques physiques et leurs potentialit&eacute;s (pente, exploitation  possible, pr&eacute;sence de rochers ou de moraines) et leur accessibilit&eacute;  (&eacute;loignement du chalet d&rsquo;alpage, desserte ou non par des pistes ou sentiers).  En un sens l&rsquo;alpagiste appr&eacute;hende d&rsquo;abord la diversit&eacute; au niveau de la mosa&iuml;que  des milieux. Dans ce syst&egrave;me d&rsquo;exploitation, le savoir naturaliste des  alpagistes relatif &agrave; l&rsquo;herbe est m&eacute;diatis&eacute; par le savoir sur l&rsquo;animal, par les  pratiques pastorales et par l&rsquo;agencement de l&rsquo;espace agricole. Les alpagistes  connaissent l&rsquo;herbe des prairies et des alpages ayant une valeur fourrag&egrave;re  importante ou, &agrave; l&rsquo;inverse, les plantes envahissantes &agrave; faible valeur  fourrag&egrave;re comme le g&eacute;ranium et le rumex. Les pratiques pastorales et le savoir  agronomique d&rsquo;alpagistes envisagent la v&eacute;g&eacute;tation et &eacute;valuent les prairies,  landes et pelouses du point de vue de leurs animaux : ils les classent en  fonction de la qualit&eacute; des fourrages, de leur date de maturit&eacute;. Ils tendent &agrave;  associer la diversit&eacute; de la flore &agrave; la qualit&eacute; des fromages. Mais ce savoir a  lui aussi &eacute;t&eacute; enrichi de connaissances agronomiques et v&eacute;t&eacute;rinaires. Comme le  montre l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;AOC Beaufort, un &eacute;change s&rsquo;est op&eacute;r&eacute; entre les savoirs  empiriques des alpagistes et les savoirs d&rsquo;action des techniciens de la chambre  d&rsquo;agriculture. <br>
<br><p> C&rsquo;est  &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de ce rapport &agrave; l&rsquo;herbe et de cette structuration de l&rsquo;espace  montagnard par les activit&eacute;s pastorales que l&rsquo;on peut situer les  repr&eacute;sentations de la dynamique de paysage. L&rsquo;alpage est per&ccedil;u comme un lieu  des activit&eacute;s pastorales, un espace de travail et de sociabilit&eacute;, de souvenirs,  de vie. Les prairies travaill&eacute;es sont consid&eacute;r&eacute;es comme &laquo; propres &raquo;, &laquo; belles  &raquo;, &laquo; bien entretenues &raquo;, &laquo; bien ordonn&eacute;es &raquo;, etc. Elles sont des espaces de  circulation et d&rsquo;&eacute;quilibre. Elles relient au pass&eacute;, &agrave; la m&eacute;moire, aux souvenirs  d&rsquo;enfance. Elles rappellent les parents, les grands parents, les proches qui  sont pass&eacute;s par l&rsquo;exploitation. <br>
<br>
<p> Les  prairies abandonn&eacute;es sont rep&eacute;r&eacute;es par leurs couvertures v&eacute;g&eacute;tales &laquo; sauvages &raquo;  et leurs paysages &laquo; d&eacute;grad&eacute;s &raquo;. Ils symbolisent, aux yeux des alpagistes, le  d&eacute;clin, l&rsquo;abandon et le mauvais entretien. Ils sont &laquo; envahis &raquo; par des  mauvaises plantes, par des &laquo; &eacute;pines &raquo; puis par des arbres pionniers (arcosses  [aulnes], fr&ecirc;nes, merisiers, &eacute;rables champ&ecirc;tres, alisiers blancs, etc.). Ce  processus de retour de la friche et de la for&ecirc;t est tr&egrave;s mal per&ccedil;u par les  alpagistes. Il est qualifi&eacute; souvent par des termes p&eacute;joratifs : la prairie se &laquo;  d&eacute;grade &raquo;, elle est &laquo; sale et n&eacute;glig&eacute;e &raquo;, l&rsquo;alpage est &laquo; abandonn&eacute; &raquo;, le  paysage se &laquo; ferme &raquo;, etc. La pr&eacute;sence de la friche devient le symbole de la  d&eacute;gradation paysag&egrave;re, de la d&eacute;prise agricole et du d&eacute;clin &eacute;conomique de  l&rsquo;exploitation. Il permet le retour de la for&ecirc;t et l&rsquo;augmentation des risques  d&rsquo;avalanches et d&rsquo;incendies des villages cern&eacute;s par la v&eacute;g&eacute;tation. Le retour de  la friche permet aussi le retour et le d&eacute;veloppement de plusieurs esp&egrave;ces  animales sauvages qui avaient &eacute;t&eacute; r&eacute;duites (bouquetins, chamois, mouflons,  sangliers) ou &eacute;radiqu&eacute;es de la r&eacute;gion (loups, gypa&egrave;tes). Cette prolif&eacute;ration de  la faune sauvage g&eacute;n&egrave;re pour les alpagistes plusieurs probl&egrave;mes et difficult&eacute;s.  La concurrence alimentaire entre les troupeaux domestiques et les ongul&eacute;s  sauvages, la transmission de pathologies et l&rsquo;hybridation g&eacute;n&eacute;tique entre  esp&egrave;ces sauvages et domestiques fr&eacute;quentant les m&ecirc;mes espaces, l&rsquo;envenimation  d&rsquo;hommes ou d&rsquo;animaux domestiques par les vip&egrave;res, les d&eacute;g&acirc;ts aux prairies  caus&eacute;s par les sangliers et les marmottes(13). <br>
<br><p>Dans les Alpes du Nord,  les agriculteurs revendiquent l&rsquo;entretien du paysage, et le maintien et la &laquo;  production &raquo; &laquo; d&rsquo;une certaine biodiversit&eacute; &raquo;. Pour eux la montagne est &laquo;  jardin&eacute;e &raquo; par leurs pratiques. Dans un syst&egrave;me bas&eacute; sur l&rsquo;alpage, les  diff&eacute;rentes pratiques agricoles en interaction avec le milieu physique cr&eacute;ent  des conditions de vie tr&egrave;s vari&eacute;es pour les plantes et les animaux. Les  pratiques agricoles et pastorales se conjuguent ainsi aux conditions  biog&eacute;ographiques pour favoriser diff&eacute;rentes associations v&eacute;g&eacute;tales. La fauche  s&eacute;lectionne les plantes (par exemple certains &eacute;cotypes de gramin&eacute;es adapt&eacute;s &agrave;  la fois &agrave; la fauche et aux rigueurs du climat d&rsquo;altitude). Le p&acirc;turage  contribue, selon ces modalit&eacute;s et le contexte naturel (altitude, exposition,  sol, etc.) &agrave; s&eacute;lectionner d&rsquo;autres esp&egrave;ces. La conjonction entre  l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; des conditions de milieu et la diversit&eacute; des pratiques produit  une mosa&iuml;que d&rsquo;associations prairiales. Or, de nombreuses esp&egrave;ces animales  (insectes, rongeurs, oiseaux, ongul&eacute;s, amphibiens, reptiles) utilisent ces  associations &ndash; ou ces mosa&iuml;ques d&rsquo;associations &ndash; pour se nourrir, se cacher, se  reproduire. Ainsi, l&rsquo;&eacute;levage a fa&ccedil;onn&eacute; le paysage v&eacute;g&eacute;tal et a eu une  influence, m&eacute;diatis&eacute;e par la faune, sur les communaut&eacute;s biotiques de la  montagne. La structuration de l&rsquo;espace pastoral &ndash; le chalet, le &laquo; jardin &raquo;, les  pr&eacute;s de fauche, les p&acirc;tures, les rochers moraines et glaciers &ndash; est une  co-construction des conditions g&eacute;ographiques et des pratiques d&rsquo;&eacute;levage. La  mise en avant de cette pluralit&eacute; des rapports et des interrelations entre des  alpagistes et un environnement physique et biotique dans les Alpes du Nord,  qu&rsquo;ils ont fa&ccedil;onn&eacute; au cours du temps, fournit des arguments pour d&eacute;fendre la  n&eacute;cessit&eacute; de pr&eacute;server un paysage travaill&eacute;, entretenu, ordonn&eacute; et propre. En  Vanoise, les agriculteurs et les gens du lieu ont tendance &agrave; structurer leurs  d&eacute;cisions vis-&agrave;-vis des animaux, et leur repr&eacute;sentation de l&rsquo;espace sur  l&rsquo;opposition entre domestique et sauvage, alors qu&rsquo;une partie des gestionnaires  structure leur vision sur une opposition entre nature et artifice. Les gens du  lieu per&ccedil;oivent la vision des naturalistes et gestionnaires du parc comme  &eacute;trang&egrave;re &agrave; leur propre vision du monde.</p>
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      <img src="https://www.anthropoweb.com/photo/art/default/2378696-3331015.jpg?v=1289628742" alt="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" title="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" />
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      <p>En fait, la cr&eacute;ation du Parc national de la  Vanoise s&rsquo;est accompagn&eacute;e de nouvelles servitudes d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. Les droits  et les activit&eacute;s des propri&eacute;taires &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du parc se sont trouv&eacute;s  contr&ocirc;l&eacute;s, voire r&eacute;duits dans certains cas, aux seules formes d&rsquo;activit&eacute;s  retenues par le parc. Les activit&eacute;s interdites ou r&eacute;glement&eacute;es sont la chasse  et la cueillette en zone centrale (r&eacute;glement&eacute;es en zone p&eacute;riph&eacute;rique) et les  travaux publics et priv&eacute;s. Par contre, sont tol&eacute;r&eacute;s le pastoralisme (moyennant  contraintes), les exploitations foresti&egrave;res (moyennant l&rsquo;autorisation du  directeur du parc) et la p&ecirc;che. Les agents du parc ont longtemps ignor&eacute; les  savoirs locaux. &Agrave; leur tour, les &eacute;leveurs ont &eacute;t&eacute;, depuis longtemps, bien plus  nourris des savoirs savants des agronomes et zootechniciens que de ceux des  &eacute;cologues et des naturalistes. Ainsi et pendant de longues ann&eacute;es, les visions  du monde s&rsquo;&eacute;vitaient, et les &eacute;changes entre &eacute;leveurs et naturalistes &eacute;taient  rares.</p>
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      <img src="https://www.anthropoweb.com/photo/art/default/2378696-3331066.jpg?v=1289628743" alt="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" title="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" />
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      <p><strong>Conclusion</strong></p>
            
<p><br>Depuis  les ann&eacute;es 1950, on assiste &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une nouvelle politique qui  s&rsquo;attache, au-del&agrave; de la simple protection, &agrave; mettre en oeuvre une strat&eacute;gie de  protection et de gestion des sites paysagers. Les diff&eacute;rentes conceptions et  les tensions qui traversent l&rsquo;administration du paysage par les politiques  publiques dans un parc national sont li&eacute;es aux trois grands mod&egrave;les de  perception et d&rsquo;action qui, au cours du XXe si&egrave;cle, ont fa&ccedil;onn&eacute; la d&eacute;finition et la  patrimonialisation des paysages dans les Alpes du Nord. La loi de 1960 sur les  parcs nationaux a trouv&eacute; un compromis entre ces trois types de regard et  diff&eacute;rents projets, par un am&eacute;nagement en trois zones. Ce zonage montre &agrave; quel  degr&eacute; la r&eacute;ussite de la cr&eacute;ation du parc est l&rsquo;aboutissement de cette  exploration contradictoire d&rsquo;un projet, d&rsquo;o&ugrave; la difficult&eacute; aujourd&rsquo;hui de  trouver un consensus sur la nature de paysage &agrave; prot&eacute;ger.</p>
<p><br>Aujourd&rsquo;hui, le paysage  est devenu un concept op&eacute;ratoire pour le parc et un outil de gestion de son  territoire. La conception des gestionnaires insiste sur le caract&egrave;re culturel  des paysages exceptionnels. Elle repose essentiellement sur la protection de la  biodiversit&eacute; dans le paysage, compris comme un potentiel de d&eacute;veloppement  &eacute;conomique pour les communes du parc. Cela conduit &agrave; favoriser les activit&eacute;s  pastorales dans la zone centrale afin de maintenir un paysage ouvert permettant  la fr&eacute;quentation touristique. Dans les politiques publiques, on assiste &agrave; une  convergence vers le paysage ouvert comme outil de gestion mais aussi de  valorisation &eacute;conomique et marchande.</p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <p><em><strong>Notes</strong></em></p>
<p>1. Seuls deux parcs (le Parc national des  &Eacute;crins et le Parc national de Port-Cros) sont parvenus &agrave;<br>
  instaurer une r&eacute;serve int&eacute;grale en leur sein.<br>
  2. Ce d&eacute;bat est d&eacute;j&agrave; engag&eacute; dans les parcs  qui visent le label paysage culturel de l&rsquo;UNESCO, comme<br>
  le Parc National des C&eacute;vennes. C&rsquo;est le seul  parc en France qui soit habit&eacute; en zone centrale<br>
  (environ 600 personnes).<br>
  3. Le CAF a &eacute;t&eacute; fond&eacute; le 2 avril 1874.<br>
  4. Le Touring-Club de France, cr&eacute;&eacute; le 26  janvier 1890, initialement dans le but d&rsquo;encourager et de<br>
  d&eacute;velopper le cyclisme pour les promenades et  les excursions, a eu une croissance rapide. Par<br>
  d&eacute;cret du 30 novembre 1907, il a &eacute;t&eacute; reconnu  d&rsquo;utilit&eacute; publique.<br>
  5. Rappelons que l&rsquo;initiative de la  constitution d&rsquo;un premier parc national fran&ccedil;ais &agrave; la B&eacute;rarde a &eacute;t&eacute;<br>
  prise par M. Mathey, conservateur des Eaux et  For&ecirc;ts &agrave; Grenoble.<br>
  6. Voir E. de Martonne (1947-1950) et le  premier ouvrage de biog&eacute;ographie de M. Sorre (1971).<br>
  7. Elle est la plus importante et la plus  spectaculaire. Cr&eacute;&eacute;e en 1927 par la Soci&eacute;t&eacute; nationale d&rsquo;acclimatation,<br>
  elle s&rsquo;&eacute;tend sur 10 000 hectares.<br>
  8. Cr&eacute;&eacute;e par la Soci&eacute;t&eacute; nationale  d&rsquo;acclimatation en 1935, elle comprend un territoire d&rsquo;environ<br>
  22 km2 entre  1 750 m et 3 092 m d&rsquo;altitude.<br>
  9. Cr&eacute;&eacute;e par la Soci&eacute;t&eacute; nationale  d&rsquo;acclimatation sur 3 000 hectares.<br>
  10. Cr&eacute;&eacute;e par la Ligue fran&ccedil;aise pour la  protection des oiseaux en 1912, sur environ 50 hectares, pour<br>
  sauver de la disparition le macareux.<br>
  11. C. Bressou, &laquo; Conduite et organisation  des r&eacute;serves &raquo;, <em>in </em>Collectif, 1937.<br>
  12. J. et M.-L. Dufrenoy, &laquo; Les parcs  nationaux aux &Eacute;tats-Unis &raquo;, <em>in </em>Collectif, 1937.<br>
  13. En creusant leurs terriers, les marmottes  sortent des pierres qui endommagent les lames des<br>
  motofaucheuses.</p>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul>    <li class="list"><strong>Article extrait de<a class="link" href="http://www.anthropoweb.com/Gouverner-la-nature-Cahiers-d-anthropologie-sociale-n-3_a134.html"> Gouverner la nature, Cahiers d'anthropologie sociale n°03</a>, Adel Selmi, Vincent Hirtzel dir., Editions L'Herne</strong></li>    <li class="list"><span><strong>Ecouter <a class="link" href="http://www.anthropoweb.com/downloads/files/92741/">l'entretien de Salvatore D'Onofrio</a>  sur les Cahiers d'anthropologie sociale</strong></span><strong>&nbsp;</strong></li>    </ul></li>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.anthropoweb.com/photo/art/default/2378696-3331104.jpg?v=1289628743" alt="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" title="L'ouvert, le propre et le fermé. Trois catégories pour qualifier le paysage dans les Alpes du Nord" />
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