Jean Dubuffet, un barbare en Europe
Infos pratiques
du Mardi 8 Septembre 2020 au Dimanche 28 Février 2021
Musée d'ethnographie de Genève
Description
Jean Dubuffet au MEG ? Quelle drôle
d’idée ? Et pourtant ! Comme vous le lirez
dans les textes qui suivent, l’artiste fait à
Genève en 1945 la rencontre d’Eugène
Pittard, directeur du MEG. Il doit à ce
dernier d’avoir été introduit au médecin
aliéniste genevois Charles Ladame,
qui lui fera découvrir ce qu’il décidera
d’appeler lors de son séjour, « l’Art Brut ». Mais Jean Dubuffet ne s’attendait pas
à cela. Il vient au MEG en quête d’alternative aux courants d’art qui prévalaient
en son temps, à l’art élitaire et au snobisme des métropoles qu’il déplore. De
plus, il partage plusieurs sujets d’intérêt pour l’ethnographie de l’époque, dont
il adopte, ou adapte en quelque sorte les méthodes (notamment en faisant du
« terrain » en Algérie), et accompagne la réfl exion. Hostile à l’autoritarisme
colonial, il rejette comme Claude Levi-Strauss toute notion d’art primitif, et se
fera « ethnologue dans le métro » quarante ans avant que Marc Augé ne porte le
sujet des hommes du commun dans les « non-lieux » au niveau académique…
Exposition charnière entre deux cycles d’exposition au MEG, « Jean Dubuffet, un
barbare en Europe » fait écho à plusieurs ambitions de notre plan stratégique. La
première est sans doute de renforcer le rôle du MEG comme lieu d’inspiration
pour la création. Maison des muses mais aussi lieu de rencontre et d’échanges,
le musée est un lieu dont la visite peut avoir une infl uence décisive sur l’œuvre
d’un-e artiste. La seconde concerne une approche « décoloniale ». Non seulement
Dubuffet rejette la notion d’art primitif, il rejette toute hiérarchie entre les arts. Il se
moque également des catégories, des champs disciplinaires distincts et autres
spécialisations autistiques, pour adopter une approche tantôt transversale et
éclectique, tantôt comparatiste, qui entremêle ou entrecoupe matériaux et œuvres
qu’il devient diffi cile de conserver dans des catégories. De même le MEG souhaite
déconstruire son « habitus colonial », qui se révèle par exemple dans les typologies
d’objets ou l’approche par continents et régions, et renforcer l’expérimentation,
la transdisciplinarité, les collaborations en-dehors du champ traditionnel de
« l’ethnographie » du 20e
siècle. Le MEG souhaite également développer des
partenariats au niveau international, promouvoir le co-commissariat et la
coproduction d’expositions. L’opportunité qui nous était offerte par le MUCEM
ne pouvait être manquée pour ce qu’elle nous apporte dans ce sens.

Plus d'infos et dossier de presse à consulter sur le site du Musée