ICOM : Liste rouge des patrimoines en danger




L'ICOM est l'organisation internationale des musées et des professionnels de musée qui s'engage à préserver, assurer la continuité, et à communiquer à la société la valeur du patrimoine culturel et naturel mondial, actuel et futur, tangible et intangible. En s’appuyant sur une veille et une coopération internationale de grande envergure, elle s’investit dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels.

La complexité réside dans l’inventaire du patrimoine connu et celui qui ne l’est pas encore. A l’occasion de son intervention à l’Institut du Monde arabe ce mardi 15 décembre 2015, l’ancien ministre et président actuel de l’établissement, Jack Lang, emploie le terme fort de « Crime de guerre » dans ses pillages et les destructions des patrimoines de nos humanités.

Les échos sont nombreux ; Afghanistan, Mali, Iran, aujourd’hui cette Liste rouge d’urgence des biens culturels libyens en péril. Comment pouvons-nous agir ici ? En dénonçant ce qui arrive sur les marchés illicites des vols de pièces protohistoriques, antiques à moyenâgeuses.

Le patrimoine est difficile à évaluer, les territoires n’ont jamais été complètement ouverts et sont aujourd’hui refermés. Toute forme de domination passe que trop fréquemment par le dommage de l’héritage de nos civilisations avec la volonté d’affaiblir la valorisation de ses terres, refuser les racines plurielles pour asseoir de nouvelles cultures sans histoire.

Le trafic participe à la croissance financière et l’expansion matérielle des groupements notamment, comme au Mali. Avoir une action plus rapide de repérage des œuvres pillées passe par un renouvellement des protections juridiques globalisées, et une coopération pleine et entière.

La liste du patrimoine libyen s’étend de 5000 ans avant JC jusqu’au 16ème siècle. Protéger sur le territoire à l’heure actuelle est compliqué, la dangerosité concerne aussi les savants et les intellectuels libyens comme le rappelle Mark Taplin, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux affaires éducatives et culturelles au département d’Etat américain. On se rappelle de l‘appel lancé par Zahi Hawass pour protéger les musées d’Egypte.
Le Ministre Conseiller à l’Ambassade de Lybie en France, Abdel Hafid Benrhaba parle de ces attaques culturelles comme d’un terrorisme d’un genre nouveau. De l’érosion, de la pollution, les conflits armés sont les plus dangereux pour le patrimoine matériel. Dans son discours bref est pertinent, il appelle à ce que cette sensibilisation soit le symbole de la réunification politique du peuple de la Libye.

Monsieur Abdulkadr El Maleh, ambassadeur et délégué permanent de la Libye auprès de l’UNESCO remercie de parler de son pays, une des plus vieilles cultures du monde, de nos humanités.

Dans son intervention ferme et engagée, Mechtild Rössler, Directrice de la Division du patrimoine et du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, appelle à un renforcement du rôle des musées dans nos sociétés. Lors de la Conférence générale de l’UNESCO en novembre 2015, les musées ont été appelés à changer leurs missions pour la valorisation des biens culturels et des dialogues interculturels. Leur rôle de sensibilisation par leur présence forte est déterminant.

Les listes rouges des œuvres les plus exposées sont consultables et téléchargeables sur le site de l’ICOM : http://icom.museum/ressources/base-de-donnees-des-listes-rouges/L/2/ .
Afghanistan, Afrique, Amérique centrale et Mexique, Cambodge, Chine, Colombie, Egypte, Haïti, Irak, Libye, Pérou, Syrie.

*****
Pour citer cet article : Sophie Haberbüsch-Sueur, "ICOM : Liste rouge des patrimoines en danger", 18 décembre 2015, http://www.anthropoweb.com/ICOM-Liste-rouge-des-patrimoines-en-danger_a785.html , ISSN : 2114-821X, Le Portail des sciences humaines, www.anthropoweb.com   .
Anthropoweb