Mon savoir des hommes. De la scientificité des approches inductives. Un regard français


Anthropoweb

L’article livre une discussion entre les éléments d’une thèse de doctorat soutenue en 2007 sur la Professionnalisation du chercheur (Haberbüsch, 2007) et les observations faites à partir du Portail des sciences humaines, www.anthropoweb.com, notamment les entretiens « Itinéraires » et « Portraits » publiés. Une première partie revient sur les professionnels qui ont participé à l’émergence institutionnelle de la discipline. La seconde discute autour de la réciprocité comme fondement de l’intégrité intellectuelle. Dans un même temps, la communication débute avec un regard sur la considération des approches inductives de l’anthropologie en France pour aboutir à ce qu’elles représentent comme enjeu aujourd’hui dans un débat pluridisciplinaire francophone.


L’anthropologie est la mémoire des hommes. La curiosité de l’anthropologue à l’égard de sa propre espèce relève souvent d’un projet personnel tourné vers les Autres, enrichi par la multiplicité des parcours réflexifs et scientifiques.

Nier la relation personnelle et l’échange humain dans sa pratique est inutile. Ce sont ses fondements. Sa méthodologie agrège les moyens d’observations et d’analyse mis à disposition. La méthode resitue les positions du chercheur et de son sujet.

Le partage proposé dans cet article vient d’ailleurs, de France, où l’on ne parle que très peu des approches inductives ou d’« autoethnographie ». L'emploi du terme est de plus en plus fréquent à en croire le nombre croissant d’occurrences dans les moteurs de recherche Internet. Cependant, l’exercice reste peu répandu de ce côté de l’Atlantique, le terme de réflexivité apparaît timidement. Dans la recherche doctorale, cette approche s’est imposée sous le nom de « réciprocité de perspectives » (Haberbüsch, 2007 : 8). Aborder le thème de la carrière du chercheur, conduire des entretiens sur la conciliation entre vie personnelle et réalisation professionnelle, ont suscité naturellement cet échange entre la doctorante et ses enquêtés.

Nos observations, nos analyses comparées, démultipliées pour offrir un point de vue global se fondent sur une approche inductive. La situation dans le contexte est permanente, et inspire le titre de cette communication ; mon savoir comme ma réflexion, de la scientificité ou de la valeur scientifique des approches inductives. Une partie de la démonstration élaborée dans cette thèse de doctorat, présentée en France, se fonde sur l’histoire de l’anthropologie. 

La crainte de ne pas asseoir l’anthropologie en tant que discipline scientifique a freiné en partie cette sensibilité. Le temps semble venu de l’assumer pleinement, d’autant que cette approche n’est pas nouvelle. Elle fait même implicitement partie de la nature de l’anthropologie sociale et culturelle. La méthode n’a pas soulevé un fort enthousiasme, car la valeur scientifique des terrains dits « locaux » soulève de nombreuses difficultés. Pourtant, la plupart de nos chercheurs travaillent « en solitaire » sur le terrain ; le travail d’équipe est inhabituel en anthropologie. C’est pourquoi cette approche, qu’elle soit inductive et/ou personnelle doit se fonder sur une méthodologie scientifiquement reconnue.

L’approche est proposée à deux niveaux : d’une part, la recherche est toujours le fait d’une personne et, d’autre part, la réciprocité est un principe fondateur de l’intégrité intellectuelle. Ces deux aspects se traduisent par un argumentaire ainsi que des réflexions issus de la thèse sur la professionnalisation de l’anthropologue (Haberbüsch, 2007), en écho avec les entretiens des chercheurs publiés  « Itinéraires » et « Portraits » sur leurs métiers, leurs formations, les nouvelles perspectives(1).

1. La recherche est le fait d’une personne

Le manque d’enthousiasmes des approches inductives est dû en grande partie à la volonté d’asseoir l’anthropologie en tant que discipline scientifique, distincte de la sociologie et de la psychologie. Envisagée comme l’une des disciplines les plus complexes, redéfinie par Auguste Comte inspiré des idées de Platon (Platon, 1966 (315 av. J.C.)) et de Saint Augustin, l’anthropologie est la plus récente des sciences sociales et humaines. Sa place institutionnelle est étroite. En France, la majorité des chercheurs s’efforce d’affranchir la discipline des conditions de sa création et de l’autonomiser dans les structures de la recherche et de l’enseignement.

Si toutes les approches ne sont pas inductives, lorsque l’on se réfère à sa définition dans son entité la plus réduite, la recherche est toujours le fait d’une seule personne, avec ses contraintes, ses capacités matérielles et immatérielles. A ce sujet, les Hors-Textes sont riches d’enseignements. Notamment les carnets de recherche et les journaux de terrain dans lesquels le chercheur va « Dire ce qu’on sait, tout ce qu’on sait, rien que ce qu’on sait » tel que le défend Marcel Mauss dans ses cours. Dans la découverte d’une personne par une personne, le Hors-Texte dépasse parfois l’intime. Leurs formes sont différentes, dédiées ou non à la publication. On ne saurait confondre L’Afrique fantôme de Michel Leiris (2003 (1934)) et le Journal d’ethnographe de Bronislaw Malinowski (1985), autant dans leurs formes que dans leurs démarches différentes de publication ; l’une choisie, l’autre pas(2) . Ces différents types de publication ont cependant en commun une désacralisation de la recherche, une réimplication de l’être humain dans la vie du chercheur et, plus important, une recontextualisation des réalités matérielles et immatérielles.

Dans la pratique des sciences exactes, ces Hors-Textes sont très rarement présentés. Ils pourraient parfois être utiles, mais ne sont indispensables. Au fur et à mesure de son développement scientifique, l’anthropologie a prétendu à cette distanciation. Cependant, pour qu’il y ait distance, il faut d’abord prendre en compte son postulat de départ : soi. Cette confrontation de soi à l’Autre, révélatrice de soi et de l’Autre, est soulignée de manière positive par René Lourau (1988). C’est en nous appuyant en partie sur ces Hors-Textes que nous aborderons les contraintes du chercheur.


L’anthropologie est une science issue de compromis. Elle s’appuie sur les acquis des autres sciences, adapte sa méthode à son sujet, et prend son essor dans la France d’après la première Guerre Mondiale. La volonté de légitimer les coûteuses colonies lui donne les moyens de sa création. Elle trouve son assise institutionnelle avec l’enrichissement des collections ethnographiques et des missions de recherches (Haberbüsch, 2007 : 75-96).

C’est pourquoi l’anthropologie a émergé sur les terrains du « lointain », qui ne sont pas sans difficultés. Les déplacements sont lents et fastidieux. Les communications ne sont pas aisées et c’est souvent l’accueil des administrateurs coloniaux qui permet la recherche. Michel Leiris dévoile ses fièvres, ses fantasmes et déconstruit son rêve d’explorateur, pas tant dans le voyage que face à l’image de lui-même. Quelques années auparavant, les conditions de terrain pour Bronislaw Malinowski étaient encore plus difficiles. Avant son départ pour sa recherche qui lui inspirera Les Argonautes du Pacifique occidental (Malinowski, 1963), l’anthropologue est perpétuellement fiévreux, éprouvé par la solitude, épuisé, en proie à des délires dus aux prises de quinine. La même quinine que Michel Leiris accuse de lui provoquer des amnésies. On est en 1917, la guerre déchire l’Europe : Bronislaw Malinowski se sent lâche mais non coupable. Ses conditions de vie sont précaires en raison du manque de moyens et de ses difficultés à s’entendre avec les administrateurs coloniaux. Il évacue ses maux en écrivant ce carnet qui s’arrête à son départ pour les argonautes telle « la fameuse boite à pharmacie » évoquée par René Lourau (1988). La vive intelligence du chercheur lui permettra de surmonter ses maux et de nous offrir ces riches pensées que l’on connaît, notamment sur les principes d‘échanges et l’observation participante comme nouvelle méthode.

L’expérience de Michel Leiris est très différente. Il garde ses distances souvent à regret. L’accueil des administrateurs l’éloigne de sa recherche, de lui-même, de l’explorateur au corps svelte qu’il s’était imaginé. Dans sa découverte de l’Autre, il se cherche lui-même. La double quête de l’écrivain et celle du chercheur se rejoignent dans « L’Afrique fantôme ». Le récit est aussi la mémoire, instructive, du terrain de l’un des ethnologues les plus actifs : celle de Marcel Griaule et des moyens mis en œuvre pour enrichir, grâce à la mission Dakar-Djibouti (1931-1933), les collections du Musée d’ethnographie du Trocadéro, qui deviendra le Musée de l’homme.

Michel Leiris fait des choix, en accord ou non avec ceux du chercheur. Les Hors-Textes resituent le contexte. Claude Lévi-Strauss exprime aussi une réalité décalée. A la recherche du sauvage, il rencontre les Nambikwara à propos desquels il confie à Jean-José Marchand, dans un entretien télévisé réalisé par Pierre Beuchot en 1972 : « Vous me pardonnerez l’expression, la société la plus minable, la plus pouilleuse qu’on puisse imaginer. ».

L’implication humaine de l’anthropologue est forte. Mireille Helffer, au cours de nos longs entretiens(3) se raconte, femme seule sur les terres du Népal, le dos chargé par des kilomètres de bandes son pour enregistrer les musiques et les chants. Les contraintes matérielles, économiques et physiques rappellent l’implication très forte du chercheur sur le terrain. Et ce contexte n’est pas anodin. L’histoire de l’anthropologie des années 1930, celle de ses fondateurs français, est fréquemment liée à celle de leur famille. Si le savoir est souvent le fait d’un concours de circonstances, l’environnement global prédispose souvent à l’émergence de nos connaissances. Pour les raisons évoquées, liées au temps et aux lieux, des couples se forment, des enfants naissent. Tandis que Paul Rivet(4) est nommé Secrétaire général de l’Institut d’ethnologie, son épouse Madeleine est désignée « l’aidant dans cette fonction » (Gaillard, 1997). Le père de Denise Paulme(5) enrichit déjà les collections du Musée d’ethnographie du Trocadéro. Elle choisit son terrain séduite par des robes de danseuses. Geneviève Calame-Griaule poursuit le travail de son père chez les Dogons(6) . Louis, le frère de l’africaniste Charles Monteil, rapporte en France avec son neveu Vincent, leurs connaissances des langues soudanaises et de l’Islam. Boris Vildé, époux de la sœur d’Evelyne Lot-Falck, travaillent ensemble. Le père de Jean Rouch(7) embarque sur le « Pourquoi pas ? » lorsque Jean-Baptiste Charcot part explorer l’antarctique. D’autres, tels Pierre Alexandre, et Jacques Berque(8) en Algérie s’intègrent complètement à leur terrain. Afin de comprendre la mentalité des Kanak chez qui il est envoyé comme missionnaire en Nouvelle-Calédonie, Maurice Leenhardt apprend leur langue, le haïlou, et son fils Raymond reprendra ses notes pour la Société des océanistes. Les exemples des missionnaires sont d’ailleurs très nombreux dans nos carnets. Lucien Bernot, issu d’une famille paysanne, s’investit pour la communauté rurale française puis travaille en Asie du Sud-Est. Ces contextes favorisent la constitution d’un ensemble de connaissances.


Parmi les premiers à s’intéresser à ce qui deviendra l’ethnologie française, beaucoup viennent de l’extérieur. On se souvient des contributions d’Isaac Chiva né en Roumanie, de Louis Dumont né en Grèce, d’Arnold Van Gennep(9) qui découvre la Savoie lors du remariage de sa mère et initiera la mémoire des savoirs folkloriques régionaux. Germaine Tillion qui a 32 ans quand démarre la Seconde Guerre mondiale, joue un rôle important dans la Résistance et, sera déportée. A sa libération, elle orientera sa recherche sur les crimes de guerre.


Les formations, elles aussi, sont plurielles. La section des sciences économiques et sociales de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes ne devient effective qu'en 1947, alors même qu'elle est l’une de ses six sections organisées dans l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE) en 1868. La première génération d'anthropologues travaillant sur le terrain est donc formée dans les IVe et Ve sections respectivement des Sciences historiques et philologiques et des Sciences religieuses(10) . Selon Gérald Gaillard, l’EPHE « se veut une grande école comparable à l'Ecole Polytechnique par exemple et vise au recrutement et à la formation des cadres coloniaux. » (Gaillard, 1998 : 23). Son dictionnaire indique également que nombre des anthropologues formés à l’Ecole de la France d’Outre-Mer se destinent à devenir des administrateurs coloniaux.

Dans ces formations, l’on retrouve des juristes, des médecins, des biologistes, des philosophes… Autant de formations, autant de regards. C’est pourquoi les approches inductives sont importantes. Elles sont le témoin de la pluralité des connaissances et des méthodes fondatrices de la discipline ; le regard comparé des observations et des outils utilisés.

Le contexte dans lequel Gérald Gaillard a rédigé son dictionnaire est instructif sur la position des femmes. Leur travail est souvent reconnu en fonction de celui de leur époux. Leur visibilité est réduite lorsqu’elles s’investissent en dehors de leurs couples ; c’est notamment le cas de Denise Paulme et Germaine Dieterlen. Les femmes ne représentent que 15% des entrées de ce dictionnaire. Il est donc intéressant de savoir ce qu’aujourd’hui les chercheuses et praticiennes pensent de leur position de femmes. Cette question est posée au cours des entretiens « Itinéraires », publiés sur le Portail des sciences humaines(11) , d’une durée d’une heure trente sur la carrière, la formation, le métier, son évolution et les messages à transmettre aux jeunes générations. Elle a été posée, par exemple, à Claudine Brelet (anthropologue, Senior expert consultante auprès de l’UNESCO, ancien membre du personnel de l’OMS), Mireille Helffer (Directrice de recherches CNRS, ethnologue), Marie Rose Moro (Directrice de la Maison des adolescents, Solenn, Hôpital Cochin, ethnopsychiatre), Monique Selim (Directrice de recherches, IRD, anthropologue), Anne Christine Taylor Descola (Directrice du département de la recherche et de l’enseignement 2005-2013, Musée du Quai Branly, Paris, anthropologue). Les réponses sont chaque fois différentes. Sur le terrain du lointain, les différences culturelles sont si importantes que beaucoup disent qu’il n’y a pas de différence entre le fait d’être un homme ou une femme. C’est dans l’évolution de carrière dans les institutions que les différences s’expriment plus souvent. Dans le cas d’un couple de chercheurs, l’on remarque parfois chez la femme la volonté de s’affranchir de son compagnon afin de valoriser ses compétences distinctement, sans pour autant renoncer à la une complicité qui permet de consolider les recherches.

Au cours de ces entretiens, notamment avec Hervé Barreau (Directeur de recherches, CNRS, philosophe), Serge Bouznah (Centre Babel, médecin de santé publique spécialiste en clinique transculturelle), Bernard Hours (Directeur de recherches, IRD, anthropologue), Jacques Lombard (Directeur de recherches, IRD, anthropologue, cinéaste), l’on observe que les carrières ne sont pas programmées à priori, elles sont souvent contingentes et, parfois, faites de hasards plus ou moins subjectifs. La démarche plus volontaire des jeunes générations pour se former en anthropologie et en faire leur métier est ce qui les différencie de celles qui les ont précédés. La mienne en est un exemple. Le manque de professionnalisation en dehors des institutions, invite aussi non seulement à une approche inductive, mais encore à un retour sur soi et sur ses collègues. Il faut fédérer les réflexions pour construire nos métiers de demain qui seront bien différents. Les « Portraits » consacrés aux jeunes chercheurs(12) montrent que, s’il n’y a pas toujours de chemin tracé, les prédispositions sont parfois pourtant là. Alex Laupeze, né à Fort-De-France en Martinique, choisit son sujet doctoral sur les constructions associatives antillaises à Paris (Laupeze, 2005). Ralf Marsault, photographe de Berlin lors de la chute du mur, travaille sur les Wagenburgs (Marsault, 2010). Le travail doctoral de Karine St-Denis chez les policiers, plus spécifiquement sur les interventions d’urgence, la conduira à travailler pour les pompiers (St-Denis, 2012). Jean Nke Ndih, dont le père fut « enquêté » par Philippe Laburthe Tolra (Nke Ndih, 2010) notamment, devient professeur d’histoire à Yaoundé après son enfance dans un petit village de forêt du Cameroun et soutient sa thèse à Bruxelles. Moi-même, je fais mes premières enquêtes sur les évolutions de carrière des cadres, ingénieurs et dirigeants d’entreprise, grâce à mon père qui me facilite l’accès à l’équipementier automobile Valeo, qui m’ouvre les portes d’autres terrains. Lorsque j’effectue ma recherche dans les entreprises, je commence à étudier l’évolution des carrières des anthropologues. A la suite de la première expérience du Portail de l’anthropologue(13) , je réalise ce que j’ai toujours souhaité : créer une entreprise et développer un Portail pluridisciplinaire, francophone, destiné à diffuser nos savoirs, www.anthropoweb.com(14) .


En prenant en compte toutes ces réflexions, on peut désormais discuter de la réciprocité en tant que principe fondateur de l’intégrité intellectuelle nécessaire dans nos sciences humaines. La confiance accordée à l’observant est pleine. L’engagement inductif de l’anthropologue valorise sa recherche.

2. La réciprocité, comme fondement de l’intégrité intellectuelle

Si l’on pense possible de repositionner une condition d’observation pour vérifier un résultat, les sciences humaines ne sont pas concernées. Leur objet étant en mutation perpétuelle, on ne peut l’isoler de ses interactions continues avec les autres. Alors que l’éthique du chercheur porte sur sa confiance et son honnêteté intellectuelle, il est peu confronté à ses pairs sur le terrain dans un même temps. Non seulement les anthropologues ont besoin de réciprocité et de retour, mais aussi de ceux des disciplines concomitantes. Si l’on parle peu d’autoethnographie, Gaston Pineau et Marie Michèle se sont, eux, efforcés de définir l’autoformation (Michèle, Pineau, 2012, Delory, 2012). Ce point de vue est intéressant. On se forme toute sa vie en s’imprégnant de ce qui nous entoure. Et c’est pourquoi les carnets intimes sont importants. En effet, il ne s’agit pas de prendre de la distance de manière épisodique, mais tout au long de sa vie, selon notre propre évolution en mouvance perpétuelle. Cette autoformation, ce portrait établi, peut, selon Karine Rondeau : « amener le lecteur à mieux comprendre cette approche centrée et décentrée à la fois du chercheur impliqué explicitement au sein de son investigation » (2011 : 48). Son tableau intitulé « La démarche autoethnographique » est particulièrement intéressant (2011 : 66). Le chercheur devient son propre sujet. Toutefois, c’est sa démarche pour comprendre l’Autre qui nous intéresse : l’autoethnographie comme démarche de fond et l’Autre, le sujet principal de notre recherche. Cette démarche peut intéresser d’autres disciplines connexes des sciences humaines. Les lettres des psychiatres transculturelles Marie-Rose Moro et Claire Mestre, intitulé Je t’écris de… Correspondances (2010-2012) (2013), invitent, elles aussi, à percevoir les questionnements personnels de deux praticiennes.


Enfin, l’anthropologue est parfois amené à s’engager intellectuellement et physiquement. C’est le cas de Jean Nke Ndih, très investi dans la préservation de la forêt camerounaise (Haberbüsch, 2013a), de Paulin Kialo contre les déplacements de population au Gabon (Kialo, 2007), de Claudine Brelet au Mali (Brelet, 2012). Parfois, certains évoquent une rencontre personnelle et intime qui, en posant les jalons de leurs recherches, complétera leur formation. C’est le cas de Robert Jaulin initié aux rites des Sara, de Pierre Verger devenu babalawo (tradipraticien Yoruba), de Vincent Monteil converti à l’Islam, de Georges Devereux qui influe ses psychanalyses avec son enseignement de la langue et de la culture Mohave, tandis qu’il vivra mal l’annexion de sa ville natale hongroise par la Roumanie, et bien d’autres.


En s’écriant « c’étaient là mes catégories plutôt que les siennes », Nigel Barley offre deux ouvrages, romancés certes, mais éloquents (Barley, 2001a, 2001b). Jean-François Baré reprend l’analyse que Nigel Barley fait de son propre terrain : « Il avait été formé en anthropologie à Oxford. Pour son terrain, il avait choisi les Dowayo au Cameroun. Le seul problème est que les Dowayo n'étaient pas au courant » (Baré, 1995). Malgré sa ferme volonté, le rejet total dont il souffre dès son arrivée lui fait vivre son premier terrain au Cameroun comme une véritable souffrance. Il rencontrera en Indonésie les affinités qu’il recherchait. Grâce à ses rencontres que le chercheur change. La personne qui existe derrière le chercheur est en attente de quelque chose. Il est important d’évaluer cette attente avant de partir sur le terrain. Mais l’on attend de lui quelque chose en retour, une réponse institutionnelle, commanditée et provenant du terrain, mais quoi ? Cette confrontation est aussi une épreuve de vérité pour cette aventure commune qui noue temporellement le chercheur à son sujet. Selon Robert Jaulin, « la valeur de vérité de toute recherche »(15) lui donne crédibilité et autorité.


Le travail de l’anthropologue éprouve l’homme dans ses quêtes personnelles et intimes, qu’elles soient dans le lointain ou dans le local, et le conduit à tester ses propres limites, parfois ses propres impuissances ou frustrations pour l’emporter en voyage en dehors de lui-même.


Les questionnements sur la réflexivité sont encore plus utiles dans les enquêtes du proche. Ce proche qui nous entoure, dans lequel on évolue quotidiennement, qui devient sujet de recherche. Parce qu’il renvoie plus facilement à l’image de soi, mais aussi parce que les semblables, les faux et les différences y sont plus flous. Seulement, il faut déjà habiliter complètement cette valorisation du local qui divise nos chercheurs. Les mots de Claude Lévi-Strauss à propos de Georges Henri Rivière et du musée d’ethnologie française, nommé musée des arts et traditions populaires, sont significatifs : « une œuvre d’autant plus admirable qu’il s’agissait non seulement de faire un musée à partir de rien, mais de faire un musée avec ce qu'on pouvait croire n'être rien »(16). Ce qui n’est pas avoué est pourtant ressenti comme une pression. N’ayons pas peur des mots : actuellement il est toujours plus difficile de valoriser un travail de doctorat « local », et cette répercussion est aussi valable pour ces approches inductives. Lorsqu’on avance dans la recherche, l’on comprend pourtant très bien que la proximité du local ne le rend pas plus facile d’accès, ni moins complexe. Le travail inductif est utile dans un double rapport imbriqué : la mise à distance et l’implication. En travaillant Alors que je travaillais depuis cinq ans sur l’évolution des carrières en entreprise, mon directeur de recherches m’interrogea sur la terminologie des mots au utilisés dans la culture d’entreprise et les confessions religieuses (Haberbüsch, 1999). Pour quelles raisons n’y avais-je pas pensé ? Toutes les définitions sont différentes, car elles sont souvent subjectives. C’était évident : il s’agissait d’une erreur de démarrage que la proximité ne m’avait pas permis de déceler mais qui me permit de collecter des informations foisonnantes.



L’émergence des terrains locaux montre que l’universalité est à notre portée, les migrations sont plus fortes. Le métier d’anthropologue a pour sujet ce que les gens construisent comme moyens d’existence. Paris observé depuis la France constitue un bon exemple de l’intérêt que représente ce local, dans sa diversité culturelle, dans son histoire (Monjaret, 2013). Dès que l’on s’éloigne du centre de la capitale, assailli par les touristes, Paris clame son universalité, ses migrations. Certaines lignes de métro sont si cosmopolites que la langue française se mêle à toutes les langues et autres dialectes dans la même équité. Alors, cet exotisme est-il ailleurs ? Est-il vous ? Est-il moi ?


Le local peut être exotique dans le sens où il a déjà la saveur de l’Autre, ses appartenances, ses habitus, ses croyances, ses usages. C’est la quête perpétuelle d’Albert Piette (2006, 2009, 2011) ; pour qui l’anthropologie est une passion qui l’implique complètement : « Non seulement elle imprègne tellement sa vie que celle-ci devient l'objet de sa propre réflexion mais, en plus de cette visée scientifique, elle est aussi capable de constituer un vrai projet de vie pour guider l'anthropologue dans sa vie quotidienne. » (2006).


Notre moi intérieur peut être exotique. Imaginons que c’est notre perception du monde qui permet d’en obtenir la connaissance en comparant ce que l’on sait d’autres sociétés à la nôtre. C’est dans cette comparaison que l’on reconnaît l’autre, en même temps que soi. Le chamane ne pense-t-il pas avoir l’intuition de l’univers ? Dans cette construction de soi, l’on découvre un monde entier intérieur : culturel, social, et son propre environnement naturel. Le point de vue du philosophe Hervé Barreau sur la perception du temps à l’intérieur de soi (Haberbüsch, 2013b) est intéressant. Nous sommes tous porteurs de nos cultures, de nos individualités. Internet offre des nouveaux choix qui rendent nos localités plus complexes. Les communautés d’appartenances, la pluralité des informations sont tellement si importantes que les individualités en sont complètement transformées au fur et à mesure que le réseau s’étend. Les localités témoignent de ces changements, leur observation est une clé de compréhension nécessaire.


Le rapport de réciprocité se pose comme une condition d’expérimentation et de connaissance, à l’instar du laboratoire du biologiste. L’ethnopsychiatre Jean-Claude Métraux en offre un bel exemple dans son ouvrage intitulé La migration comme métaphore (2011). Il y consacre un chapitre à ses propres migrations et filiations. La réciprocité est notre recontextualisation, et chaque étape de la collecte ethnographique ou de la comparaison anthropologique doit être contextualisée.


 
Cependant, « local », ne signifie pas « isolé ». L’approche inductive n’est pas une analyse de soi au sens psychanalytique. Certains d’entre nous se posent des questions sur le contre-transfert en anthropologie. Cependant, cet outil peut-il être utile à un anthropologue ? Ne dépasse t-il pas les fondements de sa recherche ? Si la pluridisciplinarité offre la richesse des regards nécessaires, certains outils sont dédiés à un usage déterminé. L’anthropologue n’est pas un psychanalyste. Le sujet est toujours l’Autre, même si on le définit par rapport à soi. Il faut préserver la conscience du social car c’est bien l qu’est le sujet des connaissances.  Beaucoup trop de recherches sont localisées, trop fermées et ne peuvent servir un système comparatif. La fragilité actuelle de notre discipline rend nécessaire de ne pas se concentrer pendant toute une vie sur une petite localité. En effet, le changement de perspectives renforce nos connaissances et nous nous formons au contact de la nouveauté. La pluridisciplinarité n’est pas un danger, mais une réflexion attendue  pour se renouveler. Enfin, si l’on veut rendre compte de la globalisation et des migrations actuelles et à venir, il faut aller plus vite vers les Autres. Les conclusions générales déduites à partir des savoirs individuels ne sont pas toujours exactes. C’est ce qu’enseigne l’archéologie : le repositionnement des recherches dans un cadre plus vaste est la condition des connaissances (Thiébault, 2012). Dans l’échange, les savoirs sont plus forts. L’exemple est donné par le mathématicien Bernard Beauzamy au cours d’une discussion sur les « nouvelles méthodes probabilistes pour une évaluation des risques » (Haberbüsch, 2011), à propos de la carotte glacière qui informe des données climatiques à un instant donné à cet endroit précis, sans rendre compte du climat global en l’absence de données comparées et confrontées à celles provenant d’autres disciplines que celles du géologue. La pluridisciplinarité recontextualise la connaissance. Les approches inductives sont importantes, les savoirs grandiront à être échangés, partagés, discutés.


Conclusion : aux nouveaux terrains de nouveaux outils.

Pour conclure, les connaissances et les pratiques actuelles montrent à quel point l’anthropologie a insufflé de nouvelles compétences dans toutes les disciplines, en biologie, en médecine par exemple. Elle a recentré leur sujet sur l’être humain dans sa constitution pleine et entière et non comme une entité ou biologique ou sociale. Il est passionnant d’en débattre avec les médecins à ce propos (Haberbüsch, 2014). La culture et l’environnement du patient font partie de ses soins et peuvent aussi apaiser ses maux. Dans la nature, là où se trouvent des venins, le remède est souvent à proximité. Dans les sociétés aussi peut-être.

Les échanges de plus en plus faciles et les migrations étendues invitent à conserver les cultures locales pour préserver la mémoire universelle. La diversité et la multiplicité des compréhensions du monde sont sa plus grande richesse. Nous sommes tous acteurs de ce monde, nous en sommes les témoins. Nos savoirs sont tous importants. Telle est la définition de la réflexivité. Peu d’entre nous rendent aux enquêtés leur recherches. Pourtant, c’est un beau moment de connaissances, de perspectives réflexives. La réciprocité rend la connaissance à son sujet et s’enrichit de la confrontation pour progresser.


L’anthropologie n’oublie pas sa pluridisciplinarité, elle est issue de toutes les connaissances, du savoir de toutes les disciplines. Elle ne doit pas la craindre, elle n’en sera pas dissolue. Elle doit les intégrer, les assumer, comme elle doit assumer le fait qu’elle soit la connaissance d’une personne sur des personnes. L’approche inductive lui permet d’affranchir ses savoirs avec plus de convictions. Le métier d’anthropologue a une très grande valeur. Il est observateur de tout ce qui est créé, tout ce qui est produit, dans quels buts et avec quels sens. L’ensemble des possibles, de ses professionnalisations, est vaste. Ces prochains métiers seront créés par les initiatives personnelles des chercheurs. Plus ils seront nombreux, plus ils seront diversifiés, plus l’anthropologie s’accomplira dans sa science. La précarité des jeunes chercheurs est alarmante. On leur laisse difficilement la possibilité de s’exprimer quand ils ne deviennent pas statutaires. Ils sont actifs, ont choisi toutes ces difficultés qui pèsent sur leur vie sociale et professionnelle car ils veulent participer à ces humanités. Il faut les laisser discuter, leur offrir la parole. Ce fut l’une des motivations de créer une édition complémentaire, indispensable pour leur offrir une place. La richesse de leurs initiatives est passionnante, pourquoi ne pas les soutenir tandis qu’ils ont la volonté de changer nos métiers de demain et qu’ils expérimentent de nouvelles pistes ?

C’est dans la fédération et la discussion des perspectives que nous trouverons l’oxygène dont l’anthropologie a besoin. Un enseignement émerge de ces entretiens menés en confrontant les générations : on vit l’anthropologie comme on vit soi. La découverte de l’homme est une passion. La satisfaction personnelle est créative. Mihaly Csikszentmihalyi et Martin Seligman défendent l’idée selon laquelle « la vie qui a un sens » est associée au plus haut de niveau de satisfaction : « mettre ses compétences au service d’une cause plus grande que ses seuls intérêts personnels. », se sentir « profondément lié au destin de l’univers et de l’humanité » (Berthou, 2003). Cette approche rejoint les derniers travaux sur le bien-être apporté par la méditation, pratique ancestrale qui fait écho au retour sur soi pour aller vers les autres. L’ouverture devient plus grande et l’imprégnation a plus de possibles. Le chercheur est celui qui foule un sol vierge, sans peur. Dans la découverte, son propre soi délimite ce qui appartient à l’autre. Cette rencontre fait partie de l’accomplissement de soi. A ce sujet, certains anthropologues sont devenus essayistes pour rendre à l’homme ce qu’ils avaient appris de lui : Philippe Laburthe Tolra (1986), Jean Nke Ndih (2010), Nigel Barley (2001a, 2001b) et Jacques Lombard (2012). Cette ouverture discursive fait partie de lui-même. La réciprocité fait partie de ce travail où la personne s’affranchit du chercheur, et réciproquement. L’étude de l’Autre commence par une recherche sur soi pour se distinguer de l’Autre.

Ne pas avoir peur du changement définit notre discipline : changer, muer et l’enrichir. « Le savoir est comme l’amour, c’est la seule chose que le partage grandit » (Haberbüsch, 2007 : 299).


Notes

1. Le Portail des sciences humaines, repérés respectivement à  http://www.anthropoweb.com/Itineraires_r99.html et à ,http://www.anthropoweb.com/Portraits_r104.html, 5 mai 2014.
2. Michel Leiris a volontairement publié L’Afrique fantôme (2003 (1934)) tandis que l’ouvrage de Bronislaw Malinowski a été publié à titre posthume, préfacé par sa seconde épouse (1985).
3. Mireille Helffer, ethnomusicologue, Directeur de recherche honoraire CNRS, série de cinq entretiens enregistrés en 2010, non publiés.
4. Paul Rivet participe à la fondation de l’Institut d’ethnologie et à la création du Musée de l’homme.
5. Africaniste, elle éditera le Manuel d’ethnographie à partir des cours de Marcel Mauss (1947).
6. Marcel Griaule.
7. Un des premiers ethnocinéastes, réalisateur de Moi un noir (1958), Cocorico Monsieur Poulet (1974).
8. A qui l’on doit notamment : Le Coran : essai de traduction  (2002).
9. A qui l’on doit la notion de « rites de passage ».
10. Les trois premières sections étant consacrées aux mathématiques, aux physiques, aux chimies et aux sciences de la terre.
11. Repérés à http://www.anthropoweb.com/Itineraires_r99.html, rubrique créée en décembre 2012.
12. Repérés à http://www.anthropoweb.com/Portraits_r104.html, rubrique créée en novembre 2013.
13. www.ethno-web.com (2004-2009).
14. Création d’entreprise : octobre 2009, ouverture publique du Portail : novembre 2010.
15. «Le problème de ce destin éventuel, aussi flou ou ténu soit-il, est aussi celui de la responsabilité de la valeur vérité de toute recherche", (Jaulin, 1999 : 15).
16. Cité Jacques Vallerant, article « Georges-Henri Rivière », Encyclopaedia Universalis.


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Pour citer cet article : Sophie Haberbüsch : "Mon savoir des hommes. De la scientificité des approches inductives. Un regard français"17 octobre 2014, http://www.anthropoweb.com/Mon-savoir-des-hommes-De-la-scientificite-des-approches-inductives-Un-regard-francais_a686.html , ISSN : 2114-821X, Le Portail des sciences humaines, www.anthropoweb.com   .

Vendredi 17 Octobre 2014