Du Tribunal comme Galerie


Les tribunaux d’Ancien Régime étaient de véritables galeries d’art(1). De toutes les cours de justice du royaume, les parlements possédaient la décoration la plus présente, la plus complexe et, bien souvent, la plus aboutie. Parmi eux le parlement de Paris faisait figure de primus inter pares. De très beaux plafonds peints par les meilleurs artistes du moment, de magnifiques tableaux disposés sur les murs côtoyaient parfois des tapisseries provenant des meilleures manufactures de France. Le programme iconographique de ces tribunaux, visait à exalter des vertus chères au bon fonctionnement de la société. Alors que nombres de personnes qui se retrouvaient dans ces lieux avaient rompu l’ordre social, le décor rappelait que ces espaces avaient pour mission de le rétablir. La Justice constituait évidemment l’allégorie la plus honorée. Ainsi, au XVIIe siècle, les parlements de Bretagne, de Bourgogne, le palais de justice de Lyon se virent embellis, respectivement, par des œuvres de Jean Jouvenet (1644-1717) et Noël Coypel (1628-1707), Gabriel Revel (1643-1712) et Thomas Blanchet (1614-1689). Au XVIIIe siècle la quasi totalité des parlements de province était en place. Toutefois, en 1714, le parlement de Flandre fut transféré de Tournai à Douai. Sa Grand’Chambre ne fut aménagée qu’à partir de 1762 et donna lieu à la réalisation de six tableaux allégoriques par Nicolas-Guy Brenet (1728-1792). De plus, d’autres commandes ponctuelles vinrent enrichir les décorations préexistantes des divers tribunaux.
Mais une particularité frappe l’observateur de ce décor judiciaire, la présence importante de scènes religieuses. L’étude de cette présence pourrait apparaître comme une digression de notre propos ; il n’en est rien. En effet, il s’agissait également d’une des formes de justice idéalisée qui subit les foudres de la Révolution française et voisina avec les allégories traditionnelles de la justice.

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Du Tribunal comme Galerie
Rédigé le Mardi 16 Mars 2010


ISSN 2114-821X



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