Cette céramique est bien connue et a fait l’objet d’une classification rigoureuse par E. Gjerstad(1). Il s’agit d’un matériel très reconnaissable, bien documenté et qui constitue un marqueur chronologique assez fiable. Comme on vient de l’évoquer, l’une des caractéristiques principales de cette production est son aire de diffusion : nos recherches nous ont permis de recenser la présence de ce matériel sur plus de 220 sites archéologiques à travers tout le bassin méditerranéen(2).
Dès lors, cet article n’aura pas pour ambition d’être exhaustif, il s’agira seulement de pointer les régions qui ont livré de la céramique chypriote et de revenir sur les problématiques liées à ce matériel présent aussi bien en Anatolie ou en Egypte que sur les îles égéennes.
1. La répartition de la céramique chypriote autour du bassin méditerranéen : un aperçu
Pour commencer, il parait nécessaire de revenir sur les principaux sites qui ont livré du matériel chypriote ainsi que sur les types de céramiques qui y ont été retrouvés.
L’Anatolie
Les trouvailles archéologiques attestent de relations anciennes entre l’Anatolie et l’île de Chypre : des contacts ou au moins des rapprochements ont certainement eu lieu dès le Néolithique. Au Bronze Récent, Chypre entretient des liens étroits avec le Hatti qui va essayer d’étendre sa domination sur l’île à partir de c. 1400 av. J. C. A cette période, les Hittites annexent le Kizzuwatna, ce qui étend largement la bande côtière qu’ils tenaient au Sud-Est de l’Anatolie(3). Dès lors, leur mainmise sur le port d’Ura, situé en face de Chypre, explique les prétentions formulées par les rois Hittites sur le pays d’Alašiya(4).
Toutefois, la céramique chypriote d’Anatolie est encore assez mal connue, malgré certaines études récentes(5). Sa présence est attestée au sein de 12 sites : 5 bols à lait White Slip II Ware, un bol profond Monochrome Ware et quelques fragments de céramique Base-Ring Ware ont été retrouvés à Tarse(6). Les mêmes fabriques sont présentes à Yümüktepe Mirsin(7). Un tesson de White Slip II Ware a été trouvé à Kabarsa(8) et un autre de Black Slip Ware à Tarmil(9). Un petit nombre de White Slip II et de Base-Ring II sont aussi signalés par M.-H. Gates à Kinet Höyük, on remarque d’ailleurs que la quantité d’importations est très faible par rapport à l’importante quantité de céramiques retrouvée sur le site(10).
Dans la plaine d’Amuq, on mentionne de la Base-Ring Ware et de la Monochrome Ware à Çatal Höyük(13) et à Sabouni(14) ainsi que dans le plateau central anatolien à Boğazköy(15) et Maşat Höyük(16). D’autres trouvailles isolées ou d’origines douteuses sont évoquées par I. Todd dans l’article qu’il consacre à la question(17).
Les sites de la côte ouest de l’Anatolie, à savoir Troie(18) et Milet(19) ont aussi livré du matériel chypriote. Toutefois ils sont à considérer à part dans la mesure où ils faisaient partis non pas du Hatti mais de l’empire des « hommes d’Ahhiyawa »(20), d’où la présence importante de céramique chypriote à cet endroit.
Un des problèmes concernant la céramique de cette période reste la présence de la Red Lustrous Ware, à savoir une céramique rouge lustrée dont l’origine fait toujours débat. La première classification de cette céramique a été établie par E. Gjerstad(21), elle a ensuite fait l’objet de plusieurs recherches, par E. Sjöqvist(22), puis par R.S. Merrillees(23). Ces auteurs penchent pour une origine nord syrienne. Le problème est repris par J.-C. Courtois en 1978, il évoque l’hypothèse d’un centre de fabrication bien localisé qui aurait ensuite exporté de l’Anatolie centrale jusqu’à l’Egypte en passant par la Cilicie, la Syrie du
Nord, la Palestine et Chypre(24).
Une nouvelle étude effectuée en 1991 par K.O. Eriksson passe en revue la Red Lustrous Ware retrouvée au Proche-Orient en étudiant sa distribution, son contexte et sa chronologie(25). L’auteur conclut à une origine chypriote et relève la présence de cette céramique sur plusieurs sites anatoliens dont les plus importants sont : Boghazköy, Maşat Höyük, Alişar, Alaça Höyük, Eskiyapar, Kültepe-Kanesh, Korucutepe, Tepecik, Beycesultan, Troie, Tarsus, Mersin et Porsuk.(26)
Toutefois, en 1996, P. Darcque évoque à nouveau l’éventualité d’une origine syrienne(27) bien que selon J.-Y. Monchambert, les signes incisés ont un caractère chypro-minoen marqué, ce qui rend cette hypothèse peu plausible.(28) Cependant, cela n’atteste toujours pas avec certitude du caractère chypriote de cette production.
Malheureusement le matériel chypriote d’Anatolie reste assez mal publié, par conséquent nous n’avons qu’une vision partielle des découvertes effectuées qui doivent certainement être beaucoup plus importantes en réalité.
1.2 Le Levant
La céramique chypriote du Levant est mieux documentée, les découvertes archéologiques montrent que les sites des côtes syriennes, libanaises et palestiniennes ont reçu de grandes quantités de céramiques méditerranéennes tout au long du IIe millénaire av. J.-C, qu’il s’agisse de céramique crétoise, mycénienne ou chypriote. Ceci semble avant tout être dû à la proximité géographique entre l’île et ces royaumes : à titre d’exemple, Chypre est située à moins de 200 kilomètres de Ras Shamra/Ougarit, l’un des sites archéologiques majeurs de la côte syrienne.
En effet, le royaume d’Ougarit bénéficiait d’une position clé soutenue par un port important, celui de Mahadu/Minet el-Beida ainsi que par l’établissement secondaire de Ras Ibn Hani fondé au XIIIe siècle av. J.-C., preuve de la prospérité du royaume à cette époque.
Trois corpus sur la céramique ont été publiés par la mission archéologique de Ras Shamra. Le premier corpus regroupe la céramique des fouilles de 1929-1939(29), le second celle des fouilles de 1959-1968(30) et le dernier celle des fouilles de 1975-1976(31). Ces trois publications sont malheureusement incomplètes, souvent peu précises, mais elles nous ont permis de recenser plus de 350 fragments attestés chypriotes mais ce nombre a du être démultiplié depuis. La présence de céramique chypriote est d’ailleurs attestée sur plusieurs tells autour de Ras Shamra : Qala‘at ar-Rouss, Rousset es-Simhéni, Jabal al-Qal‘a, Qal‘at as-Syriani et Tell Nahr al-‘Arab(32).
D’autres sites côtiers dont les découvertes sont moins importantes quantitativement gagnent à être signalés, comme Ras Bassit(33) ou encore Tell Sukas(34), à 25 km au S-E de Lattaquié. Des fragments ont aussi été retrouvés lors de sondages sur deux sites au Sud de Tartous : Tabat al-Hamman et Tell Simiriyan(35).
Même si elle est souvent réduite à l’état de fragments, la céramique importée de Chypre est relativement abondante à Tell Kazel. Ce site est situé à 3,5 km de la mer, sur une route menant vers la Syrie intérieure. Au moins 70 vases ont été découverts, provenant de fabriques diverses : Red-on-Black Ware, White Painted Ware, Base-Ring Ware, White Slip Ware, Monochrome Ware et White Shaved Ware(36). A part les trois exemplaires de Red-on-Black Ware et de White Painted Ware qui peuvent appartenir au Bronze Moyen, les autres fabriques sont caractéristiques du Bronze Récent. Les « bols à lait » White Slip Ware de Tell Kazel sont des objets fonctionnels de qualité assez moyenne mais ils restent supérieurs à la production locale. Au contraire, en Base-Ring Ware sont essentiellement présentes les variétés de cruches et cruchettes assez soignées.
Toujours sur la côte mais encore plus au sud, le Chantier 1 du site de Tell Arqa a livré 396 fragments ou objets en céramique importés de l’Ouest et datant de l’âge du Bronze Récent : 367 proviennent de Chypre et 29 sont mycéniens. Les importations chypriotes constituent près de 92 % du total des importations de l’Ouest à Tell el-Arqa(37) et la plupart des fabriques de céramiques chypriotes importées au Levant à l’Âge du Bronze y sont représentées.
Au Liban, M. Yon évoque aussi la présence de céramique chypriote à Tripoli et à plus à l’Est à Tell Ardé(38).
En continuant le long de la côte, nous arrivons à Byblos où les fouilles ont été fructueuses : les recherches effectuées par Pierre de Montet dans la Tombe V en 1926 ont révélé la présence de céramique chypriote. Par ailleurs, la Tombe K fouillée en 1972-1973 par M. Dunand et publiée par J.-F. Salles a livré 18 individus complets ainsi que les fragments d’au moins 30 vases White Slip I et White Slip II. On y trouve aussi de la Base-Ring Ware, White Painted VI Ware, Black Slip V Ware, Monochrome Ware et White Shaved Ware. Au final, La céramique chypriote représenterait près de 9% des vases du IIe millénaire des tombes de la nécropole K(39).
De m ême, à Beyrouth, les fouilles entreprises par L. Badre montrent la présence importante de matériel chypriote dans la ville du IIe millénaire av. J.-C. Cette dernière signale la grande ressemblance de ce matériel avec celui de la tombe 4253 du site d’Ougarit(40).
Dans son étude effectuée en 1978, R. Saidah(41) montre que le site de Sidon ainsi que sa région sont aussi riches en importations(42). Selon ce dernier, la céramique chypriote y représente 20,3% de la céramique importée d’Occident. La fabrique la plus présente est la Base-Ring II, avec des cruches, des bols à anse ogivale et des bols à anse verticale ; viennent ensuite les cruches et cruchettes Base-Ring I, les cruchons White Shaved Ware, la céramique White Slip II et la White Painted VI Ware (43).
A Sarepta, près de Sidon, la céramique importée est principalement grecque et chypriote. Les imports les plus anciens sont chypriotes, il s’agit de fabriques de la fin du Bronze Moyen telles que la White Painted Hand-Made III-IV Ware « Alternating Broad Bands and Wavy Line Style », la « Pendent Line Style » et la White Painted Hand-made V « Framed Broad Band Style ». On a également retrouvé des fragments de Red Slip Hand-made II et de la Red-on-Black Ware. Durant la période suivante, la tradition White Painted Hand-made perdure à Chypre et est représentée à Sarepta par un askos zoomorphe et deux individus du « Soft Triglyphic Style » en plus d’un exemple de White Painted Wheel-made I Ware. Un échantillon conséquent de céramique des périodes du Bronze Récent I-II est aussi présent avec les fabriques les plus caractéristiques : Monochrome Ware, Base-Ring II et White Slip II(44).
A quelques kilomètres de là, le matériel retrouvé à Tyr a aussi fait l’objet d’une étude par P.M. Bikai. Elle estime qu’un peu plus de 4% de la céramique retrouvée est constitué d’imports(45). L’analyse de ces poteries nous montre un développement qui va de l’Age du Bronze Récent au Fer Récent. Dans les strata XVII et XVI, environ 24% de la céramique est chypriote et plus de la moitié des fragments de cruches des strata XVII à XV sont de la White Shaved Ware. Au stratum XIV, la proportion de céramique chypriote chute brutalement à 4%. Au stratum XIII on note un changement dans la forme : la White Painted et la Black Slip Ware deviennent plus importantes(46).
Ainsi, les sites côtiers sont ceux où la plus grande quantité de matériel a été trouvée, car les navires chypriotes y débarquaient directement leur cargaison. Celle-ci était ensuite redistribuée à l’intérieur du pays par voies terrestres, d’où sa présence au sein de plusieurs sites situés à l’intérieur des terres, comme Qatna(47), Hama(48), Tell el-Ghassil(49), Khan Sheikhoun(50), Umm el-Marra(51), Deir el-Ades(52), Kamid el-Loz(53), Qadesh(54), Tell Afis(55), et à l’Est jusqu’à Meskéné-Emar où sont signalés une bouteille Base-Ring Ware et un tesson de bol à lait White Slip Ware(56).
La céramique chypriote découverte en Palestine et au Canaan a aussi fait l’objet de recherches à parts entières. Parmi les premiers travaux effectués nous pouvons citer ceux d’E.D. Oren(57) et B.M. Gittlen(58) effectués respectivement 1969 et 1975.
Nous allons continuer par un autre grand port, le site archéologique de Tell Abu Hawam. Il a fourni de nombreuses importations chypriotes et a fait l’objet d’une thèse effectuée par J. Balensi qui reprend les travaux de R.W. Hamilton(59). La céramique de Tell Abu Hawam comprenait alors au moins 200 unités, il y en a certainement beaucoup plus à présent. Les fabriques relevées dans l’étude de J. Balen sont les suivantes : Red-on-Black Ware, Monochrome Ware, Pseudo Monochrome Ware, Base-Ring Ware, White Slip Ware, White Shaved Ware, Coarse Ware, Plain White Ware, Proto White Painted Ware, White Painted Ware, Bichrome Wheel-Made Ware(60).
Il s’agissait d’un endroit stratégique et d’une « plaque tournante » commerciale. On y a découvert beaucoup de céramique chypriote brisée. En effet, lorsque la cargaison arrivait de Chypre, la céramique qui était cassée restait sur place et celle qui était entière était redistribuée. On relève la présence de beaucoup de bols, ce qui peut s’expliquer de manière pratique : quand il y avait de la place dans la cale des navires on remplissait le vide avec des marchandises légères et petites, comme des bols en céramique. A titre d’exemple, on a retrouvé de grandes jarres de type pithoi remplies de petites tasses Base-Ring Ware, afin de gagner de la place dans les cales des navires(61).
D’autres découvertes mais dans des quantités moindres sont présentes à Ashdod(62) et Ashkelon(63), mais les publications partielles ne permettent pas d’avoir une connaissance exacte du matériel retrouvé.
Par ailleurs, en 1974, R.S. Merrillees publie un corpus assez restreint de la céramique importée du Bronze Moyen du site de Gaza/ Tell el-Ajjul en se basant sur les fouilles de Pétrie(64). En ce qui concerne la fin du Bronze Moyen et le tout début du Bronze Récent, on remarque que les assemblages de céramique Proto White Slip et White Slip I découverts à Tell el-Ajjul sont extrêmement diversifiés(65). La majorité des imports retrouvés sur le site sont chypriotes, en plus des fabriques déjà citées on y trouve de la Red-on-Black Ware, Red Lustrous Wheel-made Ware, Base-Ring Ware, Bichrome Wheel-made Ware et peut être la Black Lustrous Ware(66).
A quelques kilomètres de la côte, les sites d’Hazor(67), Megiddo(68), Tell Farah(69), Gibeon(70), Lashich(71), Gezer(72) et Tell Beit Mirsim(73) ont aussi livré d’importants corpus. On peut y ajouter Shiloh(74), Tell Dan(75), Tell Aphek(76) et Tell Kabri(77). Ces sites archéologiques ont fait l’objet d’études à part entières sur lesquelles nous ne revenons pas.
Nous souhaitons toutefois nous attarder sur certains imports chypriotes ont aussi été retrouvés plus à l’intérieur des terres, dans la vallée du Jourdain comme à Jérusalem(78), Jéricho(79) et surtout Beth Shean. A. Mazar nous fournit quelques chiffres sur ce site: selon lui, les imports représentent 0,5% de la céramique à Beth Shean(80), céramique chypriote et mycénienne confondues. La pauvreté des imports chypriotes est intéressante. Il semblerait que Beth Shean, comme beaucoup d’autres sites de la vallée du Jourdain, ne faisait pas parti du milieu qui commerçait intensément avec Chypre à cette période. Peut-être parce que les connexions commerciales de cette région étaient orientées vers l’intérieur ou bien vers le nord.
Enfin, en Jordanie, de la céramique Base-Ring Ware I et II a été retrouvée à Irbid(81), de la Base-Ring II à Tell es-Sahidiyeh(82) et de la Base-Ring Ware I et II ainsi que de la White Slip II à Amman(83). On peut aussi signaler le site de Tell Abu Al-Kharaz, la poterie importée n’y est pas commune mais quelques exemplaires proviennent de Chypre(84).
Il parait important de revenir sur les trouvailles de la Tombe 62 de Pella qui semblent constituer une exception. Cette tombe contient de nombreuses poteries chypriotes du Bronze Moyen II et du début de l’Age du Bronze Récent. La grande quantité de céramique chypriote dans cette tombe peut être une indication sur l’identité des propriétaires. Certaines hypothèses suggèrent que la Tombe 62 aurait pu appartenir à une lignée royale de Pella, c e qui expliquerait la présence de ce matériel(85).
Ainsi, les imports chypriotes sont extrêmement courants au Levant, ce qui peut s’expliquer par plusieurs facteurs : tout d’abord la proximité avec l’île de Chypre qui constitue un élément majeur, ensuite la présence de ports importants riches en infrastructures tout au long de la côte. Ces ports dépendaient de cités prospères généralement placées sous protectorat hittite comme c’était le cas en Syrie du Nord ou bien sous protectorat Egyptien, comme au Canaan. La présence de ces deux grandes puissances, malgré des périodes de tensions et de conflits plus ou moins ouverts, ont permis d’assurer une relative stabilité dans la région et de réguler les rivalités entre les royaumes moins importants, surtout lors de la période suivant la bataille de Qadesh (c. 1274 av. J.-C.) et le rétablissement d’une paix durable entre les deux empires(86). Par ailleurs, les systèmes de dons et de contre dons ainsi que les échanges entre les Grands Rois et leurs vassaux ont encouragés la circulation des hommes et des marchandises entre les cités.
1.3 - L’EgypteNous ne reviendrons pas en détail sur la céramique chypriote d’Egypte, qui a fait l’objet d’une thèse de doctorat effectuée par R.S. Merrillees et publiée en 1968(87). Il effectue l’étude du matériel chypriote de 50 sites archéologiques (plus quelques individus dont la provenance n’a pas été identifiée et qui sont regroupés sous le terme « Egypt »). Il relève un seul fragment appartenant éventuellement à la fabrique Black Slip II à Buhen(88). Néanmoins, plusieurs fabriques sont présentes : White Painted Pendent Line Style, White Painted Cross Line Style, White Painted VI, Base-Ring I, White Slip I, Red Lustrous, Base-Ring II et White Slip II.
La céramique chypriote d’Egypte est majoritairement retrouvée dans des contextes funéraires alors que la céramique chypriote du Levant se trouve aussi dans des contextes d’habitat. On retrouve de fait beaucoup plus de formes utilitaires en Syrie et au Levant. Cela serait-il dû au hasard des découvertes ? Ou bien au fait qu’en Egypte les fouilles aient surtout porté sur des tombes?
De même, il est étonnant de constater que ce n’est pas la céramique White Slip Ware qui est la plus diffusée en Egypte mais la céramique Base-Ring Ware, surtout la Base-Ring I sous la forme de cruchettes particulières aussi appelées « bilbils »(89). Peut-on en déduire que cette céramique correspondait mieux aux goûts des Egyptiens ? Nous reviendrons sur cette question par la suite.
Par ailleurs, des découvertes récentes effectuées à Tell el Dab’a et Ezbet Helmi viennent apporter de nouveaux documents pour l’étude des rapports entre Chypre et l’Egypte. Les fouilles effectuées par M. Bietak ont permis de mettre au jour au moins 500 pièces de céramiques chypriotes(90) dont beaucoup datent du Bronze Moyen II avec la présence de White Painted Pendent Line Style, White Painted Cross Line Style, White Painted V, White Painted Alternating Broad Band and Wavy Line Style, White Painted Composite Style, Red on Black Ware, Plain Ware et de Bichrome Ware. La présence de nombreuses céramiques chypriotes dès le Bronze Moyen II attestent du développement précoce de liens commerciaux étroits avec l’île.
Ezbet Helmi a aussi livré une grande quantité de céramique du Bronze Récent(91) dont de la Base-RingI Ware, de la White Slip Ware, de la White Painted VI et de la Red Slip Wheel-made Ware. On y trouve également de la céramique Bichrome et des imitations de fabriques chypriotes(92). On peut souligner que la céramique Base-Ring I Ware reste de loin la fabrique la mieux représentée sur le site(93).
Par ailleurs, une découverte étonnante a été effectuée en 1985 lors des fouilles effectuées par Oric Bates puis par Donald White à Bate’s Island, dans le lagon de Marsa Matruh, au large de la Libye. Ils y ont mis au jour du matériel archéologique daté du Bronze Récent : environ 60% de ce matériel est constitué de céramique chypriote White Slip I, White Slip II, Base-Ring I et II, Red Lustrous, Plain White, Monochrome Ware et Pithos Ware(97). On y a également trouvé de la céramique égyptienne et mycénienne, mais en nombre moins important, ainsi que des fragments d’œufs d’autruches. Pour le moment, cet ensemble est daté du XIVe siècle av. J.-C., au vu de la céramique. On peut souligner le caractère quantitativement exceptionnel de l’ensemble de céramique chypriote retrouvé sur ce site par rapport aux quelques éléments égyptiens et mycéniens qui y ont été découverts.
1.5 Le Monde Egéen
Toutefois, les découvertes concernant la céramique chypriote ne se limitent pas à la méditerranée orientale. Plusieurs exemplaires ont aussi été trouvés en Grèce ainsi que dans les îles égéennes.
Ainsi, dans l’étude qu’il consacre à la question, E. Cline évoque près de 40 objets chypriotes retrouvés sur le continent, 54 en Crête, 20 à Rhodes et 10 dans différentes îles de la méditerranée(98). Plus de la moitié du matériel qu’il recense est constitué de céramique (68 individus sur 124 au total) (99). La plus grande partie de cette céramique est composée de milk-bowls de qualité ainsi que de bilbils Base-Ring Ware. Le « bol à lait » chypriote serait même la céramique la plus souvent importée dans le monde égéen, juste après la « jarre cananéenne »(100).
De la céramique White Slip II a été retrouvée sur le site de Tirynthe en Grèce continentale ( 2 fragments)(101). On a également retrouvé en Crête à Katsamba, Knossos, Mallia, Khania (Kydonia)(102) et surtout à Kommos (28 individus)(103). Cette céramique est aussi présente dans les îles à Ayia Irini (Kea)(104), dans la tombe 19 d’Elona sur l’île de Kos(105), à Phylakopi sur l’île de Melos(106), à Akrotiri(107) à Théra, ainsi qu’à Ialysos et Trianda à Rhodes(108).
D’autres fabriques sont aussi présentes : des cruches et fragments de cruchette Base-Ring II(109), une cruchette de fabrique inconnue, une cruchette Base-Ring I, une autre cruchette White Shaved Ware(110) et trois pithoi(111) ont été trouvés à Kommos. Toujours en Crête, deux tessons de White Painted IV /V Pendent Line Style à Kato Zakro(112).
Il évoque également la découverte d’une anse de cruche Plain White Wheel-made I Ware (113) et de deux cruchettes Base-Ring I à Ialysos (Moschou Vourna) à Rhodes(114). Enfin, une cruchette White Shaved Ware a été retrouvée à Tirynthe(115).
Comme pour l’Anatolie, se pose le problème de la provenance des Spindle Bottle en Red Lustrous Wheel-Made Ware qui sont présentes à Kommos et Gournia en Crête et à Trianda à Rhodes(116). Par ailleurs, d’autres vases chypriotes mais dont l’origine peut parfois être douteuses sont évoqués par R.S. Merrillees(117).
1.6 L’Italie
La présence de céramique chypriote est relativement rare en méditerranée centrale si l’on compare les découvertes avec celles qui ont été effectuées en méditerranée orientale. De la céramique chypriote a été retrouvée au sein de seulement quelques sites en Italie : à Eboli en Campanie et à Scoglio del Tonno, près de Tarente en Apulie(118).
Cela est-il dû au hasard des découvertes archéologiques ou bien à une mauvaise reconnaissance de ce matériel ?
Parmi les découvertes effectuées dans les îles nous pouvons citer celles de Cannatello en Sicile où ont été retrouvées 3 anses de jarres de stockage incisées de signes qui semblent se rapprocher des signes chypro-minoens(119). On peut y ajouter un grand pithos décoré de vagues horizontales(120) et deux tessons de White Slip Ware(121). De la céramique chypriote ainsi que des flacons en forme de bilbils mais de fabrique non identifiées ont également été trouvés dans la tombe D de Thapsos, avec de la céramique locale et de la céramique mycénienne(122). Un flacon Base-Ring Ware plus tardif est exposé au musée de Syracuse(123).
Par ailleurs, trois tessons de pithos chypriote ont aussi été découverts en Sardaigne à Nauraghe Antigori(124) ainsi que des tessons d’anse de céramique Base-Ring II(125). Les analyses pétrographiques effectuées(126) montrent de grandes similitudes avec les productions de Kalavassos ainsi qu’avec les découvertes de Kommos en Crête(127). On remarque que la céramique chypriote est très minoritaire en Sardaigne comparée à la céramique de Grèce ou de Crête. Toutefois, la présence de nombreux lingots de cuivre, d’objets ou d’outils en bronze de provenance chypriote en Sardaigne atteste des échanges entre les deux îles(128).
Selon L. Vagnetti, les rapports les plus anciens entre Chypre et la méditerranée centrale semblent dater de la fin du XIVe et du début du XIIIe siècle av. J.-C. si on se base sur les découvertes effectuées en Sicile. Les contacts ont du être étendus à la Sardaigne à partir de la fin du XIIIe siècle av. J.-C. avant de devenir plus intensifs aux XIIe et XIe siècles av. J.-C. (129)
2. Quelques interrogations soulevées par l’étude de la céramique chypriote du Bronze Récent
2.1. Pourquoi une telle diffusion ? Fabriques, qualités et contenus.
Après cet aperçu de la répartition de la céramique chypriote en méditerranée, la première question qui se pose est celle des raisons de son succès. Quelles sont les fabriques les plus présentes à l’extérieur de Chypre et pourquoi ?
Tout d’abord, nous pouvons constater que l’on ne retrouve pas les mêmes quantités de céramiques ni les mêmes fabriques dans chaque région. Il n’est pas question d’étudier en détail les spécificités régionales dans cet article, mais nous pouvons tout de même effectuer quelques observations de base :
En Anatolie, les publications évoquent surtout la présence de Monochrome Ware, Base-Ring Ware et White Slip Ware, ainsi que de Red Lustrous Wheel-made Ware. La qualité des publications ne permet pas toujours de connaître le contexte de découverte, toutefois on doit signaler la très grande quantité de céramique chypriote retrouvée à Tell Atchana. La plus grande partie de la céramique chypriote du site provient du niveau IV du palais royal de Niqmepa, on y remarque une variété de fabriques plus importante que sur les autres sites. Cela pourrait-il attester de relations particulières avec Chypre ? Ou bien d’un goût prononcé des élites locales pour « l’exotisme » chypriote ? (130)
Au Levant, nous retrouvons la quasi-totalité des fabriques présentes à Chypre, avec la présence de céramiques utilitaires (cruches, bols etc.) et de céramique plus « fine » telle que les cruchettes Base-Ring Ware. La céramique chypriote est présente aussi bien en contexte urbain qu’en contexte funéraire. Cette variété n’est pas aussi flagrante en Egypte où la plus grande partie de la céramique chypriote retrouvée est constituée de Base-Ring Ware, notamment de « bilbils » qui ont été le plus souvent découverts en contextes funéraires.
Enfin, plus on s’éloigne de Chypre et plus la quantité ainsi que le nombre de fabriques présentes s’amenuisent. Les fouilles en Egée et en Italie on surtout livré de la White Slip Ware, voire de la Base-Ring Ware, les autres fabriques étant minoritaires ou n’ayant livrées que des éléments isolés.
Dans tous les cas, une étude détaillée des fabriques, des formes ainsi que de leurs contextes de découvertes reste à effectuer.
Néanmoins, quelle que soit la zone géographique nous remarquons une constante présence des céramiques White Slip Ware et Base-Ring Ware. Pouvons-nous en déduire que certaines fabriques ou bien certaines formes de vases étaient plus particulièrement destinées à être exportées ?
Pour répondre à cette question, il faudrait également entreprendre une étude de la fréquence de chaque fabrique et de chaque forme sur l’île de Chypre et la comparer aux découvertes effectuées en dehors de l’île. Cela permettrait de déterminer si certains vases n’étaient pas surtout voués à être diffusés en dehors de Chypre. Un tel travail reste à entreprendre, mais les découvertes archéologiques nous permettent déjà de disposer de quelques éléments.
Ainsi, sur certaines productions, on peut remarquer à l’extérieur de plusieurs séries une ligne horizontale qui fait le tour de l’ouverture en passant sous l’anse, l’engobe n’a pas la même couleur au-dessus et au-dessous de cette ligne. Cette particularité se retrouve sur les tasses Base-Ring Ware ainsi que sur les bols White Slip Ware et Monochrome Ware. L’explication de ce phénomène réside dans la façon dont les vases sont empilés dans le four pour y être cuits, emboités les uns dans les autres. Toutes les parties n’étaient alors pas exposées de la même manière à l’atmosphère du four, c’est ce qui explique cette différence de couleur. Cela indique que certaines céramiques étaient produites en grande quantité et même peut être en série(131).
C’est entre autre le cas des « bols à lait » White Slip Ware. Cette production était très prisée, nous pouvons toutefois nous interroger sur l’usage qui en était fait ainsi que sur l’appellation de « bol à lait ». En effet, il est très vraisemblable que ce récipient, qui est défini stricto sensus comme un « bol à calotte hémisphérique et anse ogivale » ait eu des usages bien plus variés, comme celui d’écuelle par exemple.
La première caractéristique des bols White Slip Ware est leur décor. Les motifs ainsi que leur localisation suggèrent que les bols à lait ont pu être accrochés au mur après usage pour servir d’ornement. Cela a certainement accentué l’intérêt porté à cette production, notamment au Levant où la céramique d’usage commun était souvent monochrome.
Toutefois, le succès des productions chypriotes ne s’explique pas seulement par leur décor : leur grande diffusion est tout d’abord dû à leurs qualités techniques. Par exemple, à Tell Kazel, la finition des bols White Slip Ware et même Monochrome Ware en faisaient des vases à boire d’un contact plus agréable que les bols de fabriques locales, plus rugueux et poreux(132).
Par ailleurs, V. Karageorghis propose une nouvelle hypothèse selon laquelle les propriétés de cette céramique pourraient dénoter une modification des habitudes alimentaires à Chypre(133). L’apparition de la White Slip Ware serait dûe à une volonté conjointe d’avoir une céramique usuelle esthétique (comme les céramiques de la fabrique White Painted Ware de la fin du Bronze Moyen) mais avec aussi de bonnes propriétés thermiques ainsi qu’une imperméabilité leur permettant de manger des mets chauds, particulièrement des liquides comme de la soupe. Ceci expliquerait l’absence de peinture à l’intérieur des bols, puisque la chaleur la dégraderait. On peut d’ailleurs signaler que les propriétés exceptionnelles des bols White Slip Ware sont dûes à leur cuisson à haute température qui excède les 1080°C(134). Ce sont ces qualités associées à un changement d’habitudes alimentaires qui expliquerait leur large diffusion au sein des centres avec lesquels commerçait Chypre.
Nous souhaitons désormais nous intéresser à une autre catégorie particulière, à savoir les « bilbils » Base-Ring Ware qui sont en fait de petits flacons à col long, et base annulaire. Leur petite taille, qui induit une contenance réduite, ainsi que leur forme pose la question de la substance qui y était conservée. La qualité du vase suggère qu’il devait être destiné à contenir un liquide précieux, tel que des huiles parfumées. Dans le commerce de luxe, l’importation était d’abord celle du contenu mais on peut penser que la qualité ainsi que le prix du produit justifiaient également la qualité du contenant.
Dans son étude sur la céramique chypriote d’Egypte, R.S. Merrillees effectue un rapprochement avec la forme d’une capsule de pavot et évoque la possibilité que ces bilbils contenaient une substance à base d’opiacés(135), hypothèse qui semble acceptée depuis. On prêtait aux opiacés des vertus magiques et médicinales particulièrement appréciées(136), notamment en Egypte où il s’agit du vase chypriote le plus diffusé et le plus imité. Par ailleurs, nous savons qu’à Chypre l’opium était utilisé dans les cérémonies religieuses(137). Ainsi, qu’il s’agisse d’onguents, d’huiles parfumés ou bien d’opiacés ces vases étaient associés à des contenus précieux et peut être même rituels.
2.2. Les imitations : un phénomène révélateur de l’assimilation des productions chypriotes par les populations locales ?
Dès lors, la présence de la céramique chypriote en dehors de Chypre va provoquer l’apparition d’un autre phénomène : celui des imitations locales.
En 1954, V. Seton-Williams liste 18 sites en Anatolie où des imitations locales de vases Base-Ring Ware ont été trouvées(138. Dans le monde égéen les fouilles ont révélées plusieurs imitations de céramique chypriote(139) de même qu’à Thapsos en Sicile(140). Les imitations de céramique Base-Ring Ware sont surtout très courantes en Egypte où elles peuvent être effectuées dans des matériaux variés : en faïence5141), en céramique « Red Polished » ou autre(142), en verre(143), en albâtre…(144)
Parmi le matériel de Tell el’Daba, L. C. Maguire signale aussi des imitations de céramique White Painted Pendent Line Style, fabrique de la fin du Bronze Moyen(145). A Ezbet Helmi les égyptiens imitent la Bichrome Wheel-made Ware, la White Painted V Ware et la Proto White Slip Ware(146). On y a relevé un phénomène intéressant : des imports d’imitation levantine de bols à lait Proto White Slip Ware(147).
En plus de ces découvertes, et pour mieux illustrer notre propos ainsi que les questions induites par ces imitations locales, nous souhaiterions revenir sur les découvertes effectuées en Syrie, à Ougarit.
Les fouilles de ce site ont permis de mettre au jour les copies de cinq bols à lait chypriotes. Le premier individu signalé est une copie reproduisant grossièrement le motif de l’échelle peint en brun. Il date du Chypriote Récent II B (1300-1230 av. J.-C.) (148). La deuxième copie est un fragment d’anse ogivale en terre cuite beige-rosé et ornée de traits transversaux effectués à la peinture noire épaisse(149). La troisième imitation est aussi un fragment d’anse ogivale en terre cuite avec des tâches de peinture brune près du bord(150). Le quatrième bol présente un décor fait de lignes verticales irrégulières et de traits horizontaux à la peinture noire, il est daté par Cl. Schaeffer entre 1200 et 1250 av. J.-C(151). Le dernier bol a été publié par L. Courtois(152), il est en terre cuite noirâtre à surface ocre-rouge et à décor peint en brun-noir. L’anse est maladroitement copiée. On constate ainsi que ces imitations sont assez grossières et qu’elles n’ont pas la qualité des productions de l’île, toutefois leur présence est symptomatique de contacts étroits avec Chypre. Ces copies semblent se développer à la fin du Chypriote Récent II, période où les céramiques White Slip Ware et Base-Ring Ware se sont bien diffusées et surtout ont été bien intégrées en Syrie et au Levant.
Fait remarquable, on a également découvert des copies locales de rhytons chypriotes(153). Plusieurs de ces vases importés de Chypre ont déjà été retrouvés à Ougarit ainsi qu’à Minet el-Beida(154) : il s’agit de vases cultuels servant à effectuer des libations. Fait remarquable, M. Yon souligne la rareté de ces rhytons à Chypre même. Ce phénomène montre que les rhytons ne semblent pas avoir eu à Chypre la même place dans le rituel qu’à Ougarit, rituel dont pour le moment nous ne connaissons presque rien(155).
Dès lors, plusieurs hypothèses peuvent être émises concernant la présence de ces vases cultuels et de leurs imitations à Ougarit :
Tout d’abord, les rhytons importés de Chypre pourraient avoir été produits spécifiquement pour une clientèle syrienne. Ces vases correspondraient à un rituel spécifique aux Ougaritains, d’où des imitations effectuées localement. Mais on peut aussi se demander si la présence de ces vases cultuels n’indiquerait pas la présence de populations Chypriotes. Dans ce cas, des rhytons auraient pu être produits par des artisans locaux à la demande de Chypriotes vivants à Ougarit.
On pourrait également envisager leur production directement par un atelier de potiers Chypriotes installé à Ougarit, mais le caractère maladroit des imitations laisserait plutôt supposer que ces reproductions sont l’œuvre d’artisans locaux. Pour répondre à ces questions, il nous manque l’identification du culte auquel était consacré ces rhytons et qui permettrait peut être d’identifier leurs destinataires.
Toutefois, la question de la présence d’ateliers chypriotes à Ougarit a déjà été soulevée. En effet, on peut signaler la découverte en 1935 d’un « raté » de vase chypriote dans une tombe sur la falaise au Nord de Minet el-Beida qui pourrait peut être supposer la présence d’un atelier de poterie chypriote à proximité. Selon G. Saadé : « Tout cela confirme que des colons et des marchands originaires de Chypre étaient installés à demeure près du port d’Ougarit »(156). Effectivement, la présence d’autres importations chypriotes sur le site ainsi que plusieurs textes administratifs pourraient appuyer l’hypothèse de la présence de Chypriotes à Ougarit,(157) mais la question reste toujours ouverte.
Il n’y a pas qu’à Ougarit que se posent la question de l’installation de comptoirs chypriotes ou bien d’artisans chypriotes en dehors de l’île. Nous pouvons aussi prendre l’exemple de Byblos. Ce site connait un essor au Bronze Moyen IIB-C grâce à ses relations avec Chypre.
La présence de poterie mycénienne et chypriote dans les tombes peut alors être interprétée de deux manières :
On peut tout d’abord penser qu’il pourrait y avoir à Byblos un comptoir mycénien ou chypriote constitué de commerçants de ces pays installés là pour le négoce. Cette hypothèse est aussi envisagée à Ougarit et dans d’autres grands ports comme Sidon et Tell Abu Hawam.
On peut aussi considérer que cela vient du fait que certains vases, notamment les cruchettes ou « bilbils » Base-Ring Ware, semblent avoir contenu des denrées précieuses et chères (huiles, opium…) que seuls les personnes aisées étaient sensées être capable d’acquérir. Cette richesse se retrouverait aussi exposée dans les tombes, d’où leur large diffusion, leur imitation ainsi que leur présence aussi bien en Crête qu’en Egypte. C’est ce qui semble par exemple expliquer la présence de céramique chypriote dans la tombe 62 de Pella ou bien dans les tombes du niveau IV de Tell Atchana, évoquées plus haut. Toutefois, seules des études précises sur les coutumes funéraires de ces régions pourraient aider à résoudre le problème.
2.3. La question des routes maritimes et commerciales au Bronze Récent
L’épave du Cap Gelidonya a livré des lingots de cuivre « en peau de bœuf » d’origine chypriote mais une grande partie de la cargaison de ce navire semble être d’origine syro-palestinienne(160). Selon G. Bass il pourrait peut être s’agir d’un navire syrien qui se serait arrêter à Chypre pour charger de la marchandise(161).
Toujours selon G. Bass, la cargaison du navire retrouvé au large de l’Uluburun indiquerait qu’il pourrait être originaire de Chypre(162). La cargaison des deux navires a été entre autre étudiée par E. Cline(163). L’épave de l’Uluburun contenait au moins trois cent cinquante lingots de cuivre ainsi que des lingots d’étain en « peau de bœufs » d’origine chypriote, de même que des ancres de pierres d’un type également connu à Kition à Chypre(164).
Parmi la céramique chypriote ont été découverts dix pithoi de tailles variées, avant tout utilisés pour transporter des liquides. Ces pithoi sont des types chypriotes bien connus à Chypre, on les trouve aussi à Ras Shamra, Kommos, Cannatello et Antigori en Sardaigne.(165) Parmi ces pithoi, trois contenaient de grandes quantités de céramique chypriote. Les fabriques présentes sont celles communément retrouvées au Levant.
Selon les chiffres évoqués par C. Pulak, qui s’est penché sur le matériel chypriote de cette épave, la fabrique la plus présente est étonnamment la White Shaved Ware avec 35 exemplaires, suivie de la White Slip II (29 individus), de bols Base Ring II (19 individus), de 3 cruches Bucchero Ware et 22 lampes à huile. Ces objets ont été trouvés dans les pithoi. Le corpus total s’élève à 135 vases, dont 86 peuvent être considérés comme de la « céramique fine »(166).
En plus de la céramique et des lingots de cuivre ou d’étain chypriotes(167), on y a retrouvé de la céramique mycénienne, des amphores cananéennes dont certaines contenaient de la myrrhe, de l’ivoire, des outils en bronze, des rhytonset des perles en faïence, des œufs d’autruches… C. Pulak nous fait remarquer les objets présents dans l’épave proviennent de tout le bassin méditerranéen : certains sont d’origine chypriote, mycénienne, cananéenne, égyptienne, kassite, babylonienne, assyrienne…(168) autant de présents qui rappellent que les premiers vecteurs d’échanges restaient les pratiques de dons et de contre-dons entre souverains. Il y avait aussi surement beaucoup de denrées périssables dont on n’a pas retrouvé la trace.
Ainsi, l’épave de l’Uluburun semble indiquer la présence d’une route maritime allant vers l’Ouest(169). Ce navire devait partir de Chypre en effectuant un trajet circulaire passant par la Syrie puis la Grèce en longeant la côte anatolienne Sud. De Grèce, il aurait pu continuer vers l’Italie ou bien traverser en direction de l’Egypte pour retourner ensuite à Chypre ou sur la côte syro-palestinienne, chargé de cargaisons prises dans les autres ports. Toutefois, si ce navire était à destination de l’Egée, la richesse de la cargaison contraste avec le nombre très réduit de céramique découverte dans cette zone. Cela a parfois conduit à supposer que les Egéens importaient surtout du cuivre chypriote, et très peu d’objets finis(170).
Les nouvelles découvertes effectuées en Sicile et en Italie démontrent que ces navires allaient beaucoup plus loin que ce qu’on l’imaginait tout d’abord. L. Vagnetti estime que les contacts entre Chypre et l’Italie devaient être directs et indépendants, au moins lors de la dernière phase de l’Âge du Bronze. Au XIIIe siècle av. J.-C., une nouvelle route maritime passant par la Sicile et allant jusqu’à la Sardaigne aurait pu se mettre en place, certainement à cause de l’exploitation de minerais en Sardaigne(171).
Par ailleurs, au vu de l’importance des échanges, des voyages fréquents et sur de courtes distances devaient avoir lieu entre Chypre et les ports levantins ainsi que le port d’Ura en Anatolie. Nous savons par exemple que les navires ougaritique allaient à Ura en transitant par le Nord de Chypre et en passant près du cap Andreas ou de nombreuses ancres de marines ont été trouvées(172).
Les découvertes effectuées à Marsa Matruh viennent apporter de nouvelles indications. En plus de la céramique chypriote on y a découvert, entre autre, de la céramique égéenne, une jarre cananéenne et une lampe levantine. La présence de céramique chypriote pourrait s’expliquer par la situation géographique du site : il pourrait s’agir d’un point d’encrage bien abrité qui aurait pu permettre aux marchands chypriotes et égéens de faire escale pour se ravitailler, soit lors de leur voyage vers l’Italie soit lors de leur retour à leur port d’attache. Ils en auraient profité pour faire des échanges ou bien du commerce avec les tribus locales(173).
Enfin, une troisième épave a été découverte près du promontoire d’Iria, au large du Péloponnèse(174). On y a retrouvé un ensemble homogène de céramique chypriote et mycénienne datant de c. 1200 av. J.-C. Parmi la céramique chypriote se trouvaient trois grands pithoi chypriotes ainsi que de la céramique Plain White. Au vu de l’utilisation faite dans l’épave de l’Uluburun, il est possible que ces pithoi aient servi « d’emballage » à d’autres vases chypriotes de meilleure qualité et de taille plus modeste(175). Cette épave trouvée au large du Péloponnèse semble attester d’échanges à longue distance avec la méditerranée orientale.
3. Conclusion :
Située dans le nord-est de la Méditerranée, entre l’Anatolie, les côtes syriennes et le delta du Nil, à la croisée des routes maritimes allant vers les îles égéennes et l’Italie, l’île de Chypre a bénéficié d’une position exceptionnelle tout au long de son développement. Les premières installations humaines sur l’île datent du 8e millénaire av. J.-C., par la suite les établissements de Khirokitia, Troulli, Sotira, Kalavassos ou Shillourokambos vont constituer les sites majeurs du Néolithique chypriote. Le Chalcolithique puis le développement de la métallurgie du cuivre au Bronze Ancien vont voir l’essor de Chypre et des cités portuaires sur les côtes orientales et méridionales de l’île comme Enkomi, Kition, Maroni et Hala Sultan Tekké.
La céramique chypriote qui a pu être retrouvée en Egypte, en Syrie ou en Anatolie permet d’attester d’échanges plus ou moins réguliers dès le Bronze Moyen II mais les premiers contacts entre Chypre et ses plus proches voisins ont dû se développer beaucoup plus tôt(176). Tout au long du Bronze Récent, nous remarquons une intensification des contacts et des échanges à longue distance en méditerranée orientale. En plus des routes maritimes reliant les grands ports du Levant et d’Anatolie, les navires levantins ou chypriotes semblent poursuivre leur route jusqu’aux îles égéennes et même jusqu’en Italie à partir de la fin du XIVe ou du début du XIIIe siècle av. J.-C. S’établissent alors des ports d’escale et de ravitaillement comme le montre l’établissement de Marsa Matruh en Libye. Les navires déchargeaient et rechargeaient des marchandises dans chaque port, marchandises qui rejoignaient parfois l’intérieur du pays par route caravanière, comme c’était le cas au Levant.
Une étude détaillée de la répartition de ces importations chypriotes ainsi que des fabriques présentes à Chypre comparée avec celles des fabriques présentes sur les différents sites archéologiques mentionnés devrait permettre de mettre en évidence des spécificités régionales. Cela nous permettrait également de déterminer si certaines productions que l’on retrouve assez peu sur l’île de Chypre n’étaient pas plutôt destinées à une clientèle particulière. Aussi, c’est avant tout le savoir-faire des artisans chypriotes et la grande qualité de ces céramiques qui en ont fait des productions appréciées dans toute la Méditerranée.
L’étude de la diffusion de la céramique White Slip Ware ainsi que des autres formes de vaisselle usuelle peuvent nous renseigner sur la vie quotidienne comme sur les habitudes alimentaires de ces populations si la théorie exposée par V. Karageorghis se voit confirmée. Ainsi, L. Vagnetti émet l’idée que le peu de céramique chypriote et notamment de « bols à lait » retrouvés en Méditerranée centrale pourrait venir du fait que les Chypriotes avaient des habitudes alimentaires communes avec le Levant (région où on trouve la plus grande partie de ces bols) qui étaient différentes de celles des habitants de l’Egée ou de l’Italie(177).
Par ailleurs, on peut aussi remarquer en dehors de Chypre un goût prononcé pour les « bilbils » Base-Ring Ware. Cette céramique se retrouve le plus souvent au sein de contextes funéraires, que ce soit en Anatolie, au Levant, en Egypte ou encore en Italie. La présence de ce type de céramique dans les ensembles palatiales ou dans les tombes montrent la valeur accordée à cette céramique ou du moins à son contenu qui pourrait être constitué d’huiles parfumées ou encore d’une substance à base d’opiacée.
En plus de l’aspect rituel accordé à cette substance, certains vases chypriotes tout comme les vases mycéniens constitueraient des offrandes de « luxe », sorte de signe extérieur de richesse qui permettrait au défunt et à la famille de « paraître », comme ce devait être le cas dans la vie quotidienne. Parfois, on peut même se demander si peu à peu les vertus magiques prêtées au contenu ne se seraient pas reportées sur le contenant. A Ougarit a été retrouvé un « bilbil miniature » en ivoire servant de pendeloque, une forme céramique typiquement chypriote utilisée ici en tant que bijou(178).
Enfin, la diffusion de la céramique chypriote nous conduit à nous interroger sur la diffusion des motifs, du savoir, de la technique, ainsi que des hommes. Les imitations de céramique chypriote effectuées à travers toute la Méditerranée montrent que les populations locales se sont appropriées ces productions. Il est également possible que des comptoirs commerciaux aient été mis en place et que des marchands ou des artisans chypriotes se soient installés définitivement dans certains grands ports méditerranéens comme Ougarit, Sidon, Byblos ou encore Tell Abu Hawam.
Pour terminer, nous souhaiterions revenir sur la polémique alimentée par le « bol à lait » chypriote White Slip I retrouvé sur l’île de Théra. Ce vase a été en premier lieu enregistré par Albert Dumont et dessiné par Jules Chaplain durant une étude de la collection d’antiquités de Théra Akrotiri qu’ils ont effectué en 1888 à l’Ecole Française d’Athènes(179). Il fait parti des objets recouverts lors de l’éruption du volcan(180). Sa présence sur l’île remet en cause les dates données à l’éruption ainsi que les dates du début du Bronze Récent à Chypre qui est, entre autre, caractérisé par l’apparition de cette céramique. Cette question a été étudiée par plusieurs spécialistes(181) mais au final on constate une divergence de plus d’un siècle et demie entre les archéologues dans l’interprétation des mêmes données(182). Ce bol chypriote découvert en Egée remet en cause la chronologie de l’Âge du Bronze telle qu’on l’entendait auparavant.
La question de la diffusion de la céramique chypriote reste au cœur des problématiques liées à l’étude de l’Âge du Bronze Récent en Méditerranée orientale.
Notes
1. Åström P., SCE vol. IV part 1C : The Late Cypriote Bronze Age, Architecture and Pottery, Lund, 1972
2. Recherches personnelles en cours
3. Freu J., et Mazoyer M., Les débuts du Nouvel Empire Hittite, coll. Kubaba, L’Harmattan, Paris, 2007, p. 135
4. Nom donné à l’île de Chypre dans les textes: cf. Freu J., et Mazoyer M., Les débuts du Nouvel Empire Hittite, coll. Kubaba, L’Harmattan, Paris, 2007, p. 132
5. Todd I., « Early connection between Cyprus and Anatolia », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 203-213
6. Åström P., « Cyprus and Troy », OpAth 13, 1980, p. 23-28
7. Åström P., « Cyprus and Troy », OpAth 13, 1980, p. 26
8. Seton-Williams V., « Cilician Survey », AS 4, 1954, p. 133 et 135
9. Seton-Williams V., « Cilician Survey », AS 4, 1954, p. 133 et 135
10. Gates M.-H., « Kinet Höyük in Eastern Cilicia : a Case Study for Acculturation in Ancient Harbors », Olba 2, 1999, p. 303-312
11. Wolley C.L., Alalakh. An Account of the Excavation at Tell Atchana in the Hatay. 1937-1949. Oxford. 1955, p. 354-369 et Bergoffen C.J. The Cypriot Bronze Age Pottery from Sir Leonard Woolley’s Excavations at Alalakh (Tell Atchana), Wien, 2005, p. 36
12. Bergoffen C. J. The Cypriot Bronze Age Pottery from Sir Leonard Woolley’s Excavations at Alalakh (Tell Atchana), Wien, 2005, p. 53
13. Åström P., SCE vol. IV part 1D :The Late Cypriote Bronze Age. Relative and Absolute Chronology. Foreign Relations. Summary and Historical Conclusions, Lund, 1972 p. 728
14. Woolley C. L. « Excavations near Antioch in 1936 », Antiquaries Journal 17, 1937, p. 11
15. Åström P., « Cyprus and Troy », OpAth 13, 1980, p. 23-28 et Sjöqvist E., Problems of the Late Cypriote Bronze Age, Stockholm, 1940, p. 175
16. Özguç T., Excavations at Maçat Hüyük and Investigation in its Vicinity, Ankara, 1978, pl. 83-84 et Macqueen J. G., The Hittites and their Contemporaries in Asia Minor, London, 1986, ill. 93.
17. Todd I., « Early connection between Cyprus and Anatolia », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 211
18. Åström P., « Cyprus and Troy », OpAth 13, 1980, p. 23-28
19. Niemeier B. & Niemeier W.-D., « Milet 1994-1995. Projekt « Minoisch-Mykenisches bis Protogeometrisches Milet ». Zielsetzung und Grabungen auf dem Stadionhügel und am Athena-tempel », AA, 1997, p 189-248
20. Terme par lequel les Hittites désignaient les Grecs Mycéniens. A Milet (certainement la Milawanda/Milawatta hittite), les Mycéniens imposent leur domination vers 1430 av. J.-C., au cours de l’Helladique récent IIB. Cf. Freu J., et Mazoyer M., Les débuts du Nouvel Empire Hittite, coll. Kubaba, L’Harmattan, Paris, 2007, p. 114
21. Gjerstad, Studies on Prehistoric Cyprus, 1926, p. 200
22. Sjöqvist, Problems of the Late Cypriot Bronze Age, 1940
23. R.S. Merrillees, « Bronze Age Spindle bottles from the Levant », OpAth IV, 1962, p.87
24. Courtois J.-C., « Corpus céramique de Ras Shamra-Ugarit II », dans Schaeffer Cl., Ugaritica VII, p. 191-381
25. Eriksson K.O., « Red Lustrous Wheel-made Ware : a product of Late Bronze Age Cyprus », in Cypriot Ceramics : reading the Prehistoric record, A.G. Leventis, 1991, p.80-96
26 Eriksson K.O., Red Lustrous Wheel-made Ware, SIMA CIII, Jonsered, 1993
27. Monchambert J.-Y., La céramique d’Ougarit, campagnes de fouilles de 1975 et 1976, RSO XV, Paris, ERC, 2004, p. 305
28. Monchambert J.-Y., La céramique d’Ougarit, campagnes de fouilles de 1975 et 1976, RSO XV, Paris, ERC, 2004, p. 306
29. Schaeffer Cl., Ugaritica II, Paris, Geuthner, 1949
30. Schaeffer Cl., Ugaritica VII, Paris, Geuthner, 1978
31. Monchambert J.-Y., La céramique d’Ougarit, campagnes de fouilles de 1975 et 1976, RSO XV, Paris, ERC, 2004
32. Yon M., « White Slip Ware in the Northern Levant », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p.120
33. Courbin P. « Rapport Ras Bassit », Syria 63, 1986, p. 175-220
34. Lund J., Sukas VIII, The Habitations Quarters, Conpenhagues, 1986, p. 20, 24, fig. 10 ; Riis P.J., Jansen J., Buhl M.-L. et Otzen B., Sukas X. The Bronze and Early Iron Age Remains at the Southern Harbour, Copenhague, 1996, p. 58-60, fig. 38-39.
35. Braidwood R.J. et Braidwood L., « Report on two Sondages ont the Coast of Syria, South of Tartous », Syria 21, 1940, p. 183-226
36. Caubet A. et Yon M., « Les céramiques importées de l’Ouest » dans Badre L., Gubel E., Al-Maqdissi M., Sader H., « Tell Kazel, Syria, Excavations of the Aub Museum 1985-1987, Preliminary Reports, » Berytus XXXVIII, 1990
37. Thalmann J.-P., Tell Arqa – I, les niveaux de l’Âge du Bronze, Beyrouth 2006, p. 173
38. Yon M., « White Slip Ware in the Northern Levant », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p.120-121
39. Salles J.-F., La nécropole K de Byblos, éditions APF, 1980, p. 24
40. Badre L. « Late Bronze and Iron Age Imported Pottery from the Archaeological Excavations at Beirut », p. 73-84, in Karageorghis V. et Stampolidis N. (eds.), Eastern Mediterranean : Cyprus-Dodecanese-Crete, 16th – 6th cent. B.-C., Athènes, 1998
41. Saidah R., Sidon et la Phénicie mériodionale au XIVe s. av. J.-C. A propose des tombes de Dakerman, Beyrouth 2004, réédition de 1979
42. Guigues P.E., 1937-1939 ; « Lebe’a, Kefer-Garra, Qrayé : nécropoles de la région Sidonienne », BMB1, 2, 3
43. Saidah R., Sidon et la Phénicie mériodionale au XIVe s. av. J.-C. A propose des tombes de Dakerman., Beyrouth 2004, réédition de 1979, p. 97
44. Koel B., Sarepta III, The imported Bronze and Iron Age Wares from Area II, X, The University Museum of the University of Pennsylvania, Excavations at Sarafand, Lebanon, Beyrouth, 1985
45. Bikai P.M. The Pottery of Tyre, Warminster, 1978.
46. Bikai P.M. The Pottery of Tyre, Warminster, 1978, p. 53 à 64
47. Luciani M. « The Late MB to Early LBA in Qatna with Special Emphasis on Decorated Imported Pottery », dans Bietak M. and Czerny E. (éd.), The Bronze Age in the Lebanon, Wien, 2008, p. 115-126 ; Iamoni M. « The MB II and Late Bronze Age Simple Wares from Tell Mishrifieh/Qatna », dans Bietak M. and Czerny E. (éd.), The Bronze Age in the Lebanon, Wien, 2008, p. 93-114 ; Al-Maqdissi et al. (éd.), Excavating Qatna, Documents d’Archéologie Syrienne IV, 2002
48. Fugmann E., Hama, Fouilles et Recherches 1931-1938, II1, l’Architecture des périodes pré-hellénistiques, Copenhague 1958
49. Doumet-Serhal C., Les fouilles de Tell el-Ghassil de 1972 à 1974, étude du matériel, Beyrouth, 1996
50. Du Mesnil et Buisson R. 1932, « Une campagne de fouilles à Khan Sheikoun », Syria 13, p. 171-188
51. Cuvers H.H. and Schwartz G.M., 1997: “Umm el-Marra, a Bronze Age Urban Center in the Jabbul Plain. Western Syria”, AJA 101, p. 201-227
52. Saidah R., Sidon et la Phénicie mériodionale au XIVe s. av. J.-C. A propos des tombes de Dakerman, Beyrouth 2004, réédition de 1979, p. 137
53. Von Penner (S.), Kāmid el-Loz, Die Keramik der Spätbronzezeit, Bonn 2006
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56. Caubet A., « La céramique », p. 71-87 in Meskéné-Emar, Dix ans de travaux 1972-1982. Textes réunis par Dominique Beyer, éds. ERC, 1982, p. 76
57. Oren E.D., « Cypriot Imports in the Palestinian Late Bronze Age I Context », Op.Ath. IX, p. 127-150
58. Gittlen B.M., « Cypriote White Slip Pottery in its Palestinian Stratigraphic Context » in Robertson (ed), The Archaeology of Cyprus : Recent Developments, New Jersey, p. 111-120
59. Balensi J. Les fouilles de R. W. Hamilon à Tell Abu Hawam effectuées en 1932-1933 pour le compte du Dpt. des Antiquités de la Palestine sous Mandat Britannique, Niveaux IV et V, Dossier sur l’histoire d’un port méditerranéen durant les Ages du Bronze et du Fer ( ? 1600-950 av. J.-C.), thèse effectuée sous la direction de M. Jean-Claude Margueron et soutenue le 21 mai 1980 au Palais Universitaire de Strasbourg, Université des Sciences Humaines de Strasbourg II
60. Balensi J. Les fouilles de R. W. Hamilon à Tell Abu Hawam effectuées en 1932-1933 pour le compte du Dpt. des Antiquités de la Palestine sous Mandat Britannique, Niveaux IV et V, Dossier sur l’histoire d’un port méditerranéen durant les Ages du Bronze et du Fer ( ? 1600-950 av. J.-C.), thèse effectuée sous la direction de M. Jean-Claude Margueron et soutenue le 21 mai 1980 au Palais Universitaire de Strasbourg, Université des Sciences Humaines de Strasbourg II, p. 383
61. Communication personnelle de J. Balensi que nous tenons à remercier à cette occasion
62. Dothan M., « Ashdod : Preliminary Report of the Excavations in Seasons 1962/1963 », IEJ 14, 1964 et Dothan M. et Freedman D.N., « Ashdod I, The first Season of Excavaions 1962 », Atiqot volume VII, Jérusalem 1967
63. Bergoffen C. 1991: “Some Cypriot Pottery from Ashkelon”, Levant 20, p. 161-168
64. Merrillees R.S., « Tell el-Ajjul Fine and Imported Wares” in Stewart J.-R., Tell el-Ajjul, The Middle Bronze Age Remains, SIMA XXXVIII, 1974.
65. Bergoffen C., « The Proto-White Slip and White Slip I Pottery from Tell el-Ajjul », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 145
66. Fischer P. M. « Cypriote Bichrome Wheel-made Ware and Base-Ring Ware from the New Excavations at Tell el-Ajjul : Synchronim and dating », in Åström P. 2000, The Chronology of Base-Ring Ware and Bichrome Wheel-made Ware, Proceedings of a Colloquium held in the Royal Academy of Letters, History and Antiquities, Stockholm, May 18 – 19 2000, Konferenser 54, Stockolm 2001, p.221-230 et voir aussi Fischer P., “Cypriote Finds from the Renewed Excavations at Tell el-Ajjul: Statistics and Chronology” in Fischer P. (éd.), Contributions to the Archaeology and History of the Bronze and Iron Ages in the Eastern Mediterranean, Studies in Honour of Paul Åström, 2001
67. Tadin Y. et al, Hazor I, an account of the first season of excavations, The Hebrew University, Jerusalem, 1955 ; Hazor II, an account of the second season of excavations, The Hebrew University, Jerusalem ; Hazor III-IV, an account of the third and fourth seasons of excavation, 1957-1958, The Hebrew University of Jerusalem ; Hazor V, an account of the fifth excavation, 1968, The Hebrew University of Jerusalem, 1997
68. Finkelstein I., Ussishkin D., Halperns B. (eds.), Megiddo IV, the 1998-2000 Seasons, Tel Aviv, 2006; Megiddo III, The 1992-1996 Seasons, Tel Aviv, 2000; Loud G., Megiddo II, Seasons 1935-1939, University of Chicago Press, Chicago, Illinois, 1948; Shipton G.M., Notes on the Megiddo Pottery of Strata VI-XX, University of Chicago Press, Illinois
69. Williams P.D., The tombs of the Middle Bronze Age II Period from the « 500 » cemetery at Tell Fara (South), 1977; Mallet J. Tell el Far’ah II, I, 2 : Le Bronze Moyen, Mémoire n°66, Paris, ERC, 1987 ; Petrie W.M.F., Beth Pelet I (Tell Farah). London, British School of Archaeology in Egypt, 1930
70. Pritchard J. B., The Bronze Age Cemetery at Gibeon, Philadelphia, The University Museum of Pennsylvania, 1963
71. Ussishkin D., The Renewed archaeological excavations at Lachish (1973-1994), Tel Aviv, 2004; Tufnell O., Lachish IV : The Bronze Age, Oxford University Press, 1958 ; Tufnell O., Inge C.H., Harding L., Lachish II, The fosse Temple, Oxford University Press, 1940
72. Macalister R.A. S., The excavations of Gezer, 1902-1905 and 1907-1909, vol. II, London, 1912 ; Shaffer A., Gezer I, Preliminary Report of the 1964-66 Seasons, vol. I, Jerusalem ; Dever W.G.: Gezer II, Report of the 1967-70 Seasons, in Fields I et II, Jerusalem; Dever W.G., Gezer IV : The 1969-71 Seasons in Field VI, the « Acropolis », Jerusalem; Seger J.S., Gezer V : The field I Caves, Jérusalem, 1988
73. Albright W.F.A., « The Excavation of Tell Beth Mirsim I: The Pottery of the first three campaigns », AASOR XII, New Haven 1932 et Albright W.F.A., « The Excavation of Tell Beth Mirsim LI: The Pottery of the Fourth Campaign», AASOR XIII, New Haven, 1933
74. Finkelstein I, Bunimovitz S. and Lederma,Z, Shiloh, The archaeology of a biblical site, Monograph Series of the Institute of Archaeology, Tel Aviv University, Tel Aviv, 1993
75. Biran A. and Ben-Dov R., Dan II, A Chronicle of the Excavations and the Late Bronze Age “Mycenaean” Tomb, Jerusalem, 2002 et Biran A., Ilan D. and Greenerg R. , Dan I, A Chronicle of the Excavations, the Pottery Neolithic, the Early Bronze Age and the Middle Bronze Age Tombs, Jerusalem, 1996
76. Kochavi M. , Beck P. et Yadin E. (éd.), Aphek-Antipatris I. Excavations of Areas A and B, the 1972-1976 Seasons, Tel Aviv, 2000 et Beck P. et Kochavi M. : “A Dated Assemblage of the Late 13th Century BCE from the Egyptian Residence at Aphek”. Tel Aviv 12, p. 29-42, 1985
77. Maguire L. C., “Imported Cypriote Pottery from Bronze Age Level at Kabri” p. 44-51, in A. Kempinski (ed.)., Excavations at Kabri, Premilinary report of 1986 season, 1987
78. Amiran R., « A Late Bronze Age II Pottery Group from a Tomb in Jerusalem » in EI VI, 1969, p. 25-37 et et Mazar B, : “Cypriote Pottery at a Tomb Cave in the Vicinity of Jerusalem”, American Journal of Semitic Languages and Literature 49, p. 248-253, 1932-1933
79. Kenyon K.M., Holland T.A., Excavations at Jericho, Volume Five, The Pottery Phases of the Tell and Other Finds, London, 1983
80. Mazar A. et Mullins R.A. (éds.), Excavations at Tell Beth-Shean 1989-1996, vol. II, The Middle and Late Bronze Age Strata in Area R., Jerusalem, 2007, p. 450. Parmi ces 0,5% importés nous trouvons 19,3% de Monochrome Ware ; 6,4% de White Slip I ; 3,2% de White Slip I-II ; 32,2% de White Slip II ; 35,4% Base-Ring I et 3, 2% de Mycénien.
81. Saidah R., Sidon et la Phénicie mériodionale au XIVe s. av. J.-C. A propose des tombes de Dakerman, Beyrouth 2004, réédition de 1979, p. 138
82. Pritchard J. B., The Cemetery at Tell es–Sa ،idiyeh, Jordan, University of Pennsylvania, Philadelphia, 1980
83. Hankey V. “A Late Bronze Age Temple at Amman. 1. The Aegean Pottery”, Levant VI, 1974, p. 132-143
84. Fischer P.M., Tell Abu al-Kharaz in the Jordan Valley. Volume II: The Middle and Late Bronze Ages, Wien 2006, p. 281
85. Bourke S.J. and R. Sparks. « The DAJ excavations at Pella in Jordan 1963/64 ». p. 149-167 in S.J. Bourke and J.-P. Descoeudres (éds). Trade, Contact and the Movement of Peoples in the Eastern Mediterranean: Studies in Honour of J. Basil Hennessy. Sydney, 1995.
86. cf. Freu J. et Mazoyer M., L’Apogée du Nouvel Empire Hittite, coll. Kubaba, l’Harmattan, 2008, p. 255
87. R.S. Merrillees, The Cypriote Bronze Age Pottery found in Egypt, SIMA XVIII, Lund, 1968
88. R.S. Merrillees, The Cypriote Bronze Age Pottery found in Egypt, SIMA XVIII, Lund, 1968, p. 145
89. A ce sujet cf. Eriksson K.O., The Creative Independance of Late Bronze Age Cyprus, Wien 2007, p. 154
90. Maguire L.C., « Tell el-Dab’a, the Cypriot Connection » in Davies W.V. et Schofield L., Egypt, the Aegean and the Levant, Interconnections in the Second Millenium B.C., Bristish Museum Press, 1995, p. 54
91. Hein I., « Erste Beobachtungen zur Keramik aus ‘Hezbet Helmi ». Äegypten und Levante 4, p. 39-43
92. Maguire L.C., « Tell el-Dab’a, the Cypriot Connection » in Davies W.V. et Schofield L., Egypt, the Aegean and the Levant, Interconnections in the Second Millenium B.C., Bristish Museum Press, 1995, p. 54
93. Maguire L.C., « Tell el-Dab’a, the Cypriot Connection » in Davies W.V. et Schofield L., Egypt, the Aegean and the Levant, Interconnections in the Second Millenium B.C., Bristish Museum Press, 1995, fig. 4 et Fuscaldo P. «Tell el-Dab‘a : Some remarks on the Pottery from ‘Ezbet Helmi (Areas H/III and H/VI, Strata e/I and d) », in Bietak M. and Czerny E., The Synchronization of Civilisations in the Eastern Mediterranean in the Second Millenium B.C., Proceedings of the SCIEM 2000 – 2nd EuroConference, Vienna, 28th of May – 1st June 2003, Wien 2007, p. 304-305
94. Merrillees R.S., The Cypriote Bronze Age Pottery found in Egypt, SIMA XVIII, Lund, 1968
95. Eriksson K.O., The Creative Independance of Late Bronze Age Cyprus, Wien 2007, p. 213
96. Eriksson K.O., The Creative Independance of Late Bronze Age Cyprus, Wien 2007, p. 213
97. White D. , « 1985 Excavations on Bate’s Island. Marsa Matruh », JARCE 23, 1986, p. 77-78, figs. 26-31 et Hulin L. « Marsa Matruh 1987. Preliminary Ceramic Report », JARCE 26, p. 125, fig. 4, tables 1-2
98. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 60
99. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 65, table 39
100. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 60
101. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 180, n°399 et n°400
102. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 184-185, n°444 à 451
103. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 180 à 183, n°402 à 432
104. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 185, n°452
105. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 185, n°453
106. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 186, n°454
107. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 186, n°455
108. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 186, n°456 à 460
109. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 202, n°608 et 610
110. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 205, n°633 à 636
111. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 210, n°688, 689, 690
112. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 203, n°615
113. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 203, n°617
114. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 205, n°638 et 639
115. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 205, n°632
116. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 214, n°717, 718, 719
117. Merrillees R.S., « Some Cypriote Pottery from the Aegean », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 89-101
118. Vagnetti L., « Cypriot Elements Beyond the Aegean in the Bronze Age » in Karageorghis V. (éd.), Acts of the International Symposium « Cyprus between the Orient and the Occident », Nicosia, 8-14 September 1985, Nicosia 1986, p. 205
119. Vagnetti L., « How Far did White Slip Pottery Travel ? Some Evidence from Italy and from the Libyan Coast », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th- 30th October 1998, Wien, 2001, p. 101-105
120. Karageorghis V., « Le commerce chypriote avec l’Occident au Bronze Récent : Quelques nouvelles découvertes », CRAI n°137, 1993, p. 577-588, fig. 3
121. Vagnetti L., « How Far did White Slip Pottery Travel ? Some Evidence from Italy and from the Libyan Coast », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 101
122. Lo Schiavo F., Maenamara E. et Vagnetti L., « Late Cypriote Imports to Italy and their Influence on local Bronzework », Papers of the British School at Rome 53, p. 1-3, fig . 2
123. Wilson R. J. A., « Archaeology in Sicily, 1982-1987 », AR 34, p. 112 et Vagnetti L.& Lo Schiavo F. « Late Bronze Age Long Distance Trade in the Mediterranean. The Role of the Cypriots », in E. Peltenburg (éd.), Early Society in Cyprus, Edinburgh, 1988, p. 217-143
124. Vagnetti L. et Lo Schiavo F. « Late Bronze Age Long Distance Trade in the Mediterranean. The Role of the Cypriots », in E. Peltenburg (éd.), Early Society in Cyprus, Edinburgh, 1988, fig . 28.1 : a-b.
125. Vagnetti L., « Cypriot Elements Beyond the Aegean in the Bronze Age » in Karageorghis V. (éd.), Acts of the International Symposium « Cyprus between the Orient and the Occident », Nicosia, 8-14 September 1985, Nicosia 1986, p. 203, fig. 1 :3
126. Jones R.E. and Day P.M. « Late Bronze Age Aegean and Cypriot-type Pottery on Sardinia. Identification of Imports and local Imitations by Physico-Chemical Analysis », p. 257-269, in Balmuth M.S. (éd.), Studies in Sardinia Archaeology III. Nuragic Sardinia and Mycenaean World, Oxford, 1987, p. 262 et Jones R.E. et Vagnetti L. 1991, « Traders and Craftsmen in the Central Mediterranean : Archaeological Evidence and Archaeometric Research », p. 127-147 in Gale N.H. (éd.), Bronze Age Trade in the Mediterranean. Papers presented at the Conference held at Rewly House, Oxford in December 1989 (SIMA 90). Jonsered, p. 134.
127. Vagnetti L., « How Far did White Slip Pottery Travel ? Some Evidence from Italy and from the Libyan Coast », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 102
128. Lo Schiavo F., Maenamara E. and Vagnetti L., « Late Cypriot Imports to Italy and their Influence on local Bronzework », Papers of the British School at Rome 53, 1985, p. 1-70 et Vagnetti L., « Cypriot Elements beyond the Aegean in the Bronze Age, p. 201 – 214 in V. Karageorghis (éd.), Acts of the International Symposium « Cyprus between the Orient and the Occident », Nicosia, 1986, p. 205 à 213
129. Vagnetti L., « Cypriot Elements beyond the Aegean in the Bronze Age, p. 201 – 214 in V. Karageorghis (éd.), Acts of the International Symposium « Cyprus between the Orient and the Occident », Nicosia, 1986, 213
130. C. Bergoffen y signale de la Black Slip III Ware, Black Lustrous Wheel-made Ware, Red-on-Black/Red-on-Red Ware, White Painted Ware, Bichrome Ware, White Shaved Ware, Bucchero Ware… dans Bergoffen C.J. The Cypriot Bronze Age Pottery from Sir Leonard Woolley’s Excavations at Alalakh (Tell Atchana), Wien, 2005, p. 37
131. Cf. Lagarce J. et E., « Notes sur quelques procédés de fabrication des céramiques chypriotes au Bronze récent », RDAC 1972, p. 141
132. Evoqué par Caubet A. et Yon M., « Les céramiques importées de l’Ouest » in Badre L., Gubel E., Al-Maqdissi M., Sader H., « Tell Kazel, Syria, Excavations of the Aub Museum 1985-1987, Preliminary Reports, » Berytus XXXVIII, 1990
133. Karageorghis V., « Why White Slip ? », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 9
134. Karageorghis V., « Why White Slip ? » in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 9
135. Merrillees R.S., « Trade and Transcendance », SIMA XXXIX, 1974, p. 35-36
136. Merrillees R.S., « Trade and Transcendance », SIMA XXXIX, 1974, p. 36 : « Eating opium is an household medecine par excellence, and can be used in cases of diarrhoea, dysentery, cold shivers, fits or fever, asthma, chronic caughts, rheumatism, diabetes and pains of all kinds ».
137. Un vase cylindrique provenant du temple 5 d’Enkomi servait certainement à l’exhalaison des fumées d’opium, cf. Karageorghis V., Les anciens Chypriotes entre Orient et Occident, Paris, A. Colin, p. 96
138. Seton-Williams V., « Cilician Survey », AS 4, 1954, p. 134
139. Lambrou-Phillipson C., Hellenorientalia. The Near eastern Presence in the Bronze Age Aegean, ca. 3000-1100 B.C. Interconnections Based on the Material record and Written Evidence plus Orientalia : A Catalogue of Egyptian, Mesopotamian, Mitannian, Syro-Palestinian, Cypriot and Asia Minor Objects from the Bronze Age Aegean. Studies in Mediterranean Archaeology and Literature Pocket-book, 95. Göteborg, Paul Aströms Förlag, 1990, p. 87, 92 et 93
140. Karageorghis V., « Le commerce chypriote avec l’occident au Bronze récent : quelques nouvelles découvertes », CRAI, vol. 137-2, 1993, p. 583
141. R.S. Merrillees, The Cypriote Bronze Age Pottery found in Egypt, SIMA XVIII, Lund, 1968, p. 149 et 153
142. Sur le site de Gurob : cf. R.S. Merrillees, The Cypriote Bronze Age Pottery found in Egypt, SIMA XVIII, Lund, 1968, p. 149
143. R.S. Merrillees, The Cypriote Bronze Age Pottery found in Egypt, SIMA XVIII, Lund, 1968, p. 152 et 153
144. R.S. Merrillees, The Cypriote Bronze Age Pottery found in Egypt, SIMA XVIII, Lund, 1968, p. 152 et 161
145. Maguire L.C., « Tell el-Dab’a, the Cypriot Connection » in Davies W.V. et Schofield L., Egypt, the Aegean and the Levant, Interconnections in the Second Millenium B.C., Bristish Museum Press, 1995, p. 54 et fig. 9-10
146. Fuscaldo P. «Tell el-Dab‘a : Some remarks on the Pottery from ‘Ezbet Helmi (Areas H/III and H/VI, Strata e/I and d) », in Bietak M. and Czerny E., The Synchronization of Civilisations in the Eastern Mediterranean in the Second Millenium B.C., Proceedings of the SCIEM 2000 – 2nd EuroConference, Vienna, 28th of May – 1st June 2003, Wien 2007, p. 304
147. Maguire L.C., « Tell el-Dab’a, the Cypriot Connection » in Davies W.V. et Schofield L., Egypt, the Aegean and the Levant, Interconnections in the Second Millenium B.C., Bristish Museum Press, 1995, p. 54
148. Schaeffer Cl., Ugaritica II, Paris, Geuthner, 1949, p. 196, fig. 80-16
149. Schaeffer Cl., Ugaritica V, Paris, Geuthner, 1968, p. 284, fig. 30-19
150. Schaeffer Cl., Ugaritica V, Paris, Geuthner , 1968, p. 284, fig. 30-21
151. Schaeffer Cl., Ugaritica V, Paris, Geuthner , 1968, p. 284, fig. 30-22
152. Courtois (L.), « Le mobilier funéraire céramique de la tombe 4253 du Bronze récent », in Schaeffer C., Ugaritica VI, Paris,, p.129, fig. 6-D
153. L’un de ces rhytons est conservé au musée du Louvre (AO 26 754)
154. Yon M., « Rhytons chypriotes à Ougarit » in RDAC 1980, Nicosia, p. 78-83
155. Yon M., « Rhytons chypriotes à Ougarit » in RDAC 1980, Nicosia, p. 83
156. Saadé G., Ougarit, métropole cananéenne, Beyrouth, 1979, p. 151, 195 et 220.
157. Chypre ou bien des Chypriotes sont évoqués au sein de plusieurs documents à Ougarit, par exemple dans la tablette RS 94. 2173 on retrouve l’évocation d’Alašiya dans des patronymes de listes administratives, cf. Malbran-Labat F., « Alasiya et Ougarit », Res Antiquae 1, p. 372.
158. Bass G. et al. , « Cap Gelidonya : A Bronze Age Shipwreck», dans Transactions of the American Philosophical Society 57 (1967) et Bass G. , « Cap Gelidonya and Bronze Age Maritime Trade », Orient and Occident, Festschrift Cyprus Gordon, Harry A. Hoffner , 1973, p. 36-37
159. Bass G. « A Bronze Age Shipwreck at Ulu Burun (Kas) : 1984 Campaign » AJA 90, 1986, p. 293
160. Pour le détail de la cargaison, se référer à G. Bass, « Cap Gelidonya and Bronze Age Maritime Trade », dans Orient and Occident, Festschrift Cyprus Gordon, Harry A. Hoffner, 1973, p. 29-34
161. Bass G., « Cap Gelidonya and Bronze Age Maritime Trade », Orient and Occident, Festschrift Cyprus Gordon, Harry A. Hoffner, 1973, p. 34
162. Communication personnelle de G. Bass évoquée dans Karageorghis V. « Le commerce chypriote avec l’Occident au Bronze Récent : Quelques nouvelles découvertes », CRAI n°137, 1993, p.582
163. Cline E., Sailing the Wine-Dark Sea, BAR International Series 591, 1994, p. 100-105
164. Karageorghis V. « Le commerce chypriote avec l’Occident au Bronze Récent : Quelques nouvelles découvertes », CRAI n°137, 1993, p. 581
165. Pulak C., “The Cargo of the Uluburun Ship and Evidence for Trade with the Aegean and Beyond”, in Bonfante L. and Karageorghis V., Italy and Cyprus in Antiquity : 1500-450 B.C., Proceedings of an International Symposium held at the Italian Academy for Advanced Studies in America at Colombia University, November 16-18, 2000, p. 13-60
166. Pulak C., “The Cargo of the Uluburun Ship and Evidence for Trade with the Aegean and Beyond”, in Bonfante L. and Karageorghis V., Italy and Cyprus in Antiquity : 1500-450 B.C., Proceedings of an International Symposium held at the Italian Academy for Advanced Studies in America at Colombia University, November 16-18, 2000, p. 13-60
167. On a retrouvé des lingots de cuivre chypriotes jusqu’à Kommos en Crête, Cf. Karageorghis V., « Le commerce chypriote avec l’Occident au Bronze Récent : Quelques nouvelles découvertes », CRAI n°137, 1993, p. 579
168. Pulak C., « The Uluburun Shipwreck », in Swiny S., Hohlfelder R.L. and Wylde Swiny H., (éds.), Res Maritimae, Cyprus and the Eastern Mediterranean from Prehistory to Late Antiquity, proceedings of the Second International Symposium « Cities on the Sea », Nicosia, Cyprus, October 18-22, 1994, p. 233-261
169. Bass G. « A Bronze Age Shipwreck at Ulu Burun (Kas) : 1984 Campaign » AJA 90, 1986, p. 295
170. Catling H.W., Cypriot Bronzework in the Mycenaean World, Oxford University Press, 1964, p. 49
171. Vagnetti L., « Cypriot Elements beyond the Aegean in the Bronze Age, p. 201 – 214 in V. Karageorghis (éd.), Acts of the International Symposium « Cyprus between the Orient and the Occident », Nicosia, 1986, p. 213
172. Ougarit y envoie du blé lors d’une famine, cf. Freu (J.), Histoire politique du royaume d’Ugarit, coll. Kubaba, Paris, l’Harmattan 2006, p. 168
173. Vagnetti L., « How Far did White Slip Pottery Travel ? Some Evidence from Italy and from the Libyan Coast », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 103
174. The Point Iria Wreck: Interconnections in the Mediterranean ca. 1200 BC Proceedings of the International Conference. Island of Spetses, 19 September 1998. Ed. William Phelps, Yannos Lolos, Yannis Vichos. Athens 1999
175. Karageorghis V. « Le commerce chypriote avec l’Occident au Bronze Récent : Quelques nouvelles découvertes », CRAI n°137, 1993, p. 587
176. A titre d’exemple, I. Todd évoque des contacts entre Chypre et l’Anatolie dès le Néolithique : « Early connection between Cyprus and Anatolia », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 203
177. Vagnetti L., « How Far did White Slip Pottery Travel ? Some Evidence from Italy and from the Libyan Coast », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001,
178. Gachet J., « Objets en os et en ivoire » in Yon M. (éd.), Le Centre de la Ville, 38e- 44e campagnes (1978-1984), Paris, ERC, p. 253
179. Merrillees R.S., « Some Cypriot White Slip Pottery from the Aegean », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 89-100
180. Merrillees R.S., « Some Cypriot White Slip Pottery from the Aegean », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 93
181. R.S. Merrillees revient sur cette question dans « Some Cypriot White Slip Pottery from the Aegean », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 89-100
182. Suite à cette découverte, S.W. Manning place la fin du LM IA et la destruction de Théra c. 1460 av. J.-C. Il tend à faire des périodes du LCIA et du LMIA des périodes contemporaines. Néanmoins, K.O. Eriksson choisit de placer le même phénomène au début c. 1700 av. J.-C. Enfin, R.S. Merrillees préfère une position modérée : selon lui, le début de l’Age du Bronze Récent à Chypre ne pourrait pas être estimé à plus de c. 1628 av. J.-C., voire c. 1675 av. J.-C. Pour plus de précisions sur le sujet, se reporter à : Manning S.W., The Bronze Age eruption of Thera: absolute dating, Aegean chronology and Mediterranean cultural interrelations. Journal of Mediterranean Archaeology 1(1), 1988, p. 17-82 et par Ms. Warren P.M. et Hankey V., Aegean Bronze Age Chronology, Bristol, 1989 ; Eriksson K.O., « Late Cypriot I and Thera : Relative Chronology in the Eastern Mediterranean, in P. Aström (ed.), Acta Cypria. Acts of an International Congress on Cypriot Archaeology held in Gothenburg on 22-24 August 1991, Jonsered, 1992, p. 155-218 et Merrillees R.S., « Some Cypriot White Slip Pottery from the Aegean », in Karageorghis V. (éd.), The White Slip Ware of Late Bronze Age Cyprus, Proceedings of an International Conference Organized by the Anastasios G. Leventis Foundation, Nicosia, in Honour of Malcolm Wiener, Nicosia 29th-30th October 1998, Wien, 2001, p. 93.

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