Une Grotte
Perchée sur ses montagnes, dominant un paysage somptueux, la caverne se détache. L'entrée se fait dans une pénombre complète dans laquelle l'oeil s'adapte doucement de la lumière éclatante extérieure à la pénombre de la grotte. La fraîcheur est là, l'humidité se fait sentir et l'entrée découvre une stalagmite impressionnante scintillante, aux reflets qui rappellent les eaux natives.
C'est avec une grande générosité que la reconstitution ouvre ses portes, à la fois matériel d'enseignement, support de recherches, et initiation.
C'est avec une grande générosité que la reconstitution ouvre ses portes, à la fois matériel d'enseignement, support de recherches, et initiation.
L'univers de la grotte est bien restitué : la fraîcheur, le silence, les odeurs, on est en immersion totale. Les astuces technologiques de réalisation, la texture de la roche reproduite et les pigments sont d'une confection réaliste étonnante. Tout a été mis en oeuvre pour restituer ce berceau d'humanité.
[Crédits Vidéo : Entretien Jean-Jacques Delanoy, Géomorphologue, Membre du Comité scientifique de la Caverne du Pont d'Arc (c) Syndicat Mixte de la Caverne Pont d'Arc - Artis/Mai 2014]
La grande aventure scientifique
On ne peut qu'être humble sur la découverte tant elle est restée cachée des milliers d'années. 36 000 ans se déroulent sous nos yeux, et nous avons pris les enseignements et l'importance des témoignages de notre passé.
Quelques jours après sa découverte par des spéléologues amateurs, Jean Clottes, nous conte son entrée dans cet espace privilégié le 29 décembre 1994. "Une des grandes émotions scientifiques de ma vie, probablement la plus importante" . La découverte est majeure, on connaissait une vingtaine de dessins de rhinocéros dans toute l'Europe, et il était dit à l'entrée de la grotte qu'il y en avait des dizaines. L'entrée est extrêmement étroite, ce n'est pas l'entrée initiale utilisée à différentes périodes d'occupation, datées aux environs de 36 000 ans puis de 26 000 ans. L'éboulement et la difficulté naturelle d'accessibilité ont préservé le joyau.
[Crédits Vidéo : Entretien Jean Clottes, Préhistorien, Président du Comité scientifique de la Caverne du Pont d'Arc (c) Syndicat Mixte de la Caverne Pont d'Arc - Artis/Mai 2014]
Quelques jours après sa découverte par des spéléologues amateurs, Jean Clottes, nous conte son entrée dans cet espace privilégié le 29 décembre 1994. "Une des grandes émotions scientifiques de ma vie, probablement la plus importante" . La découverte est majeure, on connaissait une vingtaine de dessins de rhinocéros dans toute l'Europe, et il était dit à l'entrée de la grotte qu'il y en avait des dizaines. L'entrée est extrêmement étroite, ce n'est pas l'entrée initiale utilisée à différentes périodes d'occupation, datées aux environs de 36 000 ans puis de 26 000 ans. L'éboulement et la difficulté naturelle d'accessibilité ont préservé le joyau.
[Crédits Vidéo : Entretien Jean Clottes, Préhistorien, Président du Comité scientifique de la Caverne du Pont d'Arc (c) Syndicat Mixte de la Caverne Pont d'Arc - Artis/Mai 2014]
Les dessins sont différents : les plus récents pigmentés d'ocre, en utilisant les doigts, des mains négatives et positives. Plus surprenantes, des traces carrées formées comme un imaginaire décalé laissant deviner des formes probablement animales, ont été tamponnées avec un outil large. Les dessins et modelages sont partout.
1000 dessins, 425 figures animales, 14 espèces différentes et les traces d'occupation des sols font de cette formidable découverte un joyau du paléolithique.
L'observation de l'oeil de cet ancêtre est intéressante. Au delà des scènes de chasse, ce sont des scènes de vie animale qui sont dessinées ; parade amoureuse, combat de rhinocéros;. Les formes de cheval se dessinent, et le fameux hibou, seule représentation ancienne connue de l'oiseau, sont tracés au doigt à même le dépôt de limon, figés tandis que dans la caverne originelle les parois sont toujours humides. A eux seuls ils montrent l'importance de la préservation.
Les formes de cheval, les formes d'ours s'éloignent du réalisme pour prendre des formes abstraites, symbolique parfois avec des Rhinocéros enchâssés dans leur ceinture. On devine des essais de perspective. Les plus anciens dessins sont au charbon, tel un fusain, estompé, avec des volumes.
Au sol, les traces d'occupations sont présentes : foyers intacts, outils en silex. Plus étonnant, un autel probablement naturel sur lequel trône un crâne d'ours, entouré d'autres, sans autres formes de squelette. Si rituel il y a, l'état actuel des prospections des sols ne laissent pourtant pas deviner la fréquentation de plus d'une trentaine de personnes. Les crânes n'indiquent pas que les animaux aient été chassés ou déposés là après avoir été trouvés. Les griffures et poils attestent de la présence de l'animal dans la caverne.
Un compromis permanent et une intelligence de prospection
Les sols ont été preservés, une rampe a été installée rapidement. La grotte originelle est toujours en activités propsectives, au fur et à mesure que les nouveaux outils se développent pour sonder les sols. Le compromis entre besoin de restituer et de protéger est solide.
C'est un trésor d'humanité, elle est notre patrimoine à tous.
[Crédits Video : Entretien Marie Bardisa, Conservatrice de la grotte ornée du Pont d'Arc dite Grotte Chauvet, Membre du Comité scientifique de la Caverne du Pont d'Arc (c) Syndicat Mixte de la Caverne Pont d'Arc - Artis/Mai 2014]
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Pour citer cet article : Sophie Haberbüsch Sueur, Une sagesse scientifique, une merveille humaine restituée : la Grotte Chauvet Pont d'Arc , 8 avril 2015, http://www.anthropoweb.com/Une-sagesse-scientifique-une-merveille-humaine-restituee-la-Grotte-Chauvet-Pont-d-Arc_a729.html , ISSN : 2114-821X, Le Portail des sciences humaines, www.anthropoweb.com .

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