Le corps stigmatisé en prison, l'affirmation de son identité par le tatouage depuis 1945


Maxime Boucher

Le corps, le geste, le comportement sont les premières interfaces de la relation humaine. Comme le souligne l’anthropologue David Le Breton : « L’existence est d’abord corporelle »(1). Du corps naissent et se propagent les significations qui fondent l’existence individuelle et collective. Qu’il soit émetteur ou récepteur, le corps produit continuellement du sens et insère ainsi activement l’être humain à l’intérieur d’un espace social et culturel donné. Il incarne l’homme en tant que marque de l’individu, son identité, sa frontière qui le distingue des autres mais il n’est en aucun cas une nature. On ne se représente pas un corps ou des corps mais des hommes(2), des femmes, et dans notre cas, des prisonniers…
Les gestes, les postures, les expressions du corps sont rituellement organisées, s’enracinent dans des normes collectives implicites et sont donc porteuses d’importants symboles, et paroles très signifiantes. Ces sens varient pourtant fortement entre les cultures, les groupes sociaux, les lieux et les espaces. Transposé à la douleur (donné biologique relativement définissable : avoir mal) ou à la souffrance (aux contours plus fluctuant : être mal), le sociologue Marcel Mauss (1872-1950) nous permet d’affirmer que maintes postures en apparence dictées par des données physiologiques voire inconscientes n’en sont pas moins influencées ou même orientées par des données sociales, culturelles ou psychologiques(3).
Le contexte carcéral sublime le corps épuré d’une partie de ses nombreux artifices d’autant qu’il est confronté à des carences aux conséquences évidentes de par leur visibilité. Le prisonnier en souffrance, les souffrances carcérales se lisent sur les corps. La relation au corps du prisonnier demeure paradoxale. Le spectre des possibilités corporelles va en effet en prison de l’oubli de son corps à son affirmation indélébile que nous aborderons ici par les spécificités du tatouage. Nous avons là des entreprises comportementales qui ne sont pas exclusivement décelables en prison mais qui prennent une dimension toute particulière au cœur de cet espace carcéral.


Les gestes, les postures, les expressions du corps sont rituellement organisées, s’enracinent dans des normes collectives implicites et sont donc porteuses d’importants symboles, et paroles très signifiantes. Ces sens varient pourtant fortement entre les cultures, les groupes sociaux, les lieux et les espaces. Transposé à la douleur (donné biologique relativement définissable : avoir mal) ou à la souffrance (aux contours plus fluctuant : être mal), le sociologue Marcel Mauss (1872-1950) nous permet d’affirmer que maintes postures en apparence dictées par des données physiologiques voire inconscientes n’en sont pas moins influencées ou même orientées par des données sociales, culturelles ou psychologiques(3). Le contexte carcéral sublime le corps épuré d’une partie de ses nombreux artifices d’autant qu’il est confronté à des carences aux conséquences évidentes de par leur visibilité. Le prisonnier en souffrance, les souffrances carcérales se lisent sur les corps. La relation au corps du prisonnier demeure paradoxale. Le spectre des possibilités corporelles va en effet en prison de l’oubli de son corps à son affirmation indélébile que nous aborderons ici par les spécificités du tatouage. Nous avons là des entreprises comportementales qui ne sont pas exclusivement décelables en prison mais qui prennent une dimension toute particulière au cœur de cet espace carcéral.


L’affirmation corporelle par le tatouage

 

Le corps prisonnier, corps stigmatisé par excellence, approche la souffrance, reçoit la violence sous une forme directe avec l’« acculturation » primitive du corps et de ses besoins biologiques fondamentaux subis dès la mise sous écrou et conditionnée par l’environnement carcéral. Il peut être amené à tenter de s’affranchir de ses souffrances qui se doivent d’être visibles ou audibles et donc s’exprimer à « corps » et à cris.
Le corps souffrant en prison sait se mettre en scène de multiples façons. Les signes de ces souffrances peuvent être décelés au travers du concept de stigmate défini par Erving Goffman : « Tout le temps que l’inconnu est en notre présence, des signes peuvent se manifester montrant qu’il possède un attribut qui le rend différent des autres membres de la catégorie de personnes qui lui est ouverte, et aussi moins attrayant, qui, à l’extrême, fait de lui quelqu’un d’intégralement mauvais, ou dangereux, ou sans caractère. Ainsi diminué à nos yeux, il cesse d’être pour nous une personne accomplie et ordinaire, et tombe au rang d’individu vicié, amputé. Un tel attribut constitue un stigmate »(4). Ces stigmates corporels s’apparentent notamment, dans le cadre de l’institution carcérale, à un désir d’affirmation du prisonnier. Le tatouage, marque tégumentaire, constitue une source thématique inespérée dans cet axe.
La complexité du binôme corps/souffrance en prison nous conduit sur le continent des auto-souffrances affirmées et revendiquées puisque le tatouage est une souffrance voire aussi une forme d’automutilation. La peau, en tant qu’enveloppe corporelle, est la partie la plus exposée au regard de l’Autre. Cette terre de souffrance devient par l’entremise du tatouage un espace d’expression et de liberté insoupçonnée.
Première écriture de l’homme, le tatouage est le plus ancien et le plus universel mode d’expression symbolique. Il est totalement lié à l’évolution de l’être humain et spécifiquement à la prise de conscience du « moi » cher aux psychologues. Avec des traits, des points mais aussi des dessins plus élaborés, l’homme a voulu raconter son histoire. La pratique du tatouage remonte donc aux premières formes de vie sociale(5). En Occident, sa pratique néglige très vite ses dimensions originelles (magiques, thérapeutiques et hiérarchiques) pour se concentrer sur l’aspect utilitaire : c’est par ce biais que les prisonniers vont être marqués par les autorités.
Contrairement à l’Angleterre par exemple, où l’on constate un tatouage en usage jusque dans la bonne et haute société, les inscriptions tégumentaires touchent à la fin du XIXème siècle en France trois mondes sociaux aux interfaces poreuses : les ouvriers, les militaires et les criminels (ou délinquants)(6). Au milieu du XXème siècle, le tatouage s’est raréfié en France d’autant que les criminels et délinquants ont tendance à se méfier d’un signe distinctif si facilement offert aux experts policiers. Mais du coup, son existence est encore plus liée au monde carcéral et disciplinaire dans son ensemble. Une fois incarcéré et surtout condamné, l’individu n’a plus vraiment de raison d’éviter de se tatouer. C’est cette relation très particulière du tatouage et de la prison qui nous intéresse particulièrement et d’abord ses spécificités.


Prisonnier tatoué des années 1980 tiré du livre, <em>A ceux qui se croient libres – Thierry Chatbi, 1955-2006</em>- Lettres, dessins et témoignages recueillis par Nadia MENENGER, Montreuil, 2009, L’Insomniaque, p.26
Prisonnier tatoué des années 1980 tiré du livre, A ceux qui se croient libres – Thierry Chatbi, 1955-2006- Lettres, dessins et témoignages recueillis par Nadia MENENGER, Montreuil, 2009, L’Insomniaque, p.26
1. Un tatouage carcéral spécifique :

La première particularité tient en ses contraintes techniques en comparaison avec les possibilités offertes par le milieu libre. Le tatouage est l’opération qui consiste à introduire sous l’épiderme, et à des profondeurs variables, des matières colorantes minérales ou végétales, par un procédé quelconque, afin d’obtenir une marque permanente et si possible indélébile(7). Techniquement, deux principaux modes d’emploi se distinguent alors :


1. le tatouage par piqûre : avec des aiguilles, des arêtes…

2. le tatouage par incision (ou scarification) : avec des éclats de verre, une lame de rasoir…


La machine à tatouer à été brevetée en 1891 et ne s’impose qu’après la seconde guerre mondiale avec des dérivés plus ou moins poussés techniquement, œuvres des prisonniers(8). Les tatouages de prison s’effectuent donc en fonction des moyens à disposition soit par piqûre, soit par incision principalement, puis au fil de notre période parfois par des machines plus ou moins sophistiquées.
Au niveau des coloris, si toutes les couleurs sont dans la nature, les tatouages carcéraux sont naturellement tributaires des matières de l’environnement. De cette façon, on a pu constater l’importance de la couleur verte dans les tatouages des bagnards de Guyane qui symbolise à elle seule l’évasion(9). Quel que soit le lieu de détention où il est effectué, le tatouage des prisonniers exécuté dans des conditions inconfortables avec des moyens rudimentaires a donc pour support des matières colorantes de fortune : noir de fumée, charbon en poudre, cendres de cigarettes, cirage et même sang humain(10). Les couleurs sont toujours mélangées à un liquide quelconque : eau-de-vie, alcool, bile voire même salive ou urine. En conséquence, la couleur des tatouages carcéraux se réduit exclusivement à l’une des trois couleurs suivantes : le noir, le bleu et, plus rarement le rouge, exécuté et obtenu également à partir de la brique rouge, matériau architectural élémentaire des prisons du Nord de la France. Eric Guillon et Jérôme Pierrat, spécialistes du tatouage contemporain, tracent les contours techniques de ce mode d’expression en prison, à partir de témoignages, au travers du traditionnel « piquage à la main » : « Les aiguilles de couture, fournies par l’Administration Pénitentiaire, sont insérées dans le tube à encre d’un stylo Bic. Le plastique en est brûlé pour souder les aiguilles. Le tout est emmanché dans le corps transparent du stylo et lié avec le fil à couture. Plus simplement certains lient trois aiguilles ensemble, sans autre support. Le caoutchouc des semelles de chaussures remplace l’encre. Découpée en morceaux, la semelle est brûlée au briquet sous un verre ou une assiette retournée. Il suffit de gratter cette dernière pour récupérer le noir de fumée que l’on mélange à de l’huile de cuisine, ou plus couramment, à de l’eau savonneuse. Il s’agit de bien diluer pour éviter la formation d’une pâte inutilisable. Certains remplacent la semelle par les bords des pots de yoghourt. Tout est bon pour assouvir son besoin de piquer, même la gouache qui « faisait des bras énormes couverts d’hématomes » (…) Pour réaliser le tracé, certains utilisent le crayon gras, qui fait office de calque. Michel, tatoueur mineur au Centre pour Jeunes Détenus de Fleury-Mérogis en 1970, employait lui la technique du transfert : « On passait la peau à l’eau savonneuse puis on appliquait une feuille de papier cul sur laquelle on avait dessiné au stylo bille. » Lui pique droit en suivant les traits à l’aide d’une simple aiguille : « mais certains le faisaient avec une seringue volée à l’infirmerie. L’autre technique, sans doute la plus répandue était sans conteste l’arraché, en tenant les aiguilles en biais. En cas d’absence de celles-ci, reste la solution des dents à peigne aiguisées et ligaturées sur un bâtonnet de bois. »(11) »
Ces techniques plus ou moins sommaires se retrouvent dans le choix sémantique de l’argot du milieu désignant le tatouage sous le terme de bouzille (ou bousille)(12). Cette expression renvoie au fait de travailler vite (le tatouage est interdit, il se pratique à l’abri des regards) et donc souvent mal. On parle aussi de « fleurs de bagnes » ou de « fleurs de veuve ». Le tatouage carcéral est moins un art corporel qu’une allégeance à un code de virilité notamment, d’où l’aspect secondaire du rendu de nombreux tatouages(13). Il est d’ailleurs symptomatique de constater la mutation de l’emploi sémantique pendant notre période. Aux bouzilles de l’après-guerre, les récits des détenus n’évoquent plus que ces « tatouages » plus contemporains et plus travaillés. 
Contrairement à la fin du XIXème siècle, les études postérieures sur les tatouages sont presque inexistantes. L’unique ressource d’envergure concerne les statistiques tirées de la visite d’incorporation des bataillonnaires – jeunes militaires indésirables dans les corps de troupe de la métropole et incorporés dans des bataillons disciplinaires en Afrique, les « Bat’ d’Af »(14) – des années 1947 à 1949 qui ont donc pour la plupart connu le monde carcéral. Sur un échantillon de 2 533 individus observés, 444 soit 17,5% sont tatoués(15). Constatant le faible niveau socioprofessionnel des tatoués, Jacques Delarue qui a exploité ces données détaillées évoque le portrait-type du candidat au tatouage : « On les trouvera chez les individus frustres, d’une psychologie élémentaire, facilement influençable »(16). Au plan corporel, les tatouages se concentrent avant tout sur les bras et les avant-bras. Il s’agit d’un réflexe logique et presque naturel qui veut que l’aspirant tatoué relève sa manche jusqu’au coude et tende son bras au tatoueur, main ouverte, paume en l’air, ce qui explique que ces tatouages ornent le plus souvent les faces internes. Les individus qui se tatouent eux-mêmes vont également privilégier ces zones corporelles. La proximité de l’acte avec la coupure « saignée » automutilatrice plus profonde est à ce titre remarquable(17). La poitrine, le dos puis les jambes sont ensuite dans l’ordre décroissant les parties les plus tatouées. Les tatouages du ventre sont assez rares : on n’en trouve guère que chez les individus intégralement piqués.
Plongé dans cette étude, Delarue nous révèle le faible pourcentage d’individus tatoués avant leur première incarcération. Le tatouage délinquant ou « du milieu » comme il dit est avant tout effectué en institutions disciplinaires. C’est pourquoi des tatouages multiples signalent presque à coup sûr de nombreux séjours en prison. Si l’ennui est souvent avancé pour expliquer ce type de tatouage, le constat d’un pourcentage important de tatouages effectués la première semaine d’emprisonnement vient compromettre cette hypothèse(18). Le tatouage est ici le signe d’une affiliation à une partie de la culture carcérale comme nous le verrons peu après. Une culture qui est en pleine mutation au début des années 1950. La perception du jeune René Girier, figure du banditisme de l’après-guerre, illustre parfaitement cette évolution. À la centrale de Fontevrault, il y côtoie les anciens bagnards rapatriés et leurs tatouages loin de le fasciner, semble témoigner d’une époque révolue : « Les plus pitoyables détenus sont les anciens de Cayenne. À la fermeture du bagne, quand on leur a appris leur retour en France, ils ont cru qu’ils seraient libérés. Ils sont là. On ne peut les lâcher en liberté. Ils mourraient. Ils sont cuits. Certains ont des masques bleus tatoués sur le visage. (…) Ils sont ornés de vieux signes de reconnaissance des apaches d’autrefois. Trois points tatoués en triangle sur le visage : mort aux vaches, un point par syllabe. Quatre points en carré et un cinquième au centre : homme du milieu, le dernier point est au milieu. L’un porte écrit sur sa paume droite « JE T’EM » et sur le front : « MERDE ». Il est dispensé de salut. Un autre joue cent francs à qui parviendra à poser une pièce sur un quelconque endroit de sa peau, sexe compris, sans mordre sur un tatouage. Il ne peut pas perdre. (…) Ils sont brisés à jamais. »(19) 
Le « milieu » comme la prison ont mué. Le tatouage s’il n’est pas abandonné, n’est plus aussi fascinant pour les jeunes. Rappelons-nous un des passages du Miracle de la rose d’à peine quelques années antérieures à ce récit toujours au sein de la même centrale, d’un Jean Genet ensorcelé par les armoiries tégumentaires de ses compagnons d’infortune : « J’ai vu des gars tatoués de l’Aigle, de la Frégate, de l’Ancre de Marine, du Serpent, de la Pensée, des Etoiles, de la Lune et du Soleil. Les plus chargés de blasons en avaient jusqu’au cou et plus haut. Ces figures ornaient les torses d’une chevalerie nouvelle »(20).
La présence en grand nombre des détenus collaborateurs issus de classes sociales privilégiées et encore très perméables au tatouage a dû jouer un rôle notable vers la raréfaction du tatouage carcéral à cette époque ou tout du moins vers sa mutation. Il semble se faire à présent plus discret sans pour autant disparaître. Les dossiers du Centre National d’Orientation (créé à Fresnes en 1950) en témoignent. À la différence des dossiers hauts en couleurs des derniers rapatriés de Guyane de 1953 s’épanchant finement sur les moindres détails corporels, les tatouages des jeunes détenus ne sont évoqués que s’ils dépassent un certain seuil (par leur surface, leur localisation, leur signification…). Ainsi un jeune détenu primaire de 21 ans passé à Fresnes en 1951 n’est pas jugé défavorablement après avoir comparu plusieurs fois au prétoire d’une petite maison d’arrêt de province pour « tatouages ». Mieux cette mention n’est même pas exploitée par les membres du CNO(21). Au cours de l’année 1963, les multiples mentions de détenus tatoués en prison au cours des années précédentes prouvent encore malgré tout l’importance du tatouage en prison. Sur un échantillon de 100 dossiers, les tatouages de 9 détenus sont décrits(22) par le directeur du Centre. Il s’agit apparemment de tatouages sur des parties évidentes du corps et qui ont été évoqués en entretien puisque la note de synthèse précise l’année d’exécution des marques tégumentaires. Un seul de ces détenus est très âgé (62 ans) et incarne la figure du tatoué de l’entre-deux-guerres, ancien bataillonnaire, « il s’agit d’un vieux cheval de retour, ancien transporté à la Guyane, rapatrié en 1937, qui n’a guère quitté la prison. (…) nombreux tatouages dont plusieurs têtes de femmes (1920) sur poitrine faits dans sa jeunesse »(23). Ces tatouages sont dans ce dernier cas des stigmates supplémentaires dans les avis des spécialistes du CNO. Leur mention n’est qu’un élément à charge de plus d’une vie délinquante interminable. On peut d’ailleurs s’interroger sur l’intérêt des membres du CNO pour le tatouage : il semble en effet y avoir eu à plusieurs reprises une attention redoublée sur ces stigmates lorsqu’un ou plusieurs membres de la session – le CNO observe et oriente des sessions de 60 à 120 détenus – a ou ont affiché si distinctement leurs marques corporelles. Les autres tatoués de cette session de 1963 ont tous moins de 27 ans avec des tatouages sur les épaules et les bras (surtout avant-bras) qui ont été exécutés en prison quelques années et même quelques mois auparavant. Les jeunes détenus des années 1950-1960 continuent donc à marquer leur passage carcéral sur leurs corps. D’autant plus qu’au milieu des années 1960, le tatouage carcéral peut se targuer d’être devenu plus technique et du même coup plus artistique avec la fabrication d’ersatz de machine comme le souligne un témoignage recueilli : « L’imagination et la débrouille taularde sont illimitées. Les frustrés du piquage à la main réussissent à fabriquer, avec du temps et celui-ci ne manque pas, des machines électriques. Dès 1965, à l’arrivée des rasoirs électriques, les ingénieurs en droguet pénal ont commencé à gamberger : « Avant un détenu classé rasait dans la coursive, au coupe-choux. Ensuite, c’est un maton qui maniait les deux rasoirs électriques attribués par coursive puis on a pu en cantiner, ainsi que les piles pour les faire fonctionner, vu l’absence de prise dans les cellules » raconte un ancien. L’heure du grand bricolage est venue »(24).
La pratique ne se démentira jamais jusqu’à aujourd’hui. Lors d’une enquête de terrain d’un jeune chercheur à l’orée des années 1990 au sein d’une maison d’arrêt d’une grande ville de province, ce dernier observe que plus de la moitié des détenus est tatouée. Mieux, près de 60% des individus sondés ont effectué leur première marque tégumentaire en prison(25). En tout état de cause, cette rémanence du tatouage en prison, malgré des évolutions, ne peut qu’être étayée par des pistes socio-psychologiques conséquentes. L’affirmation de l’identité demeure la plus crédible.  


Prisonnier tatoué des années 1950, © collection personnelle
Prisonnier tatoué des années 1950, © collection personnelle

2. Une terre ritualisée d’affirmation de l’identité :

Comme nous venons de l’évoquer, le caractère immédiat du tatouage en prison – sa réalisation est fréquente la première semaine d’incarcération – ouvre des perspectives d’interprétations. Pour reprendre les termes d’un témoignage cité par Anne-Marie Marchetti, le tatouage en prison peut s’apparenter à « un rite d’accueil »(26). Ce passage n’est pas obligé mais dans un cadre aussi nouveau pour le jeune prisonnier, la tentation est grande de se conformer aux us et coutumes de cet espace. Le tatouage carcéral serait dans cette voie une tradition qu’il est de bon ton de suivre. Un fort mécanisme d’inclusion au groupe, d’abord dans la cellule, puis dans la coursive, la division et enfin la cour de promenade prévaut. Être détenu c’est prendre une apparence particulière pour l’administration mais c’est aussi endosser la peau d’un prisonnier pour ses codétenus. Et endosser la peau d’un prisonnier passe souvent par l’exécution de marques tégumentaires sous peine d’être exclu, d’être rejeté et victime d’une certaine animosité. Rite d’accueil, le tatouage se mue en rite d’entrée – comme il peut l’être dans certaines cultures dans la vie adulte – en rite d’intégration au monde des prisonniers. C’est dans cette voie de compréhension que l’on oublie souvent le rapport à la souffrance du tatouage. La souffrance de l’acte s’efface, se masque, se colore derrière l’importance prédominante du but recherché, du stigmate identitaire, du « labelling » cher à Goffman. D’ailleurs, en tant que rite de passage ou plutôt d’inclusion, le tatouage est l’occasion d’établir des liens d’amitié et de solidarité avec ses compagnons d’infortune. À l’exception de l’auto-tatouage, le rite tégumentaire se base sur une relation d’échange et de confiance mutuelle entre le piqueur et le piqué. Le tatouage permet ainsi à Albertine Sarrazin d’entrer dans la sphère relationnelle d’une détenue nord-africaine : « Les bleuités de Fatima m’avaient tapé dans l’œil, j’ai eu envie de me faire dessiner. (…) Zizi [surnom de son compagnon] est sur mon cœur. Bon sang, ça pénètre, ce truc-là ! J’avais l’impression qu’elle piquait à même le myocarde, tant elle appuyait. (…) Toujours est-il que ces initiales ont été faites selon les règles de l’art. Oh ! Bien sûr, les règles de l’hygiène furent un peu violées : je dus m’étendre à même le ciment crasseux, la gorge nue, appuyée en travers des cuisses de Fatima, qui s’était accroupie commodément à la mode de son pays et me serrait le kiki d’un bras pour m’empêcher de gigoter, tandis que de l’autre elle piquait, piquait selon le tracé, marmonnant lorsque perlait le sang et essuyant mon nichon sans douceur avec son torchon à vaisselle tout maculé de gras, de crayon à bille et de raison »(27). Prise au jeu de cette relation, l’inversion des rôles (tout du moins dans sa préparation technique) est sollicitée par la piqueuse : « Fatima, condamnée-prévenue, est aussi volumineuse que tout un harem et, jusqu’à ce qu’avec ma gentillesse naturelle je consente à lui dessiner les guibolles, elle ne m’a pas lâchée d’une babouche. Je traçais donc quelques petits machins, fleurs et papillons, qu’elle repiqua à l’encre de Chine »(28). Sans entrer dans les détails, Albertine Sarrazin évoque en outre à mots couverts le malaise empreint de jalousie que suscite la vue de cette entente cordiale chez une partie des codétenues qui ne sont pas conviées à ces rituels artistiques.
Le tatouage témoigne de l’entrée dans un monde aux valeurs et codes particuliers. Le tatoué démontre son affiliation, son appartenance à un sous-groupe. Michel Foucault avance même la possibilité d’entreprendre une zoologie des sous-espèces sociales à partir des différentes civilisations de malfaiteurs avec chacun leurs rites et donc leurs tatouages propres(29). Un alphabet graphique de ces signes serait envisageable. Ainsi le prisonnier affirme par le tatouage son identité. Une identité d’abord de prisonnier avant de détailler les signes d’une « sous-identité carcérale » : par crimes et délits (voleur, proxénète, membre du « milieu »…), par types de peines (prison, relégation, travaux forcés…) et même jusqu’au parcours pénitentiaire avec les mentions et représentations de certaines détentions mais surtout avec l’exemple des points de cellule. Placés en semis sur les avant-bras, ils représentent les jours passés au « mitard » (un point par jour !) pouvant donc dessiner de véritables manchettes sur certains détenus(30). L’identité sociale plus traditionnelle n’est pas oubliée que ce soit sa nationalité ou son amour perdu ou non. Cette sémiologie de l’identité que les criminologues se sont évertués à déchiffrer est en fin de compte un panoptique corporel graphique renversé comme Michel Foucault (1926-1984) l’entrevoit(31). Le prisonnier inverse le panoptique et le supplice. Son corps n’est pas l’objet d’une marque d’une institution de répression, il est le support de sa condition de détenu. L’esprit panoptique carcéral cherche à tout voir, à tout savoir, le prisonnier ne lui cache rien. Par le tatouage, il transforme son corps en élément du panoptique. Il rend visible et même au-delà revendique – et signe ! – ce qui aurait pu être dissimulé.     
Cet esprit directeur nous permet de relativiser la logique d’imitation des signes tégumentaires carcéraux. Évidemment l’esprit d’imitation n’est pas négligeable surtout chez les jeunes détenus. Delarue parle même d’un certain « conformisme » des prisonniers avec ses propres « modes »(32). Il n’en demeure pas moins que dans la sphère carcérale, le prisonnier peut facilement imiter son illustre codétenu en se piquant, mais il devra se conformer aux significations particulièrement codifiées des tatouages en prison.
L’un de ces principaux codes du tatouage carcéral chez les hommes délimite le cadre avant tout de l’identité virile. Une nouvelle fois, le rapport à la souffrance se doit d’être rappelé. La douleur qu’impose la pratique tégumentaire au corps, incline un certain nombre de prisonniers à ne pas pouvoir envisager ce rite. Du coup, le prisonnier viril se doit presque d’être tatoué car il impose un territoire identitaire censé être inviolable. De cette façon, alors qu’il est fasciné par les hommes tatoués, Jean Genet n’en est pas moins terrorisé par ces individus : « Je considérais avec angoisse ces hommes dévorés par le dessin autant que les galériens l’étaient par le sel, car les tatouages étaient la marque, stylisée, ornée, fleurie, comme le devient toute marque, qu’elle se charge ou s’allège, des blessures qu’ils auraient plus tard »(33).
Afficher avec autant d’ostentation son identité virile c’est se risquer à devoir le démontrer tous les jours au sein de la détention. Il y a une sorte d’émulation qui peut en découler avec des détenus prêts à rivaliser avec les autres prisonniers pour paraître le plus dur, le plus redoutable, le plus viril. Les tatouages peuvent être du coup une marque de courage, de cran et d’audace suprême. Ceci se distingue particulièrement pour les inscriptions ordurières, obscènes ou provocatrices telle celle évoquée par René Girier à Fontevrault.
On peut d’ailleurs s’interroger sur la disparition historique du tatouage homosexuel en prison. Jusqu’au milieu du XXème siècle, il existe en effet des signes tégumentaires particuliers pour les prisonniers qui ont vécu et vivent de la prostitution. Il semble que cet usage ait disparu, renforçant s’il est encore besoin la dimension virile de l’homme tatoué. Ce qui est fondamental, c’est que le tatouage exprime un processus crucial dans l’élaboration identitaire du détenu vis-à-vis de lui-même, des autres prisonniers mais aussi de l’administration. Les tatouages sont des signifiants du statut du détenu qui créent des identités individuelles ou collectives en affirmant des différences sociales, culturelles voire sexuelles entre prisonniers(34). Décoration, archive de soi et des moments clés de son existence, le tatouage marque une manière symbolique de (re)prendre possession de soi(35). Cette reprise identitaire de son corps se traduit par la valeur (auto-)agressive de ce passage à l’acte. Mal dans sa peau, le sujet remodèle son image du corps en transformant son espace cutané et dévoile une genèse psychologique non négligeable. En effet, la peau sur laquelle se grave le tatouage circonscrit l’interface entre l’intérieur et l’extérieur, la frontière entre le dedans et le dehors. Le « Moi » psychologique, le « Je » identitaire sont particulièrement mises à l’épreuve, écornée, asphyxiée par les humiliations, les brimades disciplinaires, les souffrances. L’individu perd son nom, son prénom, son existence sociale, ses habitudes, ses repères, il est rapidement contraint de trouver sa place dans un univers qu’il ne connaît pas du tout – lors de sa première incarcération – ou plus tout à fait – lors d’un transfert, par exemple – et se piquer, s’est s’inclure d’emblée, poser son identité aux codétenus comme aux membres de l’administration pénitentiaire. N’oublions pas la dimension protectrice inconsciente des signes tégumentaires sur la peau. Première vision du prisonnier, son enveloppe charnelle peut agir tel un bouclier, une barrière sécuritaire pour le tatoué et glacer la vue d’un « ennemi » potentiel. Thierry Chatbi (1955-2006) – emprisonné dès le début des années 1970 pour vols avant de s’enliser dans le cycle « évasions/braquages/longues peines » – abonde dans ce sens : « En réaction à la violence exercée contre moi, je suis devenu ce que je suis. Je me suis musclé, je me suis tatoué, je me suis construit une carapace pour affronter ça. »(36)
La douleur de l’aiguille, les souffrances du piquage sont également l’occasion d’un apprentissage des souffrances omniprésentes dans l’univers carcéral et du même coup d’une (re)naissance du sentiment propre, une affirmation de son être. Affirmation d’un homme prêt à affronter les dures réalités de l’incarcération.
Le tatouage carcéral, mais en cela toutes les marques faites au sein des institutions disciplinaires, se retrouve dans les espaces où la parole est totalement annihilée, ou du moins son autonomie créatrice. Le tatouage est un cri, une parole. Il devient un discours. De ce constat découle sûrement la rareté du tatouage en institution psychiatrique où la parole corporelle s’exprime la majeure partie du temps exclusivement vers l’administration et son personnel et très peu vers ses compagnons. En psychiatrie, d’autres symptômes permettent bien entendu d’autres modes d’expression et de communication.
La dernière spécificité thématique majeure de l’affirmation identitaire du tatouage carcéral est constituée par l’ambivalence du caractère définitif de cette pratique corporelle. Signant leur appartenance définitive au monde des prisonniers, certains détenus s’enferment de cette façon dans un « suicide social », expression pas forcément excessive pour cibler les prisonniers totalement tatoués et spécifiquement les parties toujours visibles (le front et la tête en particulier). Jean Genet voit déjà poindre chez cette chevalerie fascinante, la résurgence des pirates d’autrefois tatoués sur tout le corps et signant leur impossible retour dans la patrie d’origine rompant avec toutes attaches. Ce suicide social(37) s’apparente à une auto-condamnation à perpétuité, un rejet viscéral et définitif des normes sociales : « Tantôt leur cœur et tantôt leur chair, alors qu’autrefois, sur la galère, les pirates se firent sur tout le corps ces atroces ornements afin que, pour eux, toute vie dans la société devînt impossible. Ayant eux-mêmes voulu cette impossibilité, ils souffraient moins de la rigueur du destin »(38).
Signe d’appartenance, extériorisation des « noirceurs de l’âme », le tatouage sculpte dans sa chair et transforme le corps de l’individu. Ce dernier se forge une identité au point que celle-ci l’emprisonne dans une voie de non-retour. L’image médicale du tatouage s’illustrant comme un élément parasite infiltré dans l’organisme en vue de l’altérer puis de le posséder s’arc-boute dans ce cheminement. Les jeux de signes se muent alors en jeux de dupes, pour l’anthropologue David Le Breton, puisque « si le marginal entendait narguer la société par ses marques, il reçoit la monnaie de sa pièce en devenant aisément identifiable par ce « signe distinctif » qui s’inscrit en lettres de feu »(39). Il n’est du coup pas étonnant de constater les vaines tentatives d’anciens détenus ou de vieux détenus essayant de gommer ces stigmates corporels. Ces individus souhaitent effacer les traces d’un passé qui leur colle à la peau, d’une identité qui ne leur correspond plus(40). On évoque le phénomène du détatouage pour qualifier cette entreprise. La construction étymologique de ce terme révèle clairement l’ambiguïté primitive qui se dégage de cette conception. Ainsi le « dé » de détatouage n’a pas de sens privatif de « au contraire de » mais signifie plutôt « au lieu de ». Le détatouage n’enlève donc pas complètement le tatouage. Il laisse des séquelles qui seront d’autant plus conséquentes s’il est entrepris en détention avec des moyens techniques sommaires (acide, sel, feu, toile émeri). Il n’enlève que les termes de la souffrance, non son existence au mieux passée. L’intégrité originelle est un leurre. La recherche d’une identité épurée, un mythe. Nous devinons ici du même coup les nouvelles souffrances d’anciens prisonniers ne pouvant oublier la prison puisqu’elle s’affiche encore physiquement.
À toute époque, la marque corporelle garde un caractère ambivalent. L’inscription tégumentaire révèle un système de classement entre le croyant et les autres, le pur et l’impur, l’homme libre et l’esclave ou le prisonnier, la femme et la prostituée, l’homme de bien et le délinquant. Emblème valorisant ou marque d’infamie selon l’œil de l’observateur, le tatouage carcéral est rite de passage, un symbole d’appartenance, d’affiliation mais surtout d’affirmation de l’identité du détenu. C’est l’un des stigmates les plus visibles de la reprise en main du corps prisonnier par le prisonnier lui-même.


Machines à tatouer saisies à la centrale de Saint-Maur, années 1970, Photo prise au Musée national des Prisons, 2009. ©
Machines à tatouer saisies à la centrale de Saint-Maur, années 1970, Photo prise au Musée national des Prisons, 2009. ©

Le corps prisonnier est contraint par le cadre carcéral dès son entrée à l’oubli, à la négation de l’expression. L’œuvre de soumission pénitentiaire a d’abord et toujours été une soumission du corps. Cette soumission des comportements, de la gestuelle peut trouver son couronnement dans la négation de son corps. Le corps carcéral n’est pourtant pas toujours un corps oublié, délaissé, « en jachère », à l’abandon, il est devenu chez certains prisonniers une terre d’affirmation plus ou moins purificatrice. Affirmation d’une identité mais avant toute chose témoignage de vie et d’existence. La peau, le corps – enjeu de lutte et d’interprétation - n’est plus seulement une limite, une interface, il devient un lieu de plaisir retrouvé, un lieu d’expression, de protestation, d’appel à l’aide, un lieu de témoignages, un amplificateur visuel des souffrances mais aussi de tous les sentiments qui fondent l’être humain comme a pu nous le démontrer le tatouage.


Notes

1. D. Le Breton, La sociologie du corps, Paris, PUF, 1992, p.3 et D. Le Breton, Anthropologie du corps et modernité, Paris, PUF, 1990, p.7.
2. D. Le Breton, La sociologie du corps, op. cit., p.26.
3. M. Mauss, Les techniques du corps, Sociologie et anthropologie, Paris, 1950, Cité par D. Le Breton, La sociologie du corps, op. cit., pp.46-47 et pp.63-64.
4. E. Goffman, Stigmate, Les usages sociaux des handicaps, Paris, Les éditions de minuit, 1975 (édition originale 1963), p.12.
5. Pour une histoire du tatouage : C. Grognard, Tatouage, Tag à l’âme, Paris, Syros Alternatives, 1992, passim. E. Guillon et J. Pierrat, Les hommes illustrés. Le tatouage des origines à nos jours, Paris, Editions Larivière, 2000, passim. J. Delarue, R. Giraud, Les Tatouages du « Milieu », Paris, L’Oiseau de Minerve, 1999 (1ère édition 1950), passim. W. Carruchet, Tatouages et tatoués, Paris, Tchou, 1977, passim.
6. W. Carruchet, Bas-fonds du crime et tatouages, Monaco, Editions du Rocher, 1981, pp.37-38.
7. J. Delarue, R. Giraud, Les Tatouages du « Milieu », op. cit., p.20.
8. P. Artières, A fleur de peau, Médecins, tatouages et tatoués 1880-1910, Paris, Editions Allia, 2004, p.7.
9. C. Grognard, Tatouage, Tag à l’âme, op. cit., p.9.
10. W. Carruchet, Bas-fonds du crime et tatouages, op. cit., p.99.
11. E. Guillon et J. Pierrat, Les hommes illustrés. Le tatouage des origines à nos jours, op. cit., p.203.
12. C. Dubois, Paris Gangster. Mecs, macs et micmacs du milieu parisien, Paris, Parigramme, 2004, pp.86-89.
13. D. Le Breton, Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles, Paris, Métailié, 2002, p.43.
14. Voir D. Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française, Paris, Perrin, 2009, passim.
15. J. Delarue, R. Giraud, Les Tatouages du « Milieu », op. cit., p.36.
16. Ibid., p.38.
17. Voir Supra Chapitre 6, pp.308-334.
18. J. Delarue, R. Giraud, Les Tatouages du « Milieu », op. cit., p.39.
19. R. Girier, Je tire ma révérence, op. cit., p.318.
20. J. Genet, Miracle de la rose, op. cit., p.196.
21. Archives du CNO, Prisons de Fresnes, Dossier n°533 de Pierre M., condamné à 5 ans de réclusion pour vols qualifiés, 1951.
22. Archives du CNO, Prisons de Fresnes, Dossiers n°9523, 9527, 9529, 9538, 9543, 9544, 9547, 9563, 9592.
23. Archives du CNO, Prisons de Fresnes, Dossier n°9563 de François L., condamné à 15 ans de Réclusion criminelle pour vols qualifiés, 1963.
24. E. Guillon et J. Pierrat, Les hommes illustrés. Le tatouage des origines à nos jours, op. cit., p.203.
25. S. Malapel, Pratique du tatouage en milieu carcéral, mémoire de maîtrise, Strasbourg, 1991, Cité par D. Le Breton, Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles, op. cit., p.51.
26. A.-M. Marchetti, Perpétuités. Le temps infini des longues peines, op. cit., p.314.
27. A. Sarrazin, La Cavale, op. cit., pp.100-102.
28. Ibid., pp.100-101.
29. P. Artières, « Le panoptique graphique. Visages de l’écriture dans Surveiller et punir », in Lectures de Michel Foucault, Foucault et la philosophie, volume 2, Textes réunis par Emmanuel da Silva, Lyon, ENS Editions, 2003, pp.75-85.
30. J. Delarue, R. Giraud, Les Tatouages du « Milieu », op. cit., p.50.
31. P. Artières, « Le panoptique graphique. Visages de l’écriture dans Surveiller et punir », in Lectures de Michel Foucault, Foucault et la philosophie, volume 2, Textes réunis par Emmanuel da Silva, ENS Editions, Lyon, 2003, pp.75-85.
32. J. Delarue, R. Giraud, Les Tatouages du « Milieu », op. cit., p.39.
33. J. Genet, Miracle de la rose, op. cit., p.197.
34. M. Demello, « The convict body. Tattoing among American prisoners » in Anthropology today, Oxford, 1993, vol. 9, n°6, pp.10-13.
35. D. Le Breton, Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles, op. cit., p.11.
36. N. Menenger, À ceux qui se croient libres, – Thierry Chatbi, 1955-2006 – Lettres, dessins et témoignages, Montreuil, L’Insomniaque, 2009, p.24.
37. Notion de « pulsion de mort » chez J.-T. Maertens, Le dessein sur la peau. Essai d’anthropologie des inscriptions tégumentaires, Paris, Aubier, 1978, pp.152-153.
38. J. Genet, Miracle de la rose, op. cit., p.197.
39. D. Le Breton, Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles, op. cit., pp.48-49.
40. A.-M. Marchetti, Perpétuités. Le temps infini des longues peines, op. cit., p.313.


Mercredi 17 Mars 2010