L'histoire de l'islam dans le nord de Madagascar, religion ou culture ?


Louisa Josepha Jaozafy

Le Périple de la mer Érythrée (100 apr. J.-C.), un guide laissé par un marchand grec alexandrin anonyme vivant en Égypte, évoque les échanges commerciaux à travers l'océan Indien entre l'Afrique, l'Arabie et l'Inde, et fait état pour la première fois de l'existence des vents de mousson qui permirent l'essor du commerce maritime dans la région.

Les voyages étaient effectués vers le sud le long de la côte de l’Afrique de l’est pour obtenir des aromates de la région du cap Guardafui, mais principalement de l’ivoire sur la côte swahilie, dont la principale ville est Rhapta.


Une des quatre mosquées d’Antsiranana, dans le nord de Madagascar (2 décembre 2009)
Une des quatre mosquées d’Antsiranana, dans le nord de Madagascar (2 décembre 2009)
Hubert Deschamps décrit ainsi Azania ou Azanie (le continent africain), « qui est sous la domination de Charibael (probablement Karib’il, roi d’Himyar, Arabie du sud-ouest, aux environs de 220 après J.-C.) et fut longtemps sous la coupe du plus puissant état d’Arabie »(1).
Selon lui, ce marin grec parle du continent africain sur lequel des navigateurs commerçaient pour le compte du roi des Mafir d’Arabie. En effet, les Arabes y commerçaient lances, haches, couteaux, perles de verre, vin, ivoire, cornes de rhinocéros, etc.
Les Arabes faisaient ainsi du trafic depuis le début du premier millénaire.

El Edrissi, grand géographe arabe du XIIème siècle, parle de peuples de navigateurs basés au pays d’Oman, qui faisaient le trafic maritime entre les pays de Zendj en Afrique orientale et Zaledj, autre nom de Sumatra en Indonésie. Les gens de Zaledj se sont déplacés chez les Zendj.
Il évoque une île Al Andjeba, avec riz, bananes et bétail, et des montagnes au centre, qui pourrait être Madagascar.
Depuis une cinquantaine d’années, les recherches archéologiques sur la côte orientale d’Afrique ont mis en évidence l’existence d’une civilisation littorale de commerçants et de navigateurs (les Swahilis) qui doit ses origines à partir du VIIIème siècle à la fusion ethnico-culturelle de populations bantoues d’une part, et d’islamisés d’autre part. Ces derniers sont venus du golfe Persique, de l’Hadramaout, d’Oman, du Yémen et aussi du Goudjerat.
Les colonies musulmanes se fixèrent sur le pourtour de Madagascar, notamment dans les estuaires de la côte du nord-ouest, face à Zanzibar, aux Comores et dans le nord-est. La Grande Ile faisait ainsi partie des pays africains, terres d’accueil des Arabes au VIIIème siècle puis des Arabes musulmans à partir du IXème siècle.
Pourtant aujourd’hui, l’île rouge, ne concentre que 7% de musulmans. Cette population ne conserve que partiellement les rites religieux de l’islam. Pourquoi?

 

Pour quelles raisons l’islam a en effet laissé si peu de traces dans la vie des Malgaches? Après l’Afrique du nord, de l’ouest et certainement de l’est et les Comores, Madagascar faisait pourtant partie des premiers pays africains islamisés par les Arabes.
Selon deux spécialistes de Madagascar, Hubert Deschamps et Pierre Vérin, les premiers Arabes qui se sont installés dans le nord de Madagascar vers le VIIIème siècle, n’étaient que de simples navigateurs venus faire du commerce dans l’océan Indien.
Ceux qui ont accosté l’île entre le Xème et le XIIIème siècle, dans le nord-ouest et le nord-est, étaient des religieux venus islamiser Madagascar. Ils étaient successivement :
- chiites, représentés par les Zéidites(2),
- sunnites,
- encore d’autres chiites, les Ismaéliens(3),
- suivis enfin par d’autres rejetés d’Arabie, les kharijites (troisième courant de l’islam),  qui s’installèrent dans la Grande Ile.

Comment l’islam a-t-il pu se propager dans l’île? Quels sont les facteurs qui ont fait son succès et son intégration, tout du moins dès son arrivée?
Quelle a été l’influence de ces deux vagues de passage dans l’île depuis le début jusqu’à nos jours? Bon nombre de spécialistes ont constaté que Madagascar était un lieu où régnait un syncrétisme endogène et exogène(4), emprunt de religiosité extérieure, et par conséquent, n’a pu permettre à une religion aussi ancienne que l’islam de conserver toute son ampleur.    

Et enfin, que représente cet islam aux yeux des Malgaches? Hormis le fait d’avoir été apporté par les Arabes, il est en coexistence « parfaite » avec d’autres religions, mais est supplanté par le culte des ancêtres(5)(suivi par 52% de la population), notamment chez les Sakalava, qui se transmet de génération en génération.

Ainsi, n’y aurait-il pas eu plus une arabisation qu’une islamisation à Madagascar? N’y parlerait-on pas plus de culture plutôt que de religion?
Pourquoi l’islam était-il à son apogée au début de son arrivée, entre le IX ème et X ème siècle?
N’y aurait-il pas eu une digestion, une syncrétisation de cette religion au fil des années, notamment à partir du XIIème siècle et surtout du XVIème siècle avec l’arrivée des Européens?
Autant de questions auxquelles nous tâcherons de répondre ou d’aborder dans cet article.

 

Arrivée des Arabes et de l’islam à Madagascar


1. Dans le nord/nord-ouest de l’île


    1.1. Première vague d’arrivée : le commerce avec les Arabes

Une grande partie des traditions culturelles malgaches ont pris racine dans la civilisation arabe, surtout en provenance des pays du golfe Persique. L’influence de cette civilisation, reflète les différentes mœurs et coutumes des Malgaches.
L’expansion maritime arabe du début du premier millénaire est un phénomène d’une portée historique considérable ; des navigateurs arabes, non encore islamisés, ont surtout sillonné la moitié occidentale de l’océan Indien, et plus particulièrement la côte orientale de l’Afrique et les îles éparses avoisinantes dont Madagascar. Ils contrôlaient le commerce international.
Des vestiges de villes importantes confirmant les écrits des explorateurs et des navigateurs attestent que la côte nord-ouest de Madagascar fut habitée par des Persans et des Arabes, que les Malgaches surnomment « Antalaotsy ou Antalaotra »(6). Ainsi se développe une aire culturelle antalaote qui s’étendit rapidement au littoral nord-ouest et nord-est de l’île.

Fuyant devant des Portugais durant le XVIème siècle, ils abandonnèrent les côtes d’Afrique orientale et créèrent des colonies échelonnées le long de la côte ouest de l’île. Ils installèrent des comptoirs avec les Antalaotsy : Langany fut un des premiers. Le swahili, dérivé du bantou-arabe, fut la langue véhiculaire.
Les habitants de Madagascar firent alors du commerce avec les Arabes.
Toutefois, l'influence culturelle arabe se limita à quelques comptoirs secondaires, entre le VIIIème et le IXème siècle. C’est l’islam qui propulsa le commerce arabe à son apogée.
Or, à Madagascar, il semblerait que ce soit surtout cette influence culturelle arabe qui soit restée dans les coutumes plus que la religion musulmane.


1.2. Deuxième vague d’arrivée : la religion

Les Arabes du sud (Oman et Yémen) fréquentaient et dominaient depuis l’Antiquité la côte orientale d’Afrique. Cette expansion commerciale se complète, après Mahomet, de l’émigration de certains groupes appartenant à des « sectes » religieuses minoritaires et persécutées :
- dès la fin du IIème siècle, avec des membres de la tribu Azd(7) de l’Oman ;
- au VIIIème siècle avec les Zéidites, dont un des chefs, Ali Mohamed, s’était un   moment emparé des villes saintes ;
- et avec des Sunnites d’El Hasa persécutés par les Ismaïliens.

Selon Dominique Sourdel dans Histoire des Arabes(8), une minorité composée de chiites et de sunnites a été persécutée et chassée par des chiites dominants, les Ismaéliens. Ainsi ces chiites dominés et ces sunnites rejetés sont allés s’exiler dans l’océan Indien, notamment sur les côtes orientales africaines et autres îles environnantes, entre le IXème et Xème siècle.
Dès le XIIème siècle, sur la côte ouest, ces nouveaux arrivants, commerçants islamisés parlant le swahili, multiplièrent leurs établissements en fondant de nouveaux comptoirs.  Le commerce (la traite) des esclaves se développa beaucoup avec l’activité de ces commerçants ; l’esclavage se propagea alors dans toutes les régions de la Grande Ile.
Ils établirent ainsi, aux dépens des Austronésiens(9) de Madagascar, leur contrôle sur les routes et le trafic de l'océan Indien. Ces établissements ont laissé d’abondants vestiges. On a découvert des ruines de murailles servant de défense à de véritables villes, des mosquées, des tombes… Grâce aux boutres, ils naviguent entre la Grande Ile, les Comores et le Mozambique, effectuant longtemps l’essentiel des échanges, y compris, à l’occasion, la traite entre les Malgaches devenus sédentaires et le monde extérieur.

 

2. Dans le nord-est de l’île


Cette première immigration de navigateurs eut pour cause une expansion commerciale ou des conflits de sectes en Arabie, conflits qui semblent s’être prolongés à Madagascar entre deux vagues successives d’immigrés.    
Plus tard, vers le IXème siècle, des Persans chiites duodécimains(10), venus de Chiraz (en Iran), fondent des comptoirs sur toute la côte de Mombassa à Anjouan. Ce sont là les épisodes connus de migrations qui ont dû être nombreuses et où les Ismaïliens, dispersés par les persécutions en Perse et en Inde, ont pu jouer un rôle important. Ainsi les Ismaéliens, à leur tour, furent chassés de leur terre d’origine et se réfugièrent, comme les Zéidites et les sunnites avant eux, dans la partie occidentale de l’océan Indien et arrivèrent à Madagascar, notamment dans le nord-ouest, puis dans le nord-est (Vohémar).
Ces Ismaéliens furent pourtant persécuteurs des sunnites autrefois.

Et entre le Xème et le XIIIème siècle, des Omanais et peut-être aussi des Yéménites, des kharijites, selon P. Vérin(11), se sont exilés à leur tour dans la Grande Ile. Ces kharijites constituent la troisième grande division de l’islam. Ils se tiennent en dehors des querelles idéologiques des sunnites et des chiites et pensent que seule la valeur personnelle de l’individu importe. Ils maîtrisent le commerce transsaharien et maritime à longue distance.
Ismaéliens et Zéidites séjournèrent ensemble à Vohémar pendant plusieurs siècles, tout du moins jusqu’au XVème siècle, avant les grandes migrations musulmanes dans le pays.

Or P. Vérin affirme que ces musulmans seraient d'abord arrivés dans le nord-est (Irodo, ancien nom de Vohémar) puis se seraient réfugiés dans le nord-ouest. Nous pensons ainsi à plusieurs pistes :
- soit l'islam serait directement arrivé à Madagascar, sans passer par l’Afrique
- soit il serait arrivé par l'Afrique de l'est en passant par les Comores,  – islamisées pourtant au XIIème siècle –!
- soit il serait d'abord passé par l'Afrique de l'est (Mogadiscio notamment et peut-être Zanzibar) et serait directement arrivé à Irodo.

 

3. Pourquoi l’islam a-t-il pu se propager dans le nord de l’île ?


L’Arabie connaît une période de déclin, aggravé par le dépérissement de la civilisation du Yémen envahi par les Sassanides d’Iran vers 570.
Les Arabes du nord et du sud se sont convertis à la religion islamique pour chasser ces Sassanides ou Persans d’Iran et les Byzantins. Ils ont ainsi pu faire des guerres avec des capacités militaires exceptionnelles. En effet, avant la pénétration de l’islam, les Arabes fonctionnaient comme des mercenaires, ne connaissaient que l’inimitié et ne pratiquaient que la vendetta. Il n’y avait pourtant pas de supériorité d’un homme sur les autres.
Ainsi pour changer les rapports de force avec leurs voisins, les Arabes ont décidé d’adopter un processus unitaire dans la religion, d’être sous l’égide d’un seul, d’Allah dans l’islam. L’islam a alors permis d’abandonner certaines guerres intestines.

Les Berbères firent de même lors de la pénétration des Arabes dans le Maghreb en 647, lors de leur grande vague d’islamisation. Christianisées superficiellement, les populations urbaines de la côte nord-africaine embrassèrent l'islam, plus valorisant à leurs yeux, que la religion byzantine trop lointaine, à laquelle se référait une administration corrompue. Ils ont choisi de se convertir d’eux-mêmes à un islam dissident, l’ibadisme(12) (apporté par la seconde vague d’Arabes musulmans), pour chasser les Arabes de leurs terres.
C’est après la mort d’Okba ibn Naf(13) que les Berbères se sont convertis. Ce commandant de la première troupe d’islamisation avait attaqué de la Libye et de l’Egypte vers le Maroc et fut battu par une femme qui serait d’origine juive, Kahina, nouveau chef de la résistance berbère. Cette dernière se fit très vite tuer, elle régna de 685 à 704 après Jésus-Christ. Alors sur son lit de mort, elle fit jurer à ses fils de se convertir à l’islam.
Or ce n’est pas l’islam orthodoxe de la première vague d’islamisation (le sunnisme) que les Berbères embrassèrent, mais l’ibadisme, sous-branche du kharijisme. Pourquoi ?
Les premiers Arabes étaient confinés dans un espace restreint (Kairouan et Sousse dans le nord de la Tunisie), les missionnaires ibadites vinrent à leur tour conquérir le Maghreb.
Les Berbères ont choisi l’ibadisme car ils n’étaient composés que de sociétés civiles, alors que les Arabes de la première vague étaient des musulmans orthodoxes sunnites et fonctionnaient avec l’Etat.
Ces Berbères ont alors choisi l’ibadisme pour des raisons antiimpérialistes. Ce dernier n’a en effet pas de processus politique centralisé, mais clanique. D’un côté, il y avait une conception externe à l’Etat chez les Berbères et de l’autre il y avait une conception antiimpérialiste dans l’ibadisme ; il y eut convergence logique des deux.
La conversion s’est faite de façon massive et rapide ; soit presque 100% des Berbères se sont convertis à l’ibadisme. 
Cette conversion est devenue une arme contre les Arabes. La foi religieuse créa une unité acceptable entre les troupes berbères, ces dernières ne voulaient pas d’autorité supérieure (celle d’un seul homme) à l’autorité clanique. Ils proclamèrent une unité en Dieu en gardant toutes les structures claniques, sans contrainte militaire. Et seule la réunion des chefs de clans pouvait former une autorité unique – ce qui était d'ailleurs déjà valable chez les Arabes durant leurs guerres contre les Persans et les Byzantins voulant asseoir leur pouvoir impérialiste –.
Les Sakalava auraient-ils fait de même contre les Merina(14) ou Hova(15)? Durant la première moitié du XIXème siècle, la guerre opposait les armées de Radama Ier(16) aux Sakalava. Une partie de la population locale se réfugia sur les îles du nord-ouest dont Nosy-Be. Mais devant la menace des armées merina, la population du nord de l'île demanda de l'aide auprès du sultan de Zanzibar qui envoya un vaisseau en 1838.
Le prince Souleimana Andriantsoly Amada, prince sakalava de Nosy-Be (officiellement de 1960 à 1975 et symboliquement jusqu'en 2004), proclamait haut et fort que c’était un choix stratégique que de devenir musulman dans la royauté sakalava. En effet, les rois précédents n’étaient pas musulmans d’origine, ils le sont devenus par les liens du mariage. L’islam était synonyme de grand pouvoir. Pour avoir un pouvoir économique et par conséquent politique, les rois sakalava se convertirent alors à la religion musulmane.


Une des plus grandes moquées de Madagascar, sur la route du Carbure à Antananarivo, capitale de Madagascar (12 décembre 2009)
Une des plus grandes moquées de Madagascar, sur la route du Carbure à Antananarivo, capitale de Madagascar (12 décembre 2009)
Apport de la culture arabe ou de la religion musulmane ?


1. Chez les Sakalava : commerce, puissance et unification interethnique


    1.1. Commerce et puissance

Les Arabes fréquentaient le nord-ouest de Madagascar avec leurs boutres, par l’intermédiaire de côtes orientales d’Afrique (Mogadiscio, Malindi, Kiloa, Sofala, etc.) et des Comores dès le VIIIème siècle.
Ils y apportent leur langue, leurs mœurs, leurs coutumes, leur culture.
Ainsi une féodalité, des liens de vassalité liaient les différents comptoirs.
L’influence arabe se répandit largement à Madagascar. Elle se traduisait par la pratique de l’astrologie, de la géomancie(17).
Par les comptoirs antalaotes et arabisants, des valeurs de civilisation pénétraient dans le Boina [ou Boeny] à l’ouest et dans le nord de l’île.
Les habitants de Madagascar firent du commerce avec les Arabes jusqu’au XVème siècle, fournissant monnaies d’argent et d’or, mais surtout de rites commerciaux (marchandage, palabres, etc.). Le commerce apportait dans les établissements antalaotra aromates, plantes médicinales, épices et parfums et aussi de grands produits de luxe, tels que de fines étoffes venues d’Inde, vaisselles et verreries persanes et importations de tissus, d’outils de fer, de perles ; exportation d’ivoire, d’or, d’ambre gris, d’écaille de tortue, de corne de rhinocéros, et surtout d’esclaves, envoyés en grand nombre en Arabie, à Bagdad, en Perse, aux Indes et jusqu’en Chine ; la population de l’Oman comptait, au XVIème siècle, un tiers d’esclaves noirs.
El Idrissi confirme que « les gens de Madagascar ne possèdent pas de bateaux pour les traversées maritimes. Il leur vient d’Oman et d’ailleurs »(18).
Ces premiers Arabes venus à Madagascar pratiquaient l’art divinatoire (fanandroana ou sikidy en malgache) et possédaient le système d’écriture de l’arabe classique (comme le Sorabe(19) chez les Antaimoro dans le sud-est de Madagascar).
Ayant côtoyé la côte de l’Afrique orientale, ils étaient accompagnés par des Africains. Ainsi, Chiraziens et Zanzibariens essaimaient de la côte ouest jusqu’à la côte nord de l’île.
Ils s’alliaient avec les chefs locaux par le biais des mariages et de cette manière introduisaient leurs traditions culturelles.


    1.2. Moyen d’union

Chez les Sakalava, l’islam a permis de rester unis entre eux. Lors de la guerre contre les Hova vers la fin du XVIIème et le début du XVIIIème siècle, les Sakalava se sont convertis à l’islam, non pas pour la religion musulmane elle-même, mais par désir de souveraineté. Le seul moyen pour que les divergences cessent dans les différents rangs entre les souverains sakalava était de se convertir à l’islam, leur seul point d’entente.
Les Sakalava entraînèrent avec eux les Antakarana pour rester unis face aux Hova.

 

2. Chez les Antakarana : commerce, prestige et puissance militaire


    2.1. Prestige et commerce

Vers le IXème siècle, le commerce à Madagascar se faisait entre la côte orientale de l’Afrique, de l’Arabie du Sud, du golfe Persique et de l’Inde. Arabes et Swahilis venaient chercher à Komr ou à Bukini (anciens noms attribués à Madagascar) ce qui manquait en Afrique orientale (riz, gomme copal(20), chloritoschiste(21)), en Arabie et dans le golfe Persique (esclaves destinés aux harems, poteaux de mangrove et du riz). Ils apportèrent à Madagascar des perles indiennes de Cambaye, des céramiques islamiques du Moyen-Orient et, à partir du XVème siècle, d’importantes quantités de céramiques chinoises transitèrent par Malacca (ancien nom de Melaka, ville et port de Malaisie), des tissus et un peu d’argent (dirhams).
Le va-et-vient des boutres colporta la foi islamique en même temps que le commerce.
Par ce commerce, certaines villes du nord de Madagascar devenaient de plus en plus florissantes, comme Boeny dans la baie de Boina (dans le nord-ouest), ou encore Vohémar (Bimaro ou Iharana) dans le nord-est.
P. Vérin(22) a découvert des ouvrages de maçonnerie, une enceinte longue de soixante mètres et un cimetière arabe. Les ruines, et les divers objets (pièces d’or, bijoux indiens, dinars fatimides du IXème et du XIème siècle, etc.) trouvés à Vohémar attestent de la vie d’une ville commerçante, d’un comptoir en relation avec l’Inde, l’Arabie, la côte orientale d’Afrique.


    2.2. Puissance militaire

En fournissant aux Sakalava, établis dans l'ouest de l'île, les moyens d'acquérir des armes à feu, le commerce maritime de la traite des esclaves avec les Antalaotra donna à leur dynastie les moyens nécessaires pour asseoir leur domination sur une grande unité territoriale, par la supériorité des armes et la richesse.
Les Antakarana étaient sous la suzeraineté sakalava durant les XVIIème et XVIIIème siècles. Mais à la fin du XVIIIème siècle, Lamboina et son fils Tembola (successivement rois antakarana) secouèrent la tutelle sakalava par le biais de collaboration avec Zanzibar. C’est une des raisons pour laquelle le nord de Madagascar a fortement subi l’influence de l’islam. Un commerce actif se faisait entre cette île et la côte nord-ouest. Ce commerce entre Africains islamisés et Malgaches du nord-ouest a eu des impacts sur la côte nord-est.

 

3. Chez les Anjoaty


La population de Vohémar comprend encore une forte proportion de descendants d’Anjoaty. Ces derniers pourraient aussi être un des peuples qui émigrèrent du nord-est au XVème siècle vers le sud-est, appartenant ainsi aux Antaimoro. Il s’agirait alors de sunnites.
Les Anjoaty dans le nord-est sont aussi appelés les Onjatsy, comme ceux du sud-est. Ainsi, l'islam avait fait quelques incursions dans l'intérieur du pays bien avant le XVIème siècle. Ces Anjoaty auraient émigré dans le sud-est et dans une certaine partie du sud-ouest de Madagascar, en ayant apporté avec eux l’islam. S’agissait-il de religieux voulant convertir d’autres Malgaches?


    3.1. Pratiques divinatoires

Au nord-est, dans la région de Vohémar, on a trouvé les ruines d’une ville arabe et des monnaies des XIème et XIIème siècles : les Anjoaty en sont les descendants.
Les Onjatsy du sud-est acquirent de leurs ancêtres Zéidites, la réputation de devins, de guérisseurs, partout où ils passèrent. Ils seraient les plus célèbres sorciers de Madagascar. Alors si les Anjoaty du nord-est sont apparentés aux Onjatsy du sud-est, les premiers seraient-ils aussi des devins?


Pourquoi l’islam aurait-il pu disparaître? Disparition de la religion ou plutôt de son impact?


    1. Insularité de la Grande Ile

P. Vérin affirme que les « Islamisés » venus de l’extérieur se « malgachisent et […] initient à leur mode de vie commercial et religieux des gens du lieu ». Il ajoute que « l’éloignement et l’insularité de Madagascar feront que, dans une large mesure, le milieu local de la malgachitude ‘digèrera’ les apports islamiques »(23). Cette dernière assertion est, on ne peut plus, primordiale. Elle expliquerait la « digestion » de l’impact de l’islam (faible représentation de musulmans) à Madagascar.


    2. Les caractéristiques des habitants de Madagascar vues par certains auteurs

Selon G. Ferrand (historien du début du XXème siècle), chez les Malgaches « […] Toute chose nouvelle, à quelque catégorie qu’elle appartienne, pourra [les] ‘‘ passionner ’’ pendant un certain temps, ensuite [ils feront] preuve de la plus grande indifférence ou d’un scepticisme [à l’encontre] de la nouveauté religieuse, industrielle ou artistique, qui [les] aura auparavant vivement intéressé[s] »(24).
Nous pouvons certes reprocher à Ferrand des propos quelque peu condescendants, c’est pour cette raison que nous n’avons pas mis l’intégralité de cette citation. Mais nous voulions accentuer la perspicacité du fait que toute religion externe à Madagascar, ─ dans le cas ici il s’agit bien sûr de la religion musulmane, mais peut-être des autres religions ─  a connu et connaît aujourd’hui une difficulté voire une incapacité à conserver son influence dans sa totalité sur la population malgache.
D’ailleurs selon Malanjaona Rakotomalala, anthropologue, « les Malgaches ont l’habitude de ‘‘prendre’’ toutes les religions et de se les approprier. Il y a un syncrétisme [religieux] sélectif à Madagascar. Ils étudient chaque religion qui leur vient de l’extérieur, choisissent ce qui les intéresse, ce qu’ils peuvent adapter à leur vie quotidienne et jettent ce qui ne servira à rien »(25)
Pour quelles raisons? Cela vient-il du fait que :
- la Grande Ile concentre 49% d’adeptes du culte des ancêtres, pratiques religieuses encore très suivies par tous les Malgaches (chrétiens, musulmans ou athées) parce qu’il leur vient directement des Vazimba(26)? Le culte des ancêtres est un respect de la tradition pour tout Malgache.
- Madagascar concentre 51% de chrétiens, religion la plus importante et suivie par la majorité des Merina, population de la capitale malgache et de l’ancien grand royaume de l’île rouge (de la fin XVIIIème jusqu’au à la fin du XIXème siècle). 
Ainsi, ce syncrétisme religieux sélectif a pour but de prendre « ce qui vient de l’extérieur pour enrichir le local »(27).
André Mary (anthropologue) souligne, à ce propos, qu’il n’y a pas de syncrétisme sans réinterprétation [sans la dichotomie entre « culture ‘dominante’ et culture ‘dominée’ »(28)], « c’est-à-dire sans appropriation des contenus culturels exogènes par le biais des catégories de pensée de la culture native »(29). Cela se vérifie aussi dans l’histoire de la Grande Ile.

 


    3. Culte des ancêtres

Aujourd'hui l’islam malgache est rudimentaire et teinté de rites autochtones, comme dans la population où cette situation est la plus connue, les Sakalava.
Pourquoi pratiquent-ils partiellement l’islam? Ils sont tout d’abord en grande majorité animistes, ils pratiquent le culte des ancêtres.
Selon Cassam Aly, un notable malgache, ce sont les descendants métis des immigrés comoriens et les Arabes du Yémen, avant et pendant la colonisation française, qui sont les tenants de la religion musulmane, notamment à Antsiranana ville (ou Diego-Suarez), dans le Sambirano et à Nosy-Be(30).
Or chez les Sakalava de Nosy-Be et de Sambirano, c’est plutôt la religion des ancêtres, soit l’animisme, qui prédomine.
De nos jours encore, cette pratique est ancrée profondément ; le vol inaugural d'un Boeing 747 de la compagnie nationale Air Madagascar, en 1979, a donné lieu à un sacrifice de zébus en l’honneur des ancêtres, afin d'assurer longue vie à l'appareil ainsi qu'à ses passagers.

 


    4. Fin du pouvoir d’unification de l’islam

La religion musulmane a eu des limites. A l’inverse du Maghreb en 647, les conflits entre les peuples malgaches ont eu « raison » de l’islam. Durant tout le XVIIème siècle, Madagascar fut dominée par la multiplicité des petits royaumes. Parmi les tentatives de conquête, la plus remarquable est peut-être celle des Sakalava qui, au milieu du XVIIème siècle, dominèrent toute la côte est et y jetèrent les bases d'un véritable empire, notamment par leurs alliances avec des musulmans aux Comores ─ comme le mariage, au XXème siècle, d’Abdérahmane de Mayotte avec la princesse sakalava Safy Mozongo qui a rendu prestigieux et aussi grand le pouvoir des princes sakalava(31) ─.
Toutefois, la puissance sakalava fut minée par des querelles de succession et buta face à l'opposition des Merina auxquels les Sakalava durent finalement se soumettre.
         Alors cette incapacité de l’islam à garder unifiées des ethnies sur un long terme et à faire gagner une guerre serait-elle une des raisons de la disparition de l’influence de l’islam? Ou est-ce que, comme on le sait, le commerce avec les Arabes qu’il a pérennisé a été supplanté par celui avec les Européens ?

 

L’océan Indien est la première destination des Arabes lors de leurs différentes explorations en tant que navigateurs, commerçants, avant le VIIIème siècle. Il s’agit d’Arabes qui n’ont pas encore connu l’islam. Ils s’y sont aventurés suivant les courants, essentiels dans la navigation océanienne. Ces courants favorisaient alors les déplacements des Arabes dans les deux sens entre l’est et l’ouest.

Ainsi les Arabes se sont dirigés tout d’abord vers le Maghreb, puis vers les Grandes Comores, et enfin vers la Grande Ile. Ils vinrent, durant une deuxième vague, vers les IXème–XIIIème siècles, dans le but d’islamiser les mêmes pays qu’ils avaient alors découverts et où ils avaient établi des comptoirs.
 
Beaucoup de guerres intestines entre ces différents « clans » ou « ethnies » en formation, notamment chez les Sakalava (dans le nord et l’ouest), les Antakarana (dans le nord-est), les Merina (dans le centre) permirent l’installation de l’islam et la culture arabe dans la Grande Ile. Les migrations intérieures également, vers le XVème siècle (les Ismaéliens et les Zéidites vers le sud-est, les Sunnites vers le nord) favorisèrent cette expansion.
Les Arabes auraient apporté le commerce, la puissance militaire, les pratiques divinatoires, et l’islam permit d’en pérenniser les influences.
Et aujourd’hui, chez les Antakarana, reste-t-il toujours des musulmans? Ont-ils conservé leur puissance militaire et commerciale due à cette conversion? Continuent-ils toujours à se marier aux Sakalava ou à d’autres musulmans?         
Les Anjoaty, pratiquent-ils toujours l’art divinatoire par respect envers la religion musulmane? Les hommes politiques font-ils toujours appel à leurs pouvoirs, comme le faisait Radama Ier ?
Ou comme les Sakalava, ces deux peuples ne pratiquent pas toutes les obligations religieuses et ne choisissent que quelques pratiques dans l’islam pour leur vie quotidienne? Ne parlerait-on pas plutôt de « quotidianisation » de l’islam chez les Malgaches?

L’islam n’a pu résister et garder son omnipotence, serait en train de disparaître, si l’on évoque les différentes caractéristiques de la Grande Ile. Mais cette digestion ne serait-elle pas due à l’éclatement des sciences arabes? Ou inversement, l’islam n’aurait-il pas conduit à leur déliquescence? L’âge d’or du monde arabe se situe entre le VIIème et le XIème siècle, sa diffusion fut liée à l’expansion de l’islam. Et à partir du XIIème-XIIIème siècle, le monde arabe a atteint son paroxysme mais aussi le début de son déclin.  Madagascar aurait aussi connu cet effondrement et du monde arabe et de l’islam, avant l’arrivée des Portugais au XVIème siècle.
Pourtant l’actualité pourrait prouver le contraire.
Ces dix dernières années, les mosquées sont régulièrement remplies et les différentes associations musulmanes sont de plus en plus présentes dans la vie politique et sociale malgache. Une évolution que les autres confessions religieuses malgaches voient d'un œil méfiant. Il n'est pas rare d'entendre dans les temples ou les églises malgaches des prêches qui « diabolisent » l'islam. Néanmoins, si l’on se réfère à une étude faite par la communauté musulmane malgache commencée en 2000, Madagascar pourrait bien être le plus grand pays islamique du sud de l'océan Indien vers 2050.
Ce recensement est-il vraiment objectif? 
Cette actualité sur l’islam se vérifiera-t-elle sur le long terme?
Dans les 7% de fidèles connus aujourd’hui, les musulmans ne mangeant pas de porc et/ou pratiquant que le ramadan sont-ils répertoriés?
Ou ces derniers ne formeraient-ils pas finalement un nouvel islam? La religion musulmane ne s’y est-elle tout simplement pas modernisée, comme au Maghreb? 
En effet, non seulement l’islam se modernise, mais plus les pays se modernisent, plus ils s’éloignent de la religion. Jean-François Dortier (directeur du magazine Sciences Humaines) développe que « longtemps les sociologues ont cru que les religions allaient disparaître, condamnées par le progrès de la science, de la raison, de la médecine, de la technique, par les effets de la laïcisation des sociétés ».(32)
La modernité n’a pas fait  disparaître la religion musulmane, comme on tend à le croire, mais l’a faite évoluer.
Il y a une « renaissance de l’islam ».(33) Et cette dernière est une évolution de la religion. Ainsi, c’est à cause « [d]es fonctions qu’entretient la religion dans les sociétés actuelles : sociales, morales, idéologiques, thérapeutiques, etc.… »(34) qu’aujourd’hui à Madagascar, on parle plutôt de « quotidianisation » de la religion et de sa tension vers l’assimilation à une tradition ou une culture. Depuis sa pénétration dans l’île rouge, l’islam n’a de cesse eu une fonction sociale : les rois sakalava déjà, s’y convertirent pour accéder au pouvoir prestigieux. Il était alors réservé aux lettrés, à l’élite, comme chez les Antaimoro du sud-est. 

Les Musulmans à Madagascar en 1955 (Louis Molet, 1959)
Les Musulmans à Madagascar en 1955 (Louis Molet, 1959)

Notes


(1) H. Deschamps, 1960, Histoire de  Madagascar, Paris : Berger-Levrault, p. 158.
(2) Mouvement formé vers 765 qui se répandit au Yémen, au Maghreb. Les Zéidites, partisans de Zaïd, arrière-petit-fils du gendre du Prophète Ali, furent les ancêtres des Anjoaty de la côte nord-est de Madagascar. Ils acquirent la réputation de devins, de guérisseurs, partout où ils passèrent.
(3) Sous branche du chiisme créée en 765, à la mort du sixième imam, Jaafar Al Safiq, bien connu pour son oeuvre juridique.
(4) A. Mary, 1999, Le défi du syncrétisme. Le travail symbolique de la religion d'Eboga (Gabon), Paris, EHESS, V. Boyer, 2000, recension de l’œuvre parue dans Études rurales, 153-154 - La très longue durée.
(5) (Ou encore animisme) : religion qui donne lieu à des sacrifices d’animaux (boeufs, coqs), à des offrandes (alcools et cérémonie du tromba - état de transe chez les Malgaches), qui varient d’une ethnie à l’autre mais appartiennent à un fond culturel commun : la conviction que les ancêtres, quelles que soient les pratiques funéraires des diverses communautés, surveillent, protègent et punissent en cas de désobéissance aux coutumes.
(6) du malgache anta, qui vient de, et de l'indonésien laut, la mer.
(7) Tribu arabe de la fin du IIème et du début du IIIème siècle de notre ère.
(8) D. Sourdel, 1976, Histoire des Arabes, Paris : PUF, Que sais-je ?, p. 110.
(9) Ou Malayo-polynésiens. Se dit d’une famille dont le domaine s’étend de Taiwan à la Nouvelle-Zélande et de Madagascar à l’île de Pâques, en exceptant l’Australie et une partie de la Nouvelle-Guinée. Langue qui comprend notamment l’indonésien et le polynésien.
(10) Adeptes majoritaires du chiisme qui reconnaissent douze imams. C'est l'islam officiel d'Iran.
(11) P. Vérin, 1970, Arabes et islamisés à Madagascar et dans l’océan Indien, Antananarivo : Revue de Madagascar n°35, p. b.
(12) Islam dissident du kharijisme qui s’est développé au Maghreb contre les Arabes, lors de l’islamisation des Berbères durant les VIIèmeet VIIIèmesiècles. Islam majoritaire de l’Oman aujourd’hui devant le sunnisme.
(13) Emir arabe qui fonda la cité de Kairouan en Tunisie au VIIème siècle.
(14) Peuple occupant la partie nord du centre de Madagascar, gravitant autour de la région d’Antananarivo, la capitale.
(15) « La bourgeoisie ». Ils sont issus des familles qui ont accompagné les Andriana (des nobles) à leur arrivée sur les hauts plateaux, dans le centre de Madagascar.
(16) Roi de l’Imerina, royaume du centre de la Grande Ile, de 1810 à 1828.
(17) Divination par l’apparence du sol, des figures sur le sol.
(18) J. Cuoq, 1985, Recueil des sources arabes concernant l’Afrique occidentale du VIIIème au XVIème siècle, Paris : Editions du CNRS, p 270.
(19) Système d’écriture de l’arabe classique, écriture arabico-malgache, version archaïque du Coran, une philosophie d’écriture de l’arabe d’antan. Vocabulaire ésotérique utilisé dans le sud-est.
(20) Matière extraite de résineux tropicaux utilisée dans la fabrication des vernis.
(21) Pierre tendre produite au nord du pays, dans la région de Vohimarina (Vohémar), dans le nord-est.
(22) P. Vérin, 1970, Arabes et islamisés à Madagascar et dans l’océan Indien, Antananarivo : Revue de Madagascar n°35, p. b.
(23) P. Vérin, 1975, Les échelles anciennes du commerce sur les côtes Nord de Madagascar, Lille : Service des reproductions des thèses, Tome I, p. 350.
(24) G. Ferrand, 1891, Les Musulmans à Madagascar et aux Iles Comores, Alger, Tome I, p. 19.
(25) Selon M. Rakotomalala, anthropologue de l’INALCO, lors d’un entretien (juillet 2004 à Paris).
(26) Premiers habitants de Madagascar, selon les traditions orales. Il s’agit de "proto-malgaches" qui seraient arrivés tout d'abord d'Indonésie et du sud-est asiatique et auraient abordé Madagascar par l'ouest et le nord-ouest vers le VIIIème siècle. D'après une hypothèse, certaines de ces populations se seraient d'abord établies dans l'archipel des Comores avant de gagner la Grande- Ile.
(27) Selon M. Rakotomalala, anthropologue de l’INALCO, lors d’un entretien (juillet 2004 à Paris).
(28) C. Bernand, « Le syncrétisme dans tous ses états », in Regards croisés sur le bricolage et le syncrétisme. Texte issu de la séance de Lectures en Sciences Sociales des Religions, organisée autour du livre d’André Mary, par l’Association Française de Sciences Sociales des Religions (AFSR) , le 1er décembre 2000 à l’IRESCO, à Paris.
(29) A. Mary, 1999, Le défi du syncrétisme. Le travail symbolique de la religion d'Eboga (Gabon), Paris, EHESS, p. 32.
(30) Lors d’entretiens, durant les mois de juillet et août 2004.
(31) D’après l’histoire de famille recueillie auprès du défunt prince sakalava de Nosy-Be, Souleimana Andriantsoly Amada, le mardi 22 juillet 2003 à Nosy-Be.
(32) J.-F. DORTIER, « Le phénomène religieux. Unité et diversité », in La religion. Unité et diversité, 2005, Auxerre, Sciences Humaines Editions, pp. 2-3.
(33) Ibid.
(34) Ibid.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

BERNAND Carmen, 1er décembre 2000, « Le syncrétisme dans tous ses états », in Regards croisés sur le bricolage et le syncrétisme. Texte issu de la séance de Lectures en Sciences Sociales des Religions, organisée autour du livre d’André Mary, par l’Association Française de Sciences Sociales des Religions (AFSR), à l’IRESCO, à Paris.

BOYER Véronique, 2000, Recension de l’œuvre d’André Mary, Le défi du syncrétisme. Le travail symbolique de la religion d'Eboga (Gabon), Paris : Études rurales, 153-154 - La très longue durée.

CONSTANTINI François, 1987, Les voies de l’islam en Afrique orientale, Paris : Karthala,  148 p.

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FERRAND Gabriel, 1891, Les Musulmans à Madagascar et aux Iles Comores, Tome I : Les Antaimorona, 163 p. ; 1893, Tome II : Zafindramonia, Antambahoaka, Onjatsy, Antaiony, Zafikazimambo, Antaivandrika et Sahatavy, 129 p. ; 1902, Tome III : Antakarana, Sakalava, migrations arabes, 204 p., Alger : Publications de l’Ecole des Lettres ; Paris : E. Leroux.

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1975, Les échelles anciennes du commerce sur les côtes Nord de Madagascar, Tomes I et II, Lille : Service de reproduction des thèses, 518 p. et 509 p. 
1992, Madagascar, Paris : Karthala,  256 p.

 


Mercredi 24 Mars 2010