Qualifier des lieux de détention et de massacre (4). Dispositifs de médiation mémorielle.




Après avoir posé les bases de ce que recouvre la notion de qualification, puis traité des caractères territoriaux et humains qui particularisent certains lieux de mémoire, les chercheurs s’attachent ici à décrire, comprendre et mettre en perspective les dispositifs de médiation mémorielle. De quoi s’agit-il ? Donnant forme et visibilité au passé, ce type de dispositif est fondé sur des temporalités et spatialisations en tensions, fixant au présent des événements du passé en un lieu aux contours souvent mouvants, les tracés de faits anciens pouvant être redessinés au vu des impératifs contemporains. Répondant par ailleurs à des objectifs de transmission, celui-ci voit se rejoindre visées et attentes mémorielles, agents de mémoire et visiteurs devant partager un langage et des références communs. Ainsi le choix des faits et personnalités qui feront l’objet d’une attention particulière est-il un élément déterminant du contenu transmis et des moyens sollicités pour le relayer. Les traces de la temporalité s’incarnent donc dans l’appropriation d’un événement dont on peut suivre les infléchissements de sens au fil du temps comme autant de stratifications. De fait, il est impossible d’opposer histoire et mémoire, un événement n’apparaissant aux contemporains que sous les traits de l’interprétation qui en est donnée.
 
Béatrice Fleury, Professeur en sciences de l’information et de la communication à Nancy-Université et directrice-adjointe du Centre de recherche sur les médiations, est notamment l’auteur de travaux sur la médiatisation de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d’Algérie.
 
Jacques Walter, Professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paul Verlaine-Metz, directeur du Centre de recherche sur les médiations et directeur-adjoint de la MSH Lorraine, est notamment l’auteur de travaux sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et des génocides.



Lundi 17 Octobre 2011
Jacques Walter, Béatrice Fleury dir.