Mise en contexte
Avant d’entamer ma présentation, j’aimerais vous témoigner l’immense plaisir que j’ai eu à organiser et à partager ce colloque avec vous. Comme je l’ai mentionné lors du mot de bienvenue, la question centrale de ce colloque, soit Comment l’anthropologie peut-elle contribuer à l’étude des enjeux de notre société québécoise ? est mienne depuis mes études de maîtrise, terminées en 2003. Par vos présentations vous avez plus que contribué à répondre à cette question, vous m’avez convaincue que cette question nous unit. Tout au court de cette journée, vos propos sont venus éclairer mes réflexions et la présente présentation. J’aimerais donc profiter de la dernière présentation de ce colloque pour résumer vos principaux apports. Vous comprendrez que, malheureusement, ma présentation ne peut inclure toutes les discussions que nous avons tenues. Mais, j’espère en résumer les principales qui, comme vous le verrez, s’appliquent également à mes recherches dans le milieu de la sécurité incendie du Québec.
Introduction
Plusieurs d’entre vous nous ont fait part être toujours étudiants ou avoir terminé récemment leurs études graduées en anthropologie. En 2011, je terminais mon doctorat, non pas en anthropologie, mais en philosophie. Bien que réalisée en philosophie, ma recherche doctorale a été menée par la méthode ethnographique. Mon terrain fut les postes de police, les salles de tir et les formations en emploi de la force de la Sûreté du Québec et du Servie de Police de la Ville de Québec. Mes recherches portaient alors sur l’emploi de l’arme de service lors d’interventions d’urgence. Suite à l’obtention de mon diplôme, comme les étudiants et les nouveaux diplômés d’entre vous l’ont si bien mentionné, la recherche d’emploi fut mon principal défi.
L’absence de poste d’anthropologue ne m’a pas surprise. En fait, depuis l’obtention de ma maîtrise, je m’étais initiée à la nomenclature administrative des postes en recherche : professionnel de recherche, agent de recherche, agent de planification et de programmation, etc. Je savais donc que, bien qu’on me qualifie d’anthropologue et de philosophe dans le milieu académique, pour le milieu du travail je suis une professionnelle de recherche en sciences sociales. Comme vous avez été plusieurs à le souligner, l’anthropologue se distinguent, par contre, des autres professionnels de recherche par ses compétences particulières. Outre ses compétences en collecte et en analyse de données qualitatives, il utilise les méthodes quantitatives ; une combinaison peu fréquente. De plus, comme Mme. Richardson, M. Bédard, M. Côté et M. Gagné nous l’on si bien exposé, l’anthropologue excelle dans les équipes multidisciplinaires. Par ses capacités à observer et analyser les cultures, l’anthropologue parvient rapidement à saisir les préférences et habitudes de ses collègues des autres disciplines. Sans pour autant dire que l’anthropologue étudie ses collègues – il le fait tout de même un peu – il parvient habituellement à les comprendre et à faire comprendre la pertinence de sa discipline.
Pour ma part, mes recherches d’emplois ont été courtes. L’expérience diront certains. Mais aussi un heureux hasard : un poste d’agente de recherche à l’École nationale des pompiers du Québec ENPQ était offert. On y cherchait un agent de recherche habilité à mener des recherches qualitatives et quantitatives dans le milieu de la sécurité incendie. Après des discussions avec les dirigeants de l’ENPQ, j’ai compris qu’il s’agissait d’un poste unique, il y avait qu’un poste de professionnel de recherche dans cette institution. De plus, aucune recherche scientifique n’y avait encore été menée. En fait, comme nous verrons plus loin, rares sont les recherches sociales sur la sécurité incendie ici, comme ailleurs. On me spécifia également que les pompiers n’étaient pas des intellectuels, la plupart ayant un diplôme de secondaire cinq comme études terminales. Bref, on y cherchait un professionnel de recherche polyvalent, habilité à travailler seul et préférant les casernes de pompiers aux bibliothèques. Pour moi, ce fut clair : on y cherchait un anthropologue.
J’occupe ce mandat depuis 2012 (2012-2013). Je suis débarquée dans une caserne comme on débarque chez les Trobriandais. Pourtant, plusieurs diront qu’il n’y avait là rien d’exotique. Les pompiers parlent ma langue et partagent ma culture ; après tout leurs casernes ne sont qu’au coin de la rue. Certes, mais je ne suis pas pompière et je n’avais jamais franchi les portes d’une caserne et encore moins porté le « bunker » - l’habit intégral de protection avec bottes, casques, pantalon, veste et A.P.R.I.A. (Appareil de protection respiratoire individuel autonome). Il m’a fallu apprendre le vocabulaire, les techniques du corps, les règles de sécurité, et même à respirer dans un A.P.R.I.A.
La conférence que je vous présente aujourd’hui est le fruit d’un an de travaux principalement qualitatifs auprès de 7 services de sécurité incendie du Québec répartis dans 4 régions administratives. Vous trouverez facilement le rapport final via Bibliothèque et Archives nationales du Québec http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2243144. Mon objectif ne sera donc pas de vous transmettre les détails de la démarche ni les résultats de ces travaux. Je préfère vous exposer les contextes institutionnels et scientifiques dans lesquels ils ont été menés ainsi que les défis rencontrés lors de cette recherche anthropologique professionnelle. Nous nous attarderons donc plus particulièrement à : (1) la justification de la pertinence de l’anthropologie en institution, (2) les modalités d’accès au terrain, (3) la vulgarisation des résultats et, finalement, (4) le rôle parfois ambigu de l’anthropologue.
Ethnographie chez les pompiers québecois
De prime abord, il faut spécifier que le milieu de la sécurité incendie demeure peu étudié par les sciences sociales. Le Ministère de la sécurité du Québec compile peu de données statistiques sur ce milieu. Le rapport annuel sur la sécurité incendie, disponible au grand public sur le site internet ministériel, concerne essentiellement le nombre et les types d’incendie (domiciliaire, commercial, etc.), ainsi que les budgets consacrés aux services de sécurité incendie de la province. On retrouve également facilement sur ce site ministériel les principaux documents législatifs sur la réforme de la sécurité incendie qui a donné lieu à la Loi sur la sécurité incendie de 2000. Outre les documents officiels, aucune recherche scientifique ou rapport ministériel sur les retombées de cette réforme n’a été répertorié. En fait, il n’existe que de rares écrits scientifiques sur la sécurité incendie au Québec comme ailleurs. Seules deux études canadiennes récentes ont été trouvées soit, les travaux de Douesnard (2012) sur la santé psychologique des pompiers à temps plein et la recherche doctorale de Thompson (1997) sur l’organisation des services de sécurité incendie volontaires dans l’ouest canadien.
Devant cette rareté effective des données, mes objectifs de recherche furent : (1) Comprendre la profession des pompiers du Québec et (2) Promouvoir la pertinence de l’étude scientifique des services de sécurité incendie du Québec. Je me suis ainsi retrouvée à explorer le milieu de la sécurité incendie avec peu de données préalables. Une première pour moi tout autant que pour les pompiers à temps partiel du Québec. Sur ce dernier point, il faut savoir que près de 80% des pompiers du territoire québécois sont à temps partiel. Le principal mandat de l’École nationale des pompiers du Québec, mon employeur, est de former ces pompiers à temps partiel.
Comme pour les anthropologues classiques débarquant en terres exotiques, il fallait réussir la première rencontre et tisser graduellement les liens nécessaires à la réalisation de la recherche. L’anthropologie institutionnelle se distingue cependant des terrains classiques. En plus des exigences ethnographiques, l’anthropologue doit simultanément répondre aux attentes institutionnelles et aux échéanciers administratifs. Ici, je me dois de mentionner que ces attentes et échéanciers ne furent pas une difficulté pour la présente recherche. Au contraire, comme il s’agissait d’une première pour mon institution, une grande liberté m’a été octroyée. Outre un échéancier de recherche et quelques précisions concernant mon horaire de travail et mes couvertures d’assurances, très peu de suivis administratifs ont été exigés.
Mes travaux ont donc été menés en deux phases dictées bien plus par des exigences scientifiques qu’administratives. Lors de la première phase, une analyse de la littérature de 26 documents gouvernementaux a été menée selon une analyse de contenu mixte, quantitative et qualitative. Lors de la deuxième phase, une collecte de données a été réalisée auprès des pompiers québécois. Ainsi, 103 heures d’observation directe et 15 entrevues auprès de pompiers de 7 services de sécurité incendie répartis dans 4 régions du Québec ont été réalisées.
Lors de l’analyse, tout autant que lors de la présentation des résultats, une approche mixte, combinant qualitatif et quantitatif, a été privilégiée. Comme l’ont souligné notamment Mme. Bordeleau, Mme. Richardson, M. Bédard et M. Côté, la mixité des données favorise l’intérêt envers la recherche en présentant des données statistiques, plus communes et, pour plusieurs, plus facilement appréciables. Par contre, comme il a été soulevé au cours de ce colloque, les statistiques issues des travaux anthropologiques proviennent d’échantillons souvent trop limités pour atteindre une représentativité acceptable. Mais sans ces statistiques, les rapports de recherche apparaîtront, pour plusieurs, incomplets, voire inutilisables.
Comme certains d’entre vous, j’ai inclus des tableaux de fréquences dans mon rapport de recherche en connaissant leur limite statistique tout autant que leur valeur symbolique. À titre d’exemple, un tableau de fréquences a été réalisé sur les motivations professionnelles des 15 pompiers rencontrés en entrevues. De ce nombre, 73,3 % ont affirmé que les appels d’urgence étaient leur principale motivation, 66,7 % ont identifié l’aide aux citoyens, tandis que 60,0 % ont préféré l’appartenance au groupe. D’autres tableaux similaires ont été joints au rapport de recherche tout autant qu’à la présente présentation.
Ces tableaux, bien que non statistiquement représentatifs, ont servi d’introduction aux données qualitatives. Le tableau sur les motivations professionnelles a mené à la présentation d’extraits d’entrevues explicitant ce que les pompiers entendaient par chacune de ces motivations. Les extraits ont permis notamment de montrer la complexité émotive de l’aide aux citoyens dans les petites communautés : « Tu es dans municipalité chez vous donc, tu connais à peu près toutes les résidences. […] C’est plus fréquent dans les petits services ça. D’arriver sur un accident pis : « C’est mon oncle, comment je fais pour le sortir ? » (St-Denis (2012) : 55). Ces extraits d’entrevues ont aussi permis d’expliciter d’autres spécificités des contextes d’interventions des pompiers à temps partiel tels que le double emploi, ainsi que la variabilité des ressources humaines et des temps de réponse sur un même territoire.
L’usage de tableaux de fréquences a aussi permis de présenter visuellement la diversité des interventions menées par les services de sécurité incendie. Cette présentation visuelle a servi de tremplin pour expliciter que, selon les pompiers, les citoyens ont une mécompréhension de la diversité des interventions et des manœuvres en sécurité incendie.
Je ne peux m’empêcher ici de faire un lien entre cette mécompréhension des interventions et des manœuvres dont m’ont fait part les pompiers et la distanciation entre « Nous » et les « Autres ». Cette distanciation a été judicieusement notée aujourd’hui à plusieurs reprises. Mme Céré, lors de la présentation de ses travaux sur la sécurité à Blanc-Sablon, nous a fait part de cette distanciation entre les fonctionnaires des centres urbains et les habitants de ce village éloigné. Mme. Grégoire-Labrecque, lors de sa présentation sur les formations interculturelles en milieu scolaire, nous a fait part de cette distanciation envers les enfants issus de l’immigration. Cette relation a aussi été au cœur de la présentation de Mme. Détolle, pour qui la distanciation entre les « bobos » et les « ruraux » influence l’élaboration de sa problématique et de son terrain. Cette distanciation entre « Nous » et les « Autres » n’est pas unique à l’anthropologie locale, elle est chère à toute la discipline anthropologique. Elle est au cœur des travaux locaux tout autant que des travaux classiques. Elle marque les frontières des identités culturelles et sociales, objets centraux de notre discipline.
Les défis d'une recherche professionnelle
Attardons-nous maintenant plus spécifiquement aux défis propres à la recherche anthropologique professionnelle. Commençons par les attentes institutionnelles. Comme je l’ai mentionné précédemment, le contexte de réalisation de ma recherche a été des plus favorables. Par contre, je ne peux passer sous silence les efforts de vulgarisation – pour ne pas dire de traduction – nécessaires à l’obtention de ce contexte favorable. L’anthropologue travaillant en institution doit s’attendre à utiliser un vocabulaire distinct du vocabulaire académique et ce, dans des contextes rarement explicités lors du cheminement académique.
Aucun cours de méthodologie universitaire n’offre d’exemple de discussions administratives nécessaires à la transformation d’une semaine de travail conventionnée de 32,5 heures en temps de travail pompier de 86 heures, ce qui est appelé dans le milieu un « grand stretch », soit un horaire sur 6 jours consécutifs de garde en caserne incluant un 24 heures le dimanche. Pour les pompiers, ce « grand stretch » sépare les simples curieux des vrais passionnés du métier - une initiation en quelque sorte. Je ne pouvais donc pas refuser la possibilité d’observation durant un « grand stretch » qui m’était offerte par un service de sécurité incendie. Mais je ne pouvais pas non plus refuser la discussion administrative préalable à cette exceptionnelle autorisation d’ajustement de mon temps de travail. La rareté des données scientifiques, m’a grandement servi ici. Elle aurait sûrement suffit à convaincre un anthropologue académique; il m’a fallut user d’arguments distincts en institution. La rareté des données légitimait la présence sur le terrain, présence concentrée ici en quelques jours. Ceci optimisait l’atteinte de l’échéancier de la recherche en le devançant et permettant d’obtenir le rapport final avant la fin de l’année financière. Ce dernier argument fut le plus convainquant.
Aucun séminaire universitaire n’est offert, non plus, sur la perception et la compréhension de notre discipline par les non-anthropologues. Un problème qui s’avère bien réel lorsque nos collègues de travail s’y connaissent peu en sciences sociales et nos participants de recherche encore moins. Cette difficulté peut se présenter tout autant dans les équipes interdisciplinaires, comme nous en ont fait part Mme. Bordeleau, M. Bédard et M. Côté, et générer nombre de discussions sur les objectifs, les méthodes, et la pertinence de l’anthropologie.
Personnellement, j’ai préféré concentrer mes efforts sur mes démarches de terrain plutôt que sur la défense de la discipline. Le milieu de la sécurité incendie étant peu habitué aux recherches scientifiques, je ne souhaitais pas y mener, du moins immédiatement, des discussions sur la distinction des disciplines et de leurs méthodes. J’ai donc préféré user de terminologies plus accessibles. Ainsi dès le titre de mon projet, l’anthropologie a fait place à l’expression : « portrait sociologique ». Ce choix qui aurait certainement été grandement discuté et questionné dans le milieu académique a eu l’immense avantage d’être facilement compréhensible par le milieu de la sécurité incendie. Je faisais un portrait, une photo, de la profession des pompiers. Je n’étais pas une psychologue; je m’intéressais plutôt au social, au recrutement, à la formation, aux manœuvres, etc. Ce titre de projet me conféra un rôle : celui de chercheure social qui étudie la profession. Un rôle qu’on m’a reconnu facilement et qui me convenait parfaitement.
Je vous rappelle également rapidement l’appréciation des données statistiques abordée en début de conférence, appréciation qui mène l’anthropologue à des prises de positions tout aussi primordiales pour l’appréciation de ses recherches. Sur ce point, il me faut vous mentionner que les premières étapes de ce portrait sociologique seront prochainement complétées par une troisième phase quantitative. Cette demande institutionnelle est à lier à l’appréciation des données statistiques abordée plus tôt. D’un point de vue scientifique, cette demande a également l’avantage de maximiser la représentativité des résultats et des tableaux de fréquences. Demeure, par contre, la délicate question de la transformation de la relation de recherche qui ne se pense plus en observation participante mais bien en relation plus formalisée chercheur/répondants.
Outre ces défis particuliers, la recherche anthropologique menée en institution confronte aussi l’anthropologue à un défi bien connu dans notre discipline, celui de la relation de confiance. La proximité culturelle n’est pas garante de cette relation de confiance. Sur ce point, l’anthropologie locale est similaire à l’anthropologie classique : la relation de confiance doit se gagner graduellement. Pour ma part, certaines pratiques existantes du milieu de la sécurité incendie m’ont été fort utiles. Les pompiers québécois sont notamment habitués à faire des portes ouvertes de casernes lors de la semaine nationale de la prévention des incendies. Plusieurs d’entre eux sont donc habilités à présenter l’équipement, la caserne et les principales manœuvres au public. J’ai maintes fois initié des discussions en posant des questions qu’un simple citoyen aurait pu poser lors de ces portes ouvertes, façon efficace d’obtenir de l’information ethnographique tout en mettant les pompiers à l’aise.
De plus, de nombreux services de sécurité incendie à temps partiel ont peine à recruter de nouveau pompiers. Certes, le pompier urbain, à temps plein, est bien connu du grand public. Mais qui connaît les fonctions des pompiers des petites communautés ? Qui connaît la réalité quotidienne de cet engagement à temps partiel ? Rapidement, les pompiers à temps partiel ont vu en ma recherche un moyen de faire connaître leur engagement envers leur communauté et de le communiquer au public. Ce manque de visibilité reflétait la rareté des données. Le manque de reconnaissance des pompiers à temps partiel est rapidement devenu un leitmotiv partagé tant par les pompiers qui ont contribués à ma recherche que par les gestionnaires des services de sécurité incendie. Ce leitmotiv a également motivé des conférences et des projets de publication scientifiques de ma part.
La diversité des publics de cette recherche, pompiers, gestionnaires et scientifiques, réaffirme la nécessité d’adapter les discours anthropologique – pour ne pas dire les traduire – en fonction des attentes de chacun de ces publics. Cela est d’autant plus nécessaire dans un milieu, tel que celui de la sécurité incendie, où initier une recherche anthropologique signifie également initier une culture de recherche. Dans ce contexte, les efforts d’adaptation de l’anthropologue se combinent à ceux des collègues et des participants de recherche. Tous se chercheront une place, un rôle. Pour ma part, ces rôles ne furent pas celui d’anthropologue mais plutôt ceux : (1) d’agente de recherche à l’École nationale des pompiers du Québec, (2) de la « fille de l’École », lorsqu’on me croisait sur les interventions ou lors des formations, ou (3) de la « visite de la ville », lorsque je visitais des services régionaux. Et à chaque fois, on m’accueillait différemment en fonction du rôle attribué : on m’a offert un vidéo souvenir comme si j’étais en vacances, on m’a présenté à des collègues lors d’intervention comme si j’étais une vieille amie et on m’a fait visiter les casernes comme si j’étais une citoyenne de passage.
Conclusion
Que ce soit dans les milieux de la santé, des instances politiques, dans les milieux ruraux ou de la sécurité, vous avez tous soulignés à votre manière cette diversité des rôles attribués à l’anthropologue local. Du conseiller en relations communautaires à l’expert en méthodes qualitatives, en passant par l’agent de recherche polyvalent, ces rôles demeurent rarement abordés et ce, tant au niveau académique qu’entre anthropologues professionnels. Le présent colloque fut, pour plusieurs d’entre nous, une première occasion de partage qui, je l’espère, parviendra à mieux faire connaître les réalités et la pertinence de l’anthropologie locale. Une anthropologie locale qui se pense dans la combinaison des objectifs scientifiques et des objectifs pratiques, dans la mixité des méthodes de recherche, dans l’interdisciplinarité et surtout dans l’ambigüité du rôle de l’anthropologue, ce visiteur différent.
Ouvrages cités
GOUVERNEMENT DU QUÉBEC (2000) Loi sur la sécurité incendie. L.R.Q., chapitre S-3.4.
DOUESNARD Jacinthe (2012) La santé psychologique des pompiers. Presses de l’Université du Québec, 130 pages.
ST-DENIS Karine (2012) Portrait sociologique de la profession des pompiers du Québec, École nationale des pompiers du Québec, 120 pages.
Disponible via internet : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2243144
THOMPSON Mary Catherine (1997) Volunteer Firefighters : Our Silent Heroes, Doctoral Dissertation, Doctor of Philosophy, Department of Sociology, Calgary, University of Calgary, 322 pages.
Consulter la présentation PowerPoint de l'intervention
Université de Laval, Ville de Québec, 10 mai 2013, http://www.anthropoweb.com/Une-anthropologue-chez-les-pompiers-Contexte-et-defis-d-une-recherche-ethnographique-professionnelle_a643.html, ISSN : 2114-821X, Le Portail des sciences humaines, www.anthropoweb.com.

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