La Corse ancestrale n’est pas issue de son littoral, nous n’avons jamais été, si l’on excepte les Capcorsins, un peuple de marins. Nos racines les plus profondes sont enfouies dans la terre des régions de l’intérieur. De la montagne ou de son piémont, le peuple de Corse a hérité d’un terroir rude qui forgera son caractère à l’image de son relief et de ses paysages. Il lui dictera aussi sa vie et sa société, ses peurs et ses colères, ses joies et ses traditions. C’est ainsi que nous trouvons les premières traces de l’homme dans le centre de l’île dès le néolithique, et la persistance de cette occupation se fera tout au long des siècles jusqu'à nos jours. Je vais vous faire découvrir un de ces espaces de l’intérieur de la Corse profonde, un territoire pétri par l’histoire que nous résumerons aux travers de la diversité de son patrimoine culturel.
La Ghjuvellina est comprise dans un espace délimité par deux fleuves, soient le Golu et l’Ascu, son confluent. Vers l’ouest, elle est concernée par les premiers reliefs du Cintu, plus haut massif de l’île culminant à 2710 mètres.
D’une superficie totale de 5603 hectares, son paysage végétal est principalement composé de collines couvertes de taillis, de forêts de chênes verts. L’altitude varie de 150 à 600 mètres pour le bassin de Ponte Leccia qui est son débouché premier dans la vallée moyenne du Golu et qui forme sa limite au Nord, mais ce territoire est principalement situé sur une zone de moyenne et de haute montagne, elle est dominée par des sommets imposants et majestueux culminants entre 1800 et 2000 mètres. L’occupation humaine s’est fait à une altitude variant entre 200 à 800 mètres et c’est dans cette zone que la démographie y est la plus forte, cela nous est expliqué par P. SIMI « L’économie Méditerranéenne s’épanouit pleinement entre 200 et 600 mètres environ, offrant comme dans tous les pays méditerranéens une forte concentration d’hommes et de cultures sur quelques points favorisés ».
On accède en Ghjuvellina, depuis Corti en prenant la Direction de Castirla par la D18, jusqu’au pont de Castirla puis on continu d’emprunter cette départementale en direction de Castiglione via Croce D’Arbitru. On y accède également depuis Francardu soit en direction du Niolu par la D184 pour rejoindre la D 18 venant de Corti au pont de Castirla, soit en empruntant la route départementale 118 depuis la gare de Francardu en direction de Pratu. On peut aussi se rendre en Ghjuvellina depuis Ponte Leccia en utilisant la route départementale 18 au lieu dit Taverna en direction de Piedigriggiu.
La région se situe en rive gauche du Golu, sur zone de contact entre plusieurs régions du centre de la Corse. Elle se trouve entourée du Niolu (Calacuccia), du Talcinu (Corti), du Rustinu (Castellu), du Caccianincu (Castifau). Elle est constituée en majeure partie d’un espace de moyenne montagne mais possède aussi de hauts sommets escarpés (Aiguilles de u Pulasca).
Dans sa partie Nord, elle est délimitée par le cours de l’Ascu, sur sa limite Est et sud, c’est le Golu qui en délimite les pourtours avec sa vallée. La chaîne des aiguilles de u Pulasca ferme sa partie ouest. Elle est très bien arrosée par une multitude de petits ruisseaux, trois affluents du Golu se détachent des ruisseaux sans en être pour autant des cours d’eaux importants, ce sont le Bornalincu, l’Ancinu et le Canavaghjolu. La région se situe parallèlement au grand axe Nord/sud, qui s’intègre dans la dépression centrale de la Corse, ayant servit et servant encore de nos jours de voie principale pour la circulation reliant les deux grands pôles urbains de l’île. De part sa position centrale et débouchant sur la plaine de Ponte Leccia au Nord donnant l’accès aux régions de Balagne, de Bastia, de Casinca et de Castagniccia. Francardu ou les strette d’Omessa, donne le libre accès aux régions du Boziu et du Cortenais. Elle peut agir en verrou sur les principaux axes de pénétration dans le centre de l’île. Elle est directement liée à l’ouverture des passages entre les autres régions du centre de l’île. Outre le rétrécissement de Caporalinu avec le piton de Supetra duquel Sampieru Corsu essaiera d’arrêter les troupes génoise du gouverneur Doria au XVIe siècle, le pont de Castirla est un autre point de passage important dans l’accès à la région cortenaise pour les gens du Niolu. Ces derniers avaient accès directement à la région de Castiglione en partant de Corscia et parcourraient le chemin qui longeait le cours de l’Ancinu. Elle est un passage obligé pour se rendre dans de nombreuses directions ; Bocca Tiagna ouvrait le passage à la région de Caccia par un chemin carrossable il y a encore peu de temps. Par les chemins de crête, il est possible de rejoindre la région d’Ascu, puis le village abandonné de Sepula et plonger sur la région du Ghjussani.
La pieve(1) de Ghjuvellina se situe sur le flanc des aiguilles de U Pulasca, elle est constituée de quatre villages "U Pulasca" qui a donné son nom aux cimes acérées de sa montagne, de "Pratu di Ghjuvellina", de "Castiglione" et de "Piedigrigiu". L’ « urbanisme » ne s’est fait qu’au travers de ces villages, ils ont été érigés à mi-pentes entre la haute montagne et la plaine fluviale du Golu. Pour la plupart, l’architecture des maisons date du XVIIe et du XVIIIe siècle, voire du Moyen-âge pour certaines habitations. Mais l’implantation humaine en ces lieux a du se faire beaucoup plutôt en grande partie pendant le Moyen-Age mais aussi sous Rome et pour certains espaces depuis le Néolithique.
L’homme s’ingénie à transformer, à aménager son lieu d'établissement selon ses besoins, à l’adapter à son mode de vie. Depuis le Néolithique, le paysan qu’il est devenu est sortit des grottes qui furent son premier lieu d’habitation. Il établit désormais son habitat dans des huttes tant qu’il reste nomade, puis se sédentarise et construit des abris de pierres sèches. Il construira des parcs à bestiaux, délimitera les enclos pour cultiver la terre à l’abri des nuisances occasionnées par les bêtes sauvages. En se sédentarisant, il fixe aussi ses lieux de culte et ses lieux d’inhumation.
Le patrimoine préhistorique de notre région est quasi inexistant mais pas par manque de site mais surtout par manque de recherche et donc de découverte. « A la limite du territoire de la commune de Piedigriggiu, passé le Golu, au lieu-dit Aquilontra ou Culontra, un site important par son extension et par l’appareil de ses constructions en blocs cyclopéens a été repéré. Les alentours aussi offrent d’autres sites prometteurs. »(2)
Les premières personnes qui se sont intéressées à l’occupation humaine et au patrimoine de notre espace sont Antoine Amadei2 et Jean Marie Colombani qui a rédigé un mémoire de maîtrise à l’Université de Corse(3). Dans sont article, A. Amadei, nous fait savoir que « On a bien au début de ce siècle mis à jour dans une grotte des ossements humains dont les dimensions ont surpris », quant a J.M. Colombani il nous confirme quelques découvertes Néolithiques et de l’Age du Bronze non loin de Piedigriggiu aux lieux dit "Paratella ; site néolithique au-dessus du ruisseau du même nom, matériel lithique retrouvé, Rastella ; site néolithique qui se trouve au-dessus du ruisseau de Canavaghjolu, matériel lithique et céramique retrouvé, Castellucciu qui lui serait de l’âge du bronze qui se trouve en position sommitale dominant Piedigrigiu et le pic voisin de Castiglione
Les contrées alentours de notre pieve possèdent toutes des vestiges Préhistoriques, nous avons dans le Rustinu sur la commune de Cambia, la stantara(4) près de la chapelle Sta Maria ainsi que la Petra Frisgiata, le Niolu compte lui aussi de nombreux sites allant du Néolithique à l’âge du Fer. Le Ghjussani, lui aussi possède quelques sites préhistoriques dont un site caractérisé par une enceinte cyclopéenne. Le site d’Aquilontra, qui se trouve sur la rive droite du Golu non loin du lieu dit Taverna (commune de Piedigriggiu), est constitué lui aussi d’une enceinte cyclopéenne. L’ensemble de ces vestiges qui se trouve tous en périphérie de notre région implique une occupation certaine de l’homme dès la période préhistorique, les sites découverts récemment devront nous confirmer cette théorie. J’ai, à l’occasion de la prospection inventaire de la commune de Castiglione, pu découvrir des sites qui doivent appartenir à cette période. Ce sont, pour la majeure partie, des tombes ou des abris sous roche dont les plus récents appartiennent à l’âge du Fer mais seule la fouille archéologique pourra nous confirmer la chronologie d’occupation.
La période antique est mieux représentée, s’il est plus que probable que des civilisations prélatines soient arrivées dans notre région, pour l’heure aucune preuve archéologique ne porte témoignage d’une implantation pérenne de ces dernières. Ce qui n’est pas le cas pour la civilisation romaine. Il a été découvert dans les environs de Piedigriggiu et de Pratu di Ghjuvellina des artefacts confirmant une occupation des lieux(5) sous la République et pendant l’Empire. Notamment au lieu dit " a Tribuna" dont le sol a révélé un grand nombre de céramiques d’époque romaine ainsi que quelques pièces de monnaies de cette même période.
Le Moyen-Age est la période la plus prospère dans le développement du patrimoine de la Ghjuvellina. L’emblème de la pieve, s’il devait y en avoir un, serait sans nul doute le castellu di Serravale. La date d’érection du château varie selon les sources pour G. Moracchini-Mazel il daterait du XIème siècle, quant D. Istria nous donne une date plus haute, soit le XIIème siècle voir même le XIIIème, il a été la possession des seigneurs de la Ghjuvellina dont "la ligné remonterait à Scipion Nasica(6) qui aurait été un des membres de la 10ème expédition romaine en 162 av. J.-C. C’est de cette famille que serait issu Amondo Nasica, un gentilhomme romain, "compagnon proche d’Ugo Colonna, qui débarqua en Corse avec le futur comte de Corse en 816 sur les rivages d’Aleria". Il restera à vérifier la véracité de ces faits car l’existence du Comte Ugo est mise en doute par de nombreux chercheurs.
La seigneurie de Ghjuvellina lui fût octroyée par le comte Ugo en récompense de ses bons et loyaux services, et de ce dernier naîtra la ligné des Amondaschi(7).
Vient ensuite, dans les édifices remarquables de la pieve, la tour de Monte Albanu qui veille sur les voies de communication donnant accès à notre espace depuis Francardu et la plaine du Golu. Ce sont les chemins du Talcinu (Corti), du Boziu et du sud de la Castagniccia. D’après Geneviève Moracchini-Mazel cette tour a été érigée dans la même période que le castellu de Serravale (XVème ou XVIème pour Daniel Istria). Il semblerait qu’elle ait été intégrée dans un ensemble défensif lié au château médiéval, ce dernier d’ailleurs est dans l’exact prolongement de l’axe nord/sud de la tour et en vue directe de celle-ci.
De cette période il ne reste guère que quelques ruines encore debout mais le village de U Pulasca possède encore une maison dont les échauguettes ne laissent aucun doute de sa construction d’époque médiévale ainsi que sur les perspectives d’utilisations de cette dernière.
Le patrimoine religieux occupe une part importante dans la diversité culturel de notre région. Il est constitué surtout par les églises paroissiales que l’on trouve dans chaque village ainsi que par une implantation de quelques chapelles disséminées sur les territoires communaux respectifs.
De nombreux saints sont honorés ou représentés au travers des titulatures des églises et des chapelles comme San Cervone, San Gervasio et San Protasio, San Stefano, San Nicolao, San Salvadore, San Giovani, San Prancazio, Santa Maria, Sant’Angelo, San Michele, SS. Cosmo et Damiano.
Il serait malaisé de parler d’une région sans s’intéresser aux villages qui la composent ou à la communauté rurale comme préfère l’appelée G. Ravis-Giordani « La communauté rurale- C’est à dessein que je dis ici communauté rurale et non pas villageoise parce que je préfère réserver le mot de village à ces agglomérations minimales qui ont une identité mais ne constituent pas des communautés stricto sensu, dans la plupart des cas. En revanche la pieve, la paroisse, la commune (ces deux dernières entités bien souvent se sont aujourd’hui superposées) constituent des communautés au sens où les défini I. Chiva :
"Un ensemble de foyers, détenant un territoire et liés entre eux de telle sorte que l’ensemble est compétent pour intervenir selon des normes précises dans l’activité économique et les droits juridiques de chacun des foyers. C’est le groupe qui règle l’ensemble de la vie collective. Cette unité spécifique satisfait à toutes les fonctions de la vie sociale. Seule ou reliée à des ensembles plus complexes, la communauté villageoise assure la subsistance matérielle et morale de l’individu. Elle remplit nombre de fonctions assurées ailleurs par un pouvoir supérieur" (Chiva, 1958) »(8)
Quant à Jean Jehasse, il nous apprend que « Les villages se sont perpétués quasiment depuis le Néolithique sur les mêmes éperons barrés, interdisant et ruinant par-là toute étude de vestige en place ». Ces quatre villages ne se distinguent pas vraiment des autres villages typiquement Corses. Ils sont constitués d’habitations mitoyennes séparées par des ruelles étroites, la physionomie générale laisse apparaître un ensemble homogène regroupé sur lui-même. Les quelques habitations excentrées sont de construction plus récente ou tout à fait moderne. Une petite exception pour le village de Pratu qui lui possède un hameau " Pratu Supranu"
Il n’est pas difficile de vouloir considérer les Aiguilles de U Pulasca comme faisant parties de ce patrimoine. Elles sont la spécificité intrinsèque de la pieve. La majesté de ce massif montagneux en impose, a tel point que selon G. Moracchini-Mazel l’oronyme de Ghjuvellina nous viendrait de "Giove" qui n’est autre que le "Jupiter" des romains. Ces derniers auraient voulu consacrer cette éminence rocheuse au roi des dieux.
Parmi les particularités géologiques il faut citer la Grotte de "Sapara" qui est une cavité très profonde, creusée dans le calcaire qui fait la joie des spéléologues qui la pratique régulièrement. Elle est significative d’une géologie assez particulière car dans une région à dominance granitique la pieve est constituée pour une partie d’un calcaire assez friable, ce qui occasionnera le creusement naturel d’un grand nombre de grottes. Nous sommes dans une région datant de l’ère primaire qui a subit une poussée tellurique au quaternaire, ce qui explique ces sommets très agressifs pour un massif ancien. Cela explique aussi une curiosité que l’on trouve au lieu dit Taverna, dans une ancienne carrière, il arrive que sous les coups de pioche apparaissent des fossiles de coquillage prouvant bien que cette partie de la dépression centrale(9) de la Corse ait servi de fond marin.
Notre réflexe est d’essayer de promouvoir pour le touriste de passage mais il faut aussi que l’on s’adresse à nos compatriotes qui pour une grande majorité ne connaissent pas leur pays. Nous sommes lovés bien au chaud sur le territoire de notre commune et nous nous déplaçons que très rarement dans le reste de la Corse. Pourtant que de choses magnifiques à découvrir à deux pas de chez soi. J’ai essayé de vous faire entrevoir une région de la Corse qui ne demande qu’à être découverte. Elle offre de multiples facettes qu’elles soient, comme nous l’avons vue, patrimoniales et culturelles mais elle satisfera aussi le sportif quel que soit son niveau dans la pratique des sports nature. Elle ne laissera pas indifférent les amateurs de découvertes de la faune et de la flore. Pour peu que vous aimiez le contact humain, il vous arrivera en discutant avec les personnes que vous pourrez rencontrer, d’apprendre un certain art de vivre qui ne se retrouve plus qu’en dehors de la cohue des stations balnéaires et des centres urbains aseptisés. Alors peut être, commencerez vous à comprendre un peu mieux, au travers de ce que vous avez vu et ressentit, ce qu’est l’âme d’une île possédant une histoire multiséculaire avec ses traditions et ses coutumes.
Notes
1. La pieve est l’ancienne circonscription ecclésiastique qui sera reprise par les Français après l’annexion de la Corse. Elle correspond approximativement à notre canton moderne dans son rôle administratif.
2. Amadei. A (1979), « Prospection archéologique en Ghjovellina », Archeologia Corsa n°4, pp 113-117.
3. Colombani. JM (1999), L’occupation de l’espace dans la Corse médiévale : la Giovellina Orientale.
4. Stantara est l’appellation en langue corse de la statue menhir
5. D. Terrachon (2007), Etudes historiques et archéologiques d’un territoire du centre de la Corse : A Ghjuvellina, Mémoire de Master de l’université de Corse, 229 p.
6. F. Girolami-Cortona (1971), Histoire générale de la Corse, p 28.
7. M. Giacomo-Marcellesi et A. Casanova (1998), Chronique médiévale Corse de Giovanni d’ella Grossa, p 14.
8. G. Ravis-Giordani (2001), Les bergers corse, les communautés villageoises du Niolu, ed Albiana, p118.
9. P. SIMI (1980), Précis de géographie physique, humaine, régionale de la Corse, Collection d’hier et de demain de la SSHNC, p 11.
Bibliographie
Amadei, A. (1979). Prospection archéologique en Ghjovellina, Archeologia Corsa
n°4,113-117.
Colombani, J.-M. (1999). L’occupation de l’espace dans la Corse médiévale ; la Giovellina Orientale, Mémoire de maîtrise d’histoire, Université de Corse, 202 p.
Giacomo-Marcellesi, M et Casanova, A. (1998). Chronique médiévale Corse de Giovanni della Grossa, Editions Lamarge, 482 p.
Girolami-Cortona, F. (1971), Histoire générale de la Corse, Librairie Marseillaise, 570 p.
Graziani, A.M. (1995). Description de la Corse d’après Giustiniani A, Sources de l’histoire de la Corse, textes et documents, Edition Piazzola, 352 p.
Istria, D. (2005), Pouvoir et fortification dans le nord de la Corse XIe-XIVesiècle, Edition Piazzola, 517 p.
Jehasse, O. (1986). Corsica Classica, Edition Lamarge, 186 p.
Ravis-Giordani, G. (2001). Les bergers corse, les communautés villageoises du Niolu, Edition Albiana, 502 p.
Oberti, S. (2003). L’espace insulaire corse durant l’antiquité : Le cortenais, un exemple de l’occupation du sol, Thèse de Doctorat de l’université de Corse, 382p.
Simi, P. (1980). Précis de géographie physique, humaine, régionale de la Corse, Collection d’hier et de demain de la SSHNC, 608 p.
Terrachon, D. (2007), Etudes historiques et archéologiques d’un territoire du centre de la Corse : A Ghjuvellina, Mémoire de Master de l’université de Corse, 229 p.

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